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Mammifère des Landes : le vison d’Europe, espèce menacée

Dossier - Tourisme dans les Landes
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À la découverte du département des Landes (40), de sa faune et de son paysage de dunes et de pins, au travers de la vallée de la Leyre, des pays de l'Adour et du parc naturel régional des Landes de Gascogne.

  
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Le vison d'Europe fait partie des mustelidés : loutres, blaireaux, martres, fouines, zibelines, belettes, putois hermines, furets, visons... Les mustélidés sont des prédateurs à corps allongé et pattes courtes, un cou peu différencié, une tête légèrement aplatie, des oreilles arrondies peu saillantes.

Vison d'Europe. © Christian Maurer, Fotolia
Vison d'Europe (mustela lutreola). © Nicolaï Meyer licence Creative Commons paternité – partage à l’identique 3.0 (non transposée).

Le vison d'Europe est un des mammifères carnivores les plus menacés. 
Son aire actuelle s'étend sur 7 départements du Sud-Ouest de la France et résulte de la diminution d'une aire deux fois plus vaste, encore occupée il y a 20 ans.

Le vison d'Europe est une espèce semi-aquatique qui habite les zones humides et en bordures de cours d'eau. Pour étude, il faut savoir que toutes les captures de Visons d'Europe (animaux morts, capturés par erreur dans des pièges à ragondins), sont répertoriées et bien entendu, la chasse en est interdite ! La protection des zones humides est donc nécessaire. Le concurrent exotique (importé et élevé pour sa fourrure, échappé de captivité) du vison d'Europe est le vison d'Amérique. Son piégeage ne peut être effectué que par des personnes spécialement formés.

Description du vison d'Europe

  • Les mâles pèsent de 800 à 1.000 g. 
  • Les femelles de 400 à 600 g.
  • Le pelage est brun uniforme, avec un poil de bourre gris. 
  • Les extrémités sont souvent presque noires. 
  • Seuls le menton et la lèvre supérieure présentent une tache blanche.
  • On le distingue du putois car celui-ci présente une couleur du poil de bourre jaune.
  • Le critère de distinction d'avec le vison d'Amérique est la taille, ce dernier est nettement plus gros et n'a pas de tache blanche sur la lèvre supérieure.

Les causes de déclin du vison d'Europe

  • La destruction ou dégradation des zones humides dans la seconde moitié du XXe
  • Le piégeage : pour la fourrure. Il existe les risques de confusion mentionnés plus haut avec la chasse aux nuisibles : putois et vison d'Amérique. En France, la Charente a interdit l'utilisation de carottes empoisonnées et proposé de munir gratuitement les pièges d'une « trappe à vison d'Europe » permettant à ce vison de s'en échapper, ce que ne peut faire le vison d'Amérique, trop gros...
  • La mortalité routière.
  • Les campagnes d'empoisonnement des rongeurs. Le Vison mange des rongeurs... et des appâts traités aux anticoagulants d'où la nécessité du retrait définitif de la bromadiolone, conformément à la règlementation.
  • Fragmentation de l'habitat et des populations.

L'habitat

Il passe son temps sur la terre ferme mais évolue à proximité de l'eau vers les rivières moyennes fortement productives, le long desquelles il exploite les zones humides : berges de forêt-galerie et ripisylves, cours d'eau forestiers,  bois inondables, prairies humides y compris les ruisseaux dans les campagnes artificialisées. Les domaines vitaux peuvent s'étendre sur 2 à 13 km de cours d'eau. La grande diversité de proies augmente la probabilité de ressources suffisantes et le degré d'inondation du milieu est un critère dominant pour le choix de l'habitat.

Il utilise des gîtes au sol, à l'abri de végétation dense de carex, de molinie ou de ronces, entre les racines d'arbres, dans un terrier récupéré (il ne creuse pas lui-même), sous une souche, sous un tas de bois... toujours à proximité d'eau libre.

Carte de localisation du vison d'Europe. En vert, rose, jaune et bleu : les domaines biogéographiques. Les points bleus représentent les sites très importants pour l'espèce, les points verts indiquent les sites importants. © Natura 2000

La reproduction du vison d'Europe

Ils sont territoriaux et les sexes vivent séparés. Les femelles, relativement sédentaires, ont des territoires plus restreints que ceux des mâles. L'accouplement se déroule en hiver. La durée de la gestation varie de 1 à 2 mois, par ovo-implantation différée ce qui permet les naissances de mars à juin avec une portée par an, de 2 à 7 petits. Les jeunes, allaités pendant 1 à 2 mois, se séparent de la mère à la fin de l'été et seront mâtures vers 1 an.

Le régime alimentaire

Prédateur généraliste et opportuniste, il chasse à l'affût. Le régime alimentaire est constitué principalement :

La répartition

L'aire maximale englobait la quasi-totalité de la plaine germano-baltique jusqu'à l'Oural, le pourtour de la mer Noire et le bassin du Danube. Cette distribution s'est réduite en de nombreux îlots, très distants les uns des autres et en régression rapide. On distingue deux populations :

  • le noyau oriental, de la Baltique à la mer Noire ;
  • le noyau occidental, sud-ouest de la France et le nord-ouest de l'Espagne.

Au début du XXe le vison d'Europe se rencontrait dans 38 départements. L'espèce disparaît des Pays de la Loire et du Centre dans les années 1970, puis de Bretagne, de Vendée et des Deux-Sèvres dans les années 1980. L'aire actuelle de répartition est limitée à la Charente, la Charente-Maritime, la Dordogne, la Gironde, le Lot-et-Garonne, les Landes et les Pyrénées-Atlantiques.
 

Protection du vison d'Europe, espèce menacée

Le vison d'Europe est l'un des mammifères les plus en danger en Europe et à ce titre jouit théoriquement d'un statut de protection totale. Au niveau européen, plusieurs plans de sauvegarde ont été mis en place, notamment en Estonie (suivi par Tiit Maran), en France (suivi par Thierry Lodé) en Allemagne (suivi par R. Schroepfer).

En France, le plus grand projet autoroutier (de 2008) est celui de l'A65 Pau-Langon qui sur 150 km, des Pyrénées-Atlantiques à la Gironde, traverse une des dernières zones de survie du vison d'Europe. Il a été bloqué le 20 mars 2008 par un avis défavorable du comité permanent du Conseil national de protection de la nature qui a jugé insuffisantes les mesures compensatoires proposées par l'aménageur.

Le vison d'Amérique

Le vison d'Amérique (Mustela vison) possède la même allure, il est toutefois plus gros (1,5 à 2 kg pour les mâles). Il se distingue principalement par l'absence de marque claire sur la lèvre supérieure. On l'a introduit en Europe et élevé pour sa fourrure. Des individus échappés ont ensuite colonisé les milieux naturels, en Angleterre, Belgique, Pays-Bas, Suède, Finlande, en France et en Espagne, il est particulièrement répandu en Bretagne.

Vison américain. © US NPS domaine public

Ces deux espèces entrent donc en compétition. Un programme expérimental de contrôle du vison d'Amérique est en cours dans le sud des Landes avec capture, dépistage sérologique puis stérilisation.

Le vison d'Amérique tend à s'étendre et va sans doute « gagner » sur le vison d'Europe. Il occupe la même niche déjà très menacée et est plus gros. Dès qu'il est présent, il y a un risque important de confusion. Une hypothèse en vigueur actuellement est que le vison d'Amérique aurait introduit un agent infectieux qui décimerait les populations de vison d'Europe déjà fragilisées.

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