Planète

Glaciers néo-zélandais : Tasman, Fox et Fiordland

Dossier - La Nouvelle-Zélande, terre de sciences et d'aventures
DossierClassé sous :Géologie , géographie , Volcanologie

La Nouvelle-Zélande est l'un des plus beaux laboratoires naturels du monde. L'eau, la glace et le vent poursuivent leur travail d'érosion au milieu des volcans et des sommets enneigés. Au sein de ces paysages, retrouvez l'aventure scientifique, humaine et sportive d’hommes et de femmes passionnés.

  
DossiersLa Nouvelle-Zélande, terre de sciences et d'aventures
 

Les glaciers de la côte ouest descendent à des altitudes de l'ordre de 300 mètres. Le front de certains glaciers, comme le glacier Fox, situé sur la côte ouest de l'île du Sud, n'est ainsi qu'à une dizaine de kilomètres de la mer !

Vue sur le glacier Fox, sur la côte ouest de l’île du Sud, en Nouvelle-Zélande. © Bruno Cédat

Le climat passé piégé dans les glaces

Dans le sud du pays, certains endroits reçoivent jusqu'à dix mètres d'eau par an ! C'est la raison pour laquelle des glaciers sont très actifs dans les Alpes néo-zélandaises, ils sont très rapides. L'institut GNS Science s'intéresse depuis plusieurs années aux archives climatiques contenues dans les glaciers des Alpes néo-zélandaises. Les scientifiques explorent les montagnes à la recherche de glaciers propices au forage de carottes glacières. Ils peuvent observer des variations d'année en année, ce qui permet de remonter dans le temps et de voir comment le climat a évolué.

Survol du glacier Fox en hélicoptère. © Marlène Beyerle

Des glaciers en recul

Les glaciers néo-zélandais ont perdu beaucoup de glace depuis plus d'un siècle. Le glacier Tasman, situé dans le Mount Cook National Park, recule de manière dramatique depuis 1890, jusqu'à former un lac en 1974. Ce lac fait fondre le glacier plus vite que le climat. De gros icebergs se détachent une ou deux fois par an, puis se fracturent.

Le Fiordland

Lors des périodes glacières, la région du Fiordland était recouverte de gigantesques glaciers, dont l'inlassable travail d'érosion a creusé de profondes vallées jusque sous le niveau de la mer. Après la fonte des glaciers, les vallées ont été envahies par l'eau de mer, formant des fjords. La roche granitique, très solide, s'est peu érodée depuis, les parois rocheuses sont restées intactes, si bien que l'on peut observer aujourd'hui des sommets de plus de 1.000 mètres de haut qui plongent dans la mer. La faible érosion explique aussi que les fjords n'aient pas été remplis de débris rocheux et atteignent à certains endroits une profondeur supérieure à 400 mètres.

Exploration du Milford Sound en kayak de mer, dans le Fiordland, en Nouvelle-Zélande. © Loïc Petit

Les fortes pluies qui s'abattent sur les pics granitiques ne peuvent s'infiltrer dans la roche. L'eau s'écoule rapidement et prend une teinte brune au contact de la végétation (tanins). Elle se déverse dans les fjords et forme alors une couche d'eau douce permanente atteignant parfois 15 mètres au-dessus de l'eau de mer. La lumière du jour est ainsi très vite stoppée par cette couleur brune. À quelques dizaines de mètres de profondeur, on retrouve des conditions similaires à celles des grands fonds marins. La particularité géologique de ce lieu permet d'observer un écosystème habituellement présent autour de 200 mètres de profondeur. Les plongeurs peuvent observer la plus grande colonie au monde de corail noir.