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Faune et flore : les victimes et les rescapés de la crise

Dossier - Enquête sur la disparition des dinosaures
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Les dinosaures sont presque un symbole du phénomène de l'extinction des espèces, au point que l'on en oublie parfois que leur disparition, il y a 65 millions d'années, mit un terme à une très longue histoire de succès évolutif.

  
DossiersEnquête sur la disparition des dinosaures
 

Face à une biodiversité marine appauvrie avec des prédateurs marins nombreux et des espèces terrestres en plein développement, comment les espèces ont-elles vécu la crise K-T ? Quelles sont les victimes et quels sont les rescapés ?

Les tortues sont un groupe qui n'a pas souffert de la crise. © DR

La disparition des espèces

Parmi les groupes qui ont disparu à tout jamais de la surface de la Terre, on trouve des reptiles (dinosaures, ptérosaures, mosasaures, plésiosaures), mais aussi et surtout des invertébrés (les célèbres ammonites, bélemnites, rudistes).

Certains groupes persistent au Tertiaire, mais voient certaines de leurs familles disparaître : mammifères, squales, poissons osseux, oiseaux primitifs, ainsi que la quasi-totalité des différentes familles planctoniques dans la mer (de très petits animaux unicellulaires à coquilles calcaire).

Évolution des Amniotes depuis 360 millions d'années. © Éditions Belin

Certains de ces groupes zoologiques montrent clairement une tendance à la réduction de la diversité, réduction manifestée à long terme dans les derniers millions d'années du Crétacé ; mais d'autres semblent s'évanouir au faîte de leur diversité, juste à la frontière K-T. D'autres encore dont on a supposé qu'ils s'étaient éteints à ce moment, comme les ichtyosaures, avaient, en fait, disparu depuis longtemps.

Les rescapés de la crise

Les survivants comprenaient la plupart des plantes et des animaux terrestres (insectes, escargots, grenouilles, salamandres, tortues, lézards, serpents, crocodiles, oiseaux, mammifères placentaires) et la plupart des invertébrés (étoiles de mer, oursins, mollusques, arthropodes), ainsi que la plupart des poissons.

Évolution des végétaux depuis 245 millions d'années. © Éditions Belin

Le monde végétal est moins touché que le monde animal : le nombre de disparitions y est nettement moindre. Pourtant, la multiplication du nombre de spores de fougères dans les sédiments lacustres de divers sites nord-américains juste au passage du Crétacé au Tertiaire, et la chute des grains de pollen des plantes à fleurs témoignent d'un bouleversement important. Mais d'un bouleversement de courte durée : les pourcentages des spores de fougères et de grains de pollen redeviennent en effet rapidement normaux. Tout se passe comme si l'abondance des plantes à fleurs avait décru soudainement et en même temps que l'accumulation d'iridium dans les sédiments. Les fougères sont parmi les premiers végétaux à recoloniser la terre après la crise.

Il ne faut pas oublier que les végétaux sont capables de survivre pendant de longues périodes d'extinction car leurs graines, spores ou rhizomes peuvent supporter des conditions défavorables pendant longtemps : des graines retrouvées près de momies égyptiennes ont pu être mises en culture normalement après un « sommeil » de plusieurs milliers d'années.

Une extinction de masse sélective

Selon les estimations, près de 70 % des espèces qui vivaient à la fin du Crétacé furent donc anéantis par cette phase d'extinction.

Ainsi, il s'agit bien d'une extinction en masse, au sens où on l'entend habituellement, puisqu'elle affecte dans un court laps de temps des groupes extrêmement variés, adaptés à des modes de vie très divers et ceci dans le monde entier. L'ampleur de cette crise l'a fait reconnaître depuis longtemps comme une des grandes coupures de l'Histoire de la vie.

Comme on peut également le remarquer, un des caractères des extinctions de la fin du Crétacé est leur sélectivité : alors que certains groupes comme les dinosaures sont décimés, d'autres survivent apparemment sans être très affectés, comme les crocodiliens et les tortues.

D'ailleurs, parmi les animaux terrestres, le poids semble avoir été un critère de sélection : aucun animal de plus de 25 kilos ne semble avoir survécu à la crise, y compris parmi les mammifères.

Enfin, on peut dire que les animaux les moins touchés sont ceux vivant en eaux douces : poissons, amphibiens, certaines tortues, et crocodiliens ; chez ces derniers, même les espèces de grosse taille ont survécu.