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Paris-New-York aller-retour: une tonne de CO2 par passager !

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Le numéro 97 des Données de l'environnement publié récemment par l'Institut français de l'environnement fournit un éclairage sur l'impact climatique du transport aérien de voyageurs, qui émet des gaz à effet de serre et dont l'usage tend à se banaliser. Faudra-t-il introduire une taxe climatique ?

Un aller-retour Paris-New-York, dans des conditions propices à une bonne efficacité énergétique (charter sans classe affaire fortement rempli), émet près d'une tonne de CO2 par passager. Un voyageur en avion émet environ 140 grammes de CO2 au kilomètre, contre 100g/km pour un automobiliste. Les émissions indirectes liées à la construction des véhicules, au raffinage et au transport de pétrole sont plus importantes pour la voiture. Même en les prenant en compte, on trouve encore pour l'avion un excédent d'émissions au passager/km de 16% par rapport à la voiture.

L'aviation commerciale émet 2,5 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2) dues aux activités humaines, soit 550 millions de tonnes par an.

Le quart de la contribution annuelle à l'effet de serre d'un Français

Le transport aérien de voyageurs n'émet pas que du CO2 : les oxydes d'azote (NOx) émis par les avions réagissent rapidement et ont un impact sur l'effet de serre à la fois réchauffant par la formation d'ozone troposphérique (O3) et refroidissant par la dégradation du méthane (CH4). La vapeur d'eau (H2O) émise à l'altitude des avions contribue, quant à elle, directement et surtout indirectement, par la formation de traînées et de cirrus, à l'effet de serre.

L'impact climatique d'un aller-retour Paris-New-York équivaut ainsi au quart des émissions annuelles de gaz à effet de serre d'un Français.

Des impacts grandissants, si la hausse du trafic se poursuit

L'amélioration de l'efficacité énergétique des avions, évaluée à 2 ou 3 % par an depuis 1970, a aujourd'hui moins de marge de manœuvre que pour les autres modes de transport. En outre, la baisse des émissions de CO2 et H2O au passager/km générée par les gains d'efficacité énergétique ne se traduit pas par une baisse proportionnelle de l'impact climatique global du transport aérien de voyageurs. Une reprise de la croissance du trafic au rythme d'avant le 11 septembre 2001 impliquerait, malgré les progrès technologiques, une hausse des impacts climatiques. Toutefois, une évolution du prix du pétrole ou l'introduction d'une taxe " climatique " pourraient freiner la croissance de la demande, surtout pour les déplacements de tourisme.

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