Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), nos émissions de dioxyde de carbone (CO2), l’une des principales causes du réchauffement climatique anthropique, devraient atteindre un niveau record en 2023. En cause, des plans de relance après la crise du Covid-19 pas suffisamment durables ! © Vital, Adobe Stock
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Vers un nouveau record des émissions de CO2

ActualitéClassé sous :Réchauffement climatique , gaz à effet de serre , énergie renouvelable

Le G20 Environnement, Climat et Énergie se tiendra à Naples les 22 et 23 juillet prochains. Au programme, notamment, placer la transition écologique au centre de l'agenda politique. Et à en croire le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), il reste du chemin à parcourir pour cela. Les experts estiment en effet que loin de diminuer, nos émissions de CO2 vont continuer à augmenter fortement au moins jusqu'en 2023. Selon les experts, il n'y a pas de pic à l'horizon.

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[EN VIDÉO] COP25 : la concentration de CO2 dans l’atmosphère sur 15 ans  Grâce à des données collectées sur Terre et depuis l’espace, la Nasa a compilé l’augmentation de la concentration de dioxyde de carbone et sa distribution mondiale pendant quinze ans. À la fin des mesures en 2015, le maximum atteignait 402 ppm ; aujourd’hui, nous en sommes à 418 ppm. 

En 2020, la crise du Covid-19 a fait baisser nos émissions de dioxyde de carbone (CO2) -- faut-il le rappeler, principales responsables du réchauffement climatique anthropique que nous vivons actuellement -- pour la première fois depuis près de 30 ans. Une baisse de pas moins de 7 %. Mais, comme après la crise financière d'il y a 10 ans, les experts avaient déjà annoncé plus tôt dans l'année, que 2021 connaîtrait un rebond massif de nos émissions. Le deuxième plus important de l'histoire. En cause notamment, une relance centrée sur des investissements dans les combustibles fossiles. Plus encore dans le charbon -- pour lequel les experts attendent une croissance de 5 % en 2021 et de 3 % en 2022 --, pourtant réputé le plus sale d'entre eux.

Un record historique devrait être atteint en 2023.

Aujourd'hui, l'Agence internationale de l’énergie (AIE) confirme la malheureuse tendance. Nos émissions devraient augmenter cette année, tout comme l'année prochaine. Pour atteindre un record en 2023, dépassant celui établi en 2018. Une prévision loin d'être en phase avec les objectifs de l'Accord de Paris. Car rappelons que les chercheurs estiment que pour réussir à limiter le réchauffement climatique à +1,5 °C, il nous faudrait diviser nos émissions par deux au cours de cette décennie.

L'AIE avance les chiffres suivants. En 2020, le monde a émis 31,4 gigatonnes (Gt) de CO2. En 2025, nous pourrions en être à 34,7 Gt et même à 33,9 Gt si les mesures durables annoncées aujourd'hui par les gouvernements sont mises en place. Or, pour atteindre l'objectif « zéro émissions » en 2050, il faudrait que nos émissions en 2025 ne dépassent pas les... 27,9 Gt !

Des investissements trop faibles et mal répartis

Le rapport de l'AIE souligne notamment que si plus de 320 milliards d'euros ont bien été investis par les États dans les énergies durables début 2021, cela ne représente que 2 % des mesures fiscales mises en place pour sortir de la crise économique liée à la pandémie de Covid-19. Et même si les États ont annoncé des investissements similaires d'ici 2023, cela ne représente, là encore, que 35 % de ce qu'un récent rapport de l'AIE estimait nécessaire pour se mettre sur la voie du « zéro émissions » d'ici 2050.

Les experts pointent également d'importantes disparités géographiques. Ainsi les pays industrialisés comme les États-Unis, l'Europe ou le Japon semblent pouvoir être en passe de réduire leurs émissions. Les pays en développement ou les économies émergentes comme l'Inde ou les pays d'Amérique du sud, en revanche, seront bientôt responsables de 90 % de la croissance des émissions de CO2 annoncée.

Un peu comme c'est le cas concernant la crise sanitaire, les scientifiques appellent donc les pays industrialisés ainsi que des institutions comme le Fond monétaire international (FMI) non seulement à intensifier leurs propres efforts pour une transition écologique, mais aussi à soutenir ceux des économies émergentes. À la veille de la tenue de la COP26, il est ainsi question d'accorder une aide d'au moins 85 milliards d'euros par an aux pays en développement pour financer des projets climatiques.

Fatih Birol, le directeur exécutif de l'AIE et l'un des économistes de l'énergie les plus reconnus au monde, présentera ses conclusions devant les ministres concernés du G20, à la fin de cette semaine. Son objectif : les encourager ainsi à porter le principe d'une « reprise verte » dont nous avons tant besoin. « Il n'y a pas d'autre issu, assure-t-il. Mais il faut garder à l'esprit que, même si la marge de manœuvre se réduit, l'objectif reste atteignable ».

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