Planète

Pourquoi créer de nouvelles variétés ?

Dossier - Semences et création de nouvelles variétés
DossierClassé sous :développement durable , botanique , Biodiversité

Karine Clavel & Christian Saber du GNIS

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Un enjeu majeur pour l'avenir : comment nourrir les six milliards de personnes qui peuplent la planète sans gaspiller les ressources disponibles ? Dans ce débat économique, sociétal, et environnemental, la filière des semences a un rôle essentiel à jouer.

  
DossiersSemences et création de nouvelles variétés
 

Les variétés ne sont jamais créées au hasard, mais pour répondre à des besoins précis.

Epis de maïs. © Ulleo, Pixabay, DP

1 - Adapter les plantes au milieu

La plupart des plantes cultivées en France, comme la tomate, la pomme de terre, le maïs, ou le tournesol, sont originaires de pays lointains, dont les conditions naturelles (climat et sol) sont très différentes. La sélection permet d'acclimater ces plantes à de nouvelles conditions, et c'est grâce à ce long travail que l'on peut cultiver ces espèces en France.

Par ailleurs, la sélection a permis de créer des variétés adaptées à des milieux ou à des climats particuliers. Ainsi, des variétés mieux adaptées au froid ou à la sécheresse peuvent gagner de nouvelles zones de culture. Par exemple en France, le maïs poussait uniquement dans le Sud-Ouest jusque dans les années 1950. Il a pu être acclimaté au nord de la Loire, grâce au travail de sélection effectué à partir de populations précoces du haut Languedoc. L'utilisation dans la sélection de variétés tropicales d'altitude peut également améliorer la résistance au froid de variétés européennes.

C'est par croisement et hybridation que l'on a pu créer de nouvelles variétés de maïs adaptées aux différentes régions © GNIS

2 - Développer la productivité

Le progrès génétique, en rendant les plantes plus fertiles et plus résistantes, a permis d'augmenter les rendements : en France, celui du blé a plus que triplé en quarante ans. On estime que cet essor est dû pour moitié au progrès génétique et pour moitié à l'évolution des pratiques culturales (traitements, préparation des sols ...).

3 - Préserver l'environnement

Le respect de l'environnement fait partie du métier des semenciers : ils élaborent des variétés plus résistantes aux maladies pour limiter l'utilisation de produits phytosanitaires, des variétés plus économes en engrais ou en eau. Ainsi en blé tendre, des variétés ont besoin de moins d'azote que d'autres pour produire des quantités identiques de grains.

4 - Optimiser la transformation

Une grande partie des plantes cultivées est transformée avant utilisation : ainsi crée-t-on des variétés de tournesol plus faciles à décortiquer, du blé pour une meilleure panification, de l'orge adaptée aux besoins des brasseurs... Par ailleurs les produits récoltés doivent être adaptés au transport et à la conservation.

Pour les différentes utilisations alimentaires, il est nécessaire de créer les variétés les mieux adaptées. Exemple des céréales © GNIS

5 - Améliorer les qualités nutritionnelles et diététiques des aliments

Lorsque le besoin apparaît, les qualités nutritionnelles des espèces végétales cultivées peuvent être améliorées par la sélection. Ainsi, à la fin des années 1960, les sélectionneurs sont parvenus à modifier la composition en acides gras de la graine de colza. Son huile, riche en acides gras insaturés, est désormais l'une des plus diététiques du monde. Les poules ou les vaches nourries avec des variétés de graines de lin riches en Oméga 3 produisent des oeufs ou du lait à haute teneur en cet acide gras. La consommation d'Oméga 3 réduit les risques de maladies cardio-vasculaires.