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Conclusion : crise Crétacé-Tertiaire et Histoire de la vie sur Terre

Dossier - Enquête sur la disparition des dinosaures
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Les dinosaures sont presque un symbole du phénomène de l'extinction des espèces, au point que l'on en oublie parfois que leur disparition, il y a 65 millions d'années, mit un terme à une très longue histoire de succès évolutif.

  
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Comment les dinosaures ont-ils disparu ? Rarement une question aura suscité autant de polémiques, d'études et de rebondissements...

La disparition des dinosaures est liée à l'Histoire de notre planète. © Nasa

Disparition des dinosaures : les hypothèses sont fonction des connaissances

Comme toujours en science, la prudence reste de mise, mais force est de constater que les connaissances sur le sujet ont beaucoup progressé ces dernières années. Ainsi, l'impact météoritique il y a 65 millions d'années n'est plus un secret pour personne.

On peut d'ailleurs observer depuis peu un renversement de situation : il y a quelques années, les revues de vulgarisation scientifique s'empressaient de publier les dernières révélations en faveur de l'hypothèse de l'impact météoritique ; au contraire, les articles qui font sensation aujourd'hui sont ceux qui prétendent démontrer que cette météorite n'a finalement pas tué les dinosaures.

Que penser de tout cela ? Probablement qu'il faut garder un esprit critique face à de soi-disantes démonstrations, essayer de se libérer de ses présupposés et se garder de s'emballer pour telle ou telle théorie. Les scénarios qui sont proposés aujourd'hui ne seront probablement pas ceux de demain, puisqu'ils ne sont que le fruit des connaissances à un instant donné.

Pour faire le moins d'erreurs de raisonnement possible, il faut donc se concentrer sur les faits récoltés au fil des temps, et c'est pour cela qu'ils constituent le cœur de ce dossier.

La crise K-T pourrait-elle se reproduire ?

La crise Crétacé-Tertiaire dérange, il est vrai que le problème est complexe et fait appel à de très nombreux champs disciplinaires (paléontologie, géologie, géochimie, géophysique, biologie, etc.), ce qui n'en facilite pas l'approche.

Cette crise interpelle : si le scénario de la nuit d'impact est vrai, pourrions-nous survivre à l'impact d'une telle météorite ou serions-nous condamnés à subir le même sort funeste que les dinosaures ? Heureusement, la probabilité d'impact avec de tels objets extraterrestres est faible (un tous les 100 millions d'années ?), mais si l'atmosphère joue un rôle de bouclier efficace contre les petits objets extraterrestres, c'est une protection dérisoire face aux plus gros d'entre eux. En témoigne la catastrophe de la Toungouska, en Sibérie, le 30 juin 1908 à 7 h 17 du matin : la végétation fut rasée sur une surface équivalente à celle d'un département français, alors que la météorite en cause n'a pas eu le temps d'arriver jusqu'au sol et a explosé en plein ciel, avec une puissance d'environ mille fois celle de la bombe atomique d'Hiroshima.

Le ciel peut parfois révéler bien des surprises. Les Gaulois n'avaient peut-être pas tort de craindre que le ciel ne leur tombe sur la tête. Ci-dessus : La comète Hale-Bopp au-dessus de la roche de Solutré, le 4 avril 1997 à 22 h 30. © Jacky Kolar

La Terre risque en permanence de croiser la trajectoire d'astéroïdes. Inutile pour autant de céder à la panique : comme le montrent les nombreuses traces de cratères à la surface du globe, si nous sommes ici, c'est que nous sommes des survivants, puisque nos ancêtres ont déjà survécu à de nombreux autres impacts... N'espérez pas pour autant d'être averti de l'arrivée d'un tel événement : il y a quelques années, un astéroïde qui est passé entre la Terre et la Lune a été détecté... huit jours après son passage ! De même, en 1994, l'impact en direct de la comète Shoemaker-Levy 9 sur Jupiter démontre une fois pour toute que notre planète ne peut être étudiée isolément de notre Système solaire.

La vie sur Terre est bien fragile...

Enfin, on peut dire que la crise Crétacé-Tertiaire démontre une fois de plus que l'Histoire de la vie sur Terre est un parcours semé d'embûches. Les paléontologues reconnaissent cinq grandes crises biologiques, dont la plus importante s'est déroulée à la fin du Permien : selon les estimations, elle a décimé près de 90 % des espèces vivantes de l'époque ; la crise K/T est la deuxième en terme d'espèces décimées. C'est dire si la vie a failli disparaître de la surface de la Terre à plusieurs reprises...

Les crises biologiques ont joué un rôle important dans l'évolution des espèces, en ouvrant de nombreuses niches écologiques, dans lesquelles de nouveaux organismes se sont développés. Ainsi, parmi les survivants de la crise Permo-triasique, on retrouve des reptiles, ancêtres notamment des dinosaures et des mammifères.

La prochaine crise biologique à cause de l'Homme ?

L'étude de ces cataclysmes a aussi montré la fragilité de la biosphère terrestre. Certains scientifiques n'hésitent plus à dire qu'une sixième grande extinction a commencé, due à Homo sapiens cette fois. Selon Philppe Bouchet, zoologiste et professeur au Muséum national d'histoire naturelle, « Pour les groupes les mieux connus tels que les oiseaux et les mammifères, le taux d'extinction dû à l'Homme depuis 200 ans est 40 à 60 fois supérieur au taux d'extinction naturel. Et dans la forêt tropicale, il est 10.000 fois supérieur ». L'Homme est en train de détruire irrémédiablement le milieu où il vit et dont il vit, mais ce ne sont pas les quelques actions menées actuellement par certains pays qui arrêteront ce phénomène.

L'enquête sur la disparition des dinosaures continue

Depuis la rédaction de ce dossier (néanmoins toujours juste), de nombreux articles sont parus, sans bouleverser cependant la théorie présentée ici, à savoir celle d'un impact cataclysmique. Afin de rendre compte de ces dernières publications, Futura-Sciences en a réalisé un compte-rendu