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V-Prize : Paris - New York en une heure, avant 2013 !

ActualitéClassé sous :aéronautique , Astronautique , tourisme spatial

Afin de commémorer le quatre-vingtième anniversaire de la traversée de l'Atlantique par Charles Lindbergh, une fondation vient d'instaurer le V-Prize, une compétition devant récompenser par une importante somme d'argent la première entreprise privée qui arrivera à relier l'état de Virginie à l'Europe en une heure maximum.

Logo de la fondation V-Prize

Un tel exploit, qui relève encore du domaine de la science-fiction, révolutionnerait l'histoire des transports. Il pourrait bien devenir une réalité grâce à l'initiative de la fondation V-Prize dont le prix attribué au vainqueur, estimé à environ 25 millions de dollars, ne serait pas l'unique incitant. Car en effet, l'avancée technologique et l'expérience acquise dans le domaine des très hautes vitesses pourraient très bien propulser (sans jeu de mots) l'heureux lauréat à la tête d'une nouvelle branche de l'industrie où il se retrouvait en position quasi-monopolistique.

Le "V" de V-Prize ne signifie pas victoire, mais fait référence à la Virginie, d'où devra s'élancer le véhicule, plus exactement de l'aéroport du NASA Wallops Flight Facility. En effet, ce pays est le seul au monde à avoir promulgué une loi stipulant qu'en cas d'accident touchant des passagers consentants l'entreprise responsable d'un vol spatial ne pourra pas être poursuivie devant les tribunaux. Cette loi expirant le 1er juillet 2013, le prix devra obligatoirement être remporté avant cette date, qui constitue ainsi l'échéance du concours.

Un engin révolutionnaire

Jusqu'à ce jour, tous les appareils capables d'atteindre la vitesse de 6000 km/heure nécessaire pour réaliser l'exploit sont soit des fusées, soit des fusées équipées de moignons d'ailes réalisées à titre purement expérimental. L'avion-fusée X-15 atteignait cette vitesse, mais durant un temps très court et était incapable de réaliser un vol intercontinental. En bref, on peut considérer que non seulement la technologie indispensable n'a jamais été réalisée, mais qu'elle n'existe même pas encore sur le papier !

Pourtant, l'idée d'un avion spatial est loin d'être nouvelle et plusieurs projets ont existé, mais tous se sont heurtés à un tel mur de difficultés qu'aucune réalisation n'a jusqu'à présent été concrétisée.


Video promotionnelle montrant un vol du SpaceShipOne 2 de Virgin Galactic, qui devrait bientôt offrir la possibilité à des passagers payants de se retrouver quelques minutes en apesanteur à plus de 100 km d'altitude. Crédit Virgin Galactic.

Autre difficulté majeure, le problème de la rentrée. Le véhicule, que l'on doit bien qualifier de "spatial", devra nécessairement atteindre une altitude de plus de 100 à 200 km durant la majeure partie de son trajet afin d'éliminer l'épineux problème de la traînée atmosphérique. Ses ailes étant alors devenues inutiles, il poursuivra ainsi son voyage sur une trajectoire balistique, ses passagers se retrouvant en apesanteur. Mais le contact avec l'atmosphère promet d'être rude, provoquant non seulement une décélération de 8 à 10 g, mais portant la température de la coque à une valeur imposant l'emploi d'un bouclier thermique à l'instar de la navette spatiale.

Bien que la chaleur dégagée ne soit pas aussi importante que dans le cas d'un vaisseau revenant de l'orbite (et dont la rentrée s'effectue à 28 000 km/h), les 6000 km/h atteints seront quand même suffisants pour rendre malléable n'importe quelle structure métallique et la fragiliser. Notons au passage que le Space Ship One de Scaled Composites, au cours de ses deux vols au-delà de 100 km d'altitude, n'a pas rencontré ce problème puisque sa vitesse en sommet de trajectoire était nulle.

Reste à déterminer le lieu d'atterrissage de la première tentative. La France sera-t-elle choisie, en l'honneur de l'exploit de Charles Lindbergh ? Pour cela, il serait nécessaire qu'elle se mette sur les rangs et s'engage à construire une structure d'accueil pour ce vaisseau spatial de type nouveau, des installations qui ne pourraient constituer qu'une avancée technologique à l'aube du développement du tourisme spatial. Saura-t-elle saisir l'occasion ?

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