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Disparition des dinosaures : réponse aux hypothèses

Dossier - Enquête sur la disparition des dinosaures
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Les dinosaures sont presque un symbole du phénomène de l'extinction des espèces, au point que l'on en oublie parfois que leur disparition, il y a 65 millions d'années, mit un terme à une très longue histoire de succès évolutif.

  
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Comme le recommande S.G. Gould dans son essai intitulé Sexe, drogues, catastrophes..., il faut se rappeler une règle fondamentale souvent oubliée dans les différents scénarios proposés pour l'extinction des dinosaures : l'extinction des dinosaures ne constitue pas un problème indépendant, mais s'accompagne de la disparition simultanée de très nombreux groupes de créatures aux habitats variés, terrestres aussi bien que marins.

Les dinosaures font partie de plusieurs groupes d'animaux qui ont subi l'extinction. © Raul Martin

Ainsi, les spéculations qui tiennent exclusivement compte des dinosaures ignorent une bonne partie du phénomène général en cause. L'interprétation correcte doit faire intervenir un système d'événements coordonnés, dont l'une des composantes seulement est l'extinction des dinosaures.

Les Mammifères ne sont certainement pas en cause

Quel que soit notre désir de nous considérer comme les seuls héritiers possibles de la Terre, il est donc absolument insensé d'imaginer que les dinosaures ont disparu parce que de petits Mammifères ont mangé leurs œufs. Il est tout à fait invraisemblable que ces animaux gigantesques doivent leur disparition à un désastre qui leur était uniquement destiné - un désastre survenu par hasard au moment même où l'un des cinq épisodes de « mort en masse » s'abattait sur la Terre pour des raisons totalement différentes.

Iguanodons. © National Geographic

Les hypothèses invérifiables

Comment décider si, par exemple, la fameuse hypothèse du réchauffement des testicules est vraie ou fausse ? En fait, nous aurions besoin de renseignements que les fossiles ne peuvent nous révéler (en plus du fait que les testicules, comme les autres viscères, ne se fossilisent pas) : quelle était la température ambiante optimale pour les dinosaures ? À quelle température leurs testicules s'arrêtaient de fonctionner ? Le climat de la fin du Crétacé fut-il jamais chaud au point que la température interne des dinosaures dépasse leur seuil de tolérance ?

Cette hypothèse invérifiable est donc absolument inutilisable, c'est juste une spéculation curieuse et qui ne peut mener à rien. Il en est de même pour les hypothèses sur les empoisonnements ou épidémies. D'ailleurs, en ce qui concerne l'hypothétique empoisonnement des dinosaures, les faits montrent que l'apparition des plantes à fleurs n'a pas été une source d'ennuis pour les dinosaures : on observe au contraire une diversification des herbivores associée à une évolution de leur dentition, correspondant à un changement de régime alimentaire.

Les hypothèses vérifiables

Ainsi, il ne reste que quelques hypothèses parmi celles que l'on a vues précédemment : le volcanisme intense, la collision avec une météorite et les variations du niveau des mers.

Ces hypothèses reposent sur des bases solides, des faits réels. Il est donc possible de les vérifier, d'envisager leurs conséquences et si elles sont fausses, de les réfuter.

Un peu de méthode

Pour conclure sur les différentes hypothèses, on peut rappeler que beaucoup de théories sur la disparition des dinosaures ont été proposées dans les années 1950, lorsque des paléontologues à l'esprit curieux, comme Norman Newell et George Simpson, commencèrent à rassembler les données des archives fossiles témoignant de périodes d'extinction.

Ainsi, comme les circonstances de la crise Crétacé-Tertiaire étaient encore très mal connues, beaucoup de ces hypothèses n'étaient que des spéculations invérifiables. De plus, ces théories étaient pour la plupart à côté de la plaque car elles ne prenaient en compte que les dinosaures et aucun des autres groupes qui se sont éteints en même temps.

Afin d'éviter de faire les mêmes erreurs, concentrons-nous donc maintenant sur les faits et remontons le temps de 65 millions d'années grâce à la paléontologie.