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Les volcans actifs du nord, les fumeurs noirs et White Island

Dossier - La Nouvelle-Zélande, terre de sciences et d'aventures
DossierClassé sous :Géologie , géographie , Volcanologie

La Nouvelle-Zélande est l'un des plus beaux laboratoires naturels du monde. L'eau, la glace et le vent poursuivent leur travail d'érosion au milieu des volcans et des sommets enneigés. Au sein de ces paysages, retrouvez l'aventure scientifique, humaine et sportive d’hommes et de femmes passionnés.

  
DossiersLa Nouvelle-Zélande, terre de sciences et d'aventures
 

Au nord de la Nouvelle-Zélande, dans le contexte général de la subduction de la plaque pacifique sous la plaque australienne, l'arc volcanique principalement sous-marin des Kermadec s'est formé parallèlement à la fosse des Kermadec, profonde de 10.050 mètres. De nombreux volcans jalonnent cet arc.

Vue sur le volcan Ngauruhoe depuis le volcan Ruapehu. © Bruno Cédat

Les fumeurs noirs

Il y a un peu plus de dix ans, l'institut géologique national néo-zélandais (GNS Science) a lancé une série d'expéditions en collaboration avec des équipes de recherche internationales, dans le but d'explorer les volcans sous-marins, de les cartographier, de les localiser et de déterminer leur taille. Cornel de Ronde, membre de l'expédition, fut surpris de découvrir entre 30 à 40 volcans sous-marins dans les eaux territoriales néo-zélandaises.

Cratère fumant du volcan de White Island, au large de la Golden Bay. © Marlène Beyerle

Lorsque les volcans présents sur le plancher océanique sont toujours actifs, ils dégagent de la chaleur qui, associée à l'eau, est à l'origine de systèmes hydrothermiques impressionnants. En effet, l'eau de mer pénètre dans la croûte terrestre à travers des fissures. Elle devient alors bouillante au contact du magma et remonte à la surface, devenant très acide et ayant tendance à arracher des métaux des roches qu'elle traverse.

Cheminée de soufre sur White Island. © Marlène Beyerle

Quand elle finit par atteindre le plancher océanique, sa température est souvent autour de 300 °C. Au moment de sa rencontre avec de l'eau de mer à 3 ou 4 °C, il se produit une formidable réaction chimique. Les métaux qui étaient en solution à 300 °C précipitent et forment des cheminées de plusieurs mètres d'où jaillit de la fumée noire, d'où le nom de fumeur noir. Ces cheminées attirent beaucoup l'attention aujourd'hui, à cause du cuivre et de l'or qu'elles contiennent.

L'environnement de ces cheminées est très spécifique, avec des pressions et des températures extrêmes. Malgré cela, des micro-organismes et même des crevettes sont retrouvés à proximité.

White Island

Près de 85 % des volcans néo-zélandais sont sous-marins. Certains peuvent atteindre 40 kilomètres à leur base et plusieurs kilomètres de haut, atteignant parfois la surface de l'eau comme l'île de White Island. Plus de 90 % de ce volcan est sous-marin. Seul le sommet émerge. Lorsque l'on se rend sur White Island, en bateau ou en hélicoptère, on n'est qu'à 500 ou 600 mètres du cratère. Cette proximité favorise les études scientifiques menées par GNS Science.

Vue sur le fond du cratère de White Island. © Marlène Beyerle

White Island est actuellement l'un des volcans les plus actifs de la Nouvelle-Zélande. La lave est toujours présente à de faibles profondeurs. Pour les Maoris, White Island est une porte entre le monde spirituel et le monde physique. Elle fait partie du cercle de feu. Il la nomme le cercle des dieux, le cercle de la vie.

Ascension du volcan Ruapehu (2.800 mètres) en hiver. © Bruno Cédat

Des géants au sommeil fragile...

La chaîne de volcans se poursuit sur Terre. Au centre de la Nouvelle-Zélande se dresse le mont Ruapehu. Au sommet, son cratère rempli d'eau forme un lac d'environ 150 mètres de profondeur. Quand le Ruapehu entre en éruption, des roches brûlantes remontent jusqu'au fond de ce lac et vaporisent l'eau, si bien que les premières éruptions sont hydrothermales ; ce sont de grosses explosions d'eau et de roches.

Red Crater du mon Tongariro, au sein du Tongariro National Park. © Bruno Cédat

Une activité importante est nécessaire pour vider complètement le lac. Les principales éruptions du Ruapehu ont eu lieu en 1995 et 1996, et durèrent plusieurs mois. Actuellement, le volcan se tient plutôt tranquille... Mais jusqu'à quand ?

Emerald Lakes, Tongariro National Park. © Bruno Cédat

À quelques kilomètres du Ruapehu, les fumerolles du mont Ngauruhoe rappellent que cette zone reste extrêmement active. Les paysages lunaires de la région laissent parfois place à une explosion de couleurs dues aux oxydes métalliques en tout genre et aux lacs acides. Les hauts gradients géothermiques engendrent la formation de geysers et de sources thermales, où les scientifiques ont découvert des micro-organismes capables de résister à des conditions extrêmes...