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Une deuxième course à l'espace est lancée !

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Les membres de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) estiment que les démonstrations récentes d'armes antisatellites par la Chine, ainsi que les projets chinois, mais aussi indiens d'exploration de la Lune, indiquent clairement qu'une deuxième course à l'espace vient de débuter, à laquelle l'Europe devrait adhérer.

Emblème de l'Europe

Dans un rapport émis le 7 février dernier, et que nous avions déjà commenté, l'Opecst émettait une série de cinquante recommandations à l'adresse des responsables politiques ayant parmi leurs attributions une quelconque parcelle d'autorité touchant l'accès à l'espace. Ces propositions visent essentiellement à revigorer la politique civile et militaire de l'Europe spatiale.

Parmi les 50 propositions, on retiendra :

  • L'imposition de sanctions à n'importe quel gouvernement européen qui n'accorde pas la préférence aux lanceurs européens pour la mise en orbite de ses satellites, tant civils que militaires.
  • La France devrait commencer à étudier la propulsion nucléaire afin d'envisager l'exploration de l'espace lointain, en utilisant les compétences de la Commission française à l'énergie atomique ainsi que l'industrie nationale.
  • Le lanceur lourd européen Ariane 5 devrait être rendu apte d'ici cinq années à transporter des équipages humains, et homologué en ce sens. Notons qu'il s'agissait d'un des objectifs prioritaires du programme Ariane, abandonné en même temps que la navette européenne Hermes.
  • Les gestionnaires du projet Galileo de navigation par satellite devraient s'engager dans des négociations avec l'alliance de l'OTAN afin de déterminer le mode d'encryptage des données, seules celles réservées aux gouvernements devant être protégées.
  • La France, mais aussi les autres gouvernements, devraient proposer leur aide aux compagnies qui envisagent de développer des systèmes de vol suborbital destinés au tourisme spatial.

Le groupe parlementaire pointe du doigt les budgets croissants du domaine spatial aux États-Unis, en Chine, en Inde et en Russie en particulier, et y voient un indice de réutilisation des compétences acquises dans le cadre de la guerre froide ou de concurrences stratégiques sous la forme d'applications commerciales ou militaires multiples.

L'Europe, affirment-ils, risque de devenir progressivement une région sous-développée si les dirigeants ne se ressaisissent pas et ne redoublent pas la participation financière de leurs pays respectifs. Ils estiment aussi que les membres européens de l'OTAN devraient se fixer pour objectif de rendre tous leurs systèmes satellitaires de télécommunications interopérants dans un délai de deux ans, alors qu'actuellement, la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne utilisent des systèmes indépendants et inutilement concurrentiels.

À l'heure actuelle, l'Europe investit 1,5€ par habitant et par an dans le spatial, soit seize fois moins qu'aux États-Unis. Par comparaison, la dépense des Européens dans les jeux de hasard s'élève à 140€ par habitant et par an. L'Europe n'aurait aucune excuse de ne pas relever le gant de la concurrence des nouvelles puissances spatiales.

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