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En vidéo : une source hydrothermale à 5.000 m de profondeur, un record !

ActualitéClassé sous :océanographie , géologie , source hydrothermale

Une expédition britannique, qui parvient à la fin de sa mission, vient de montrer les images d'un fumeur noir découvert dans la mer des Antilles, à cinq kilomètres sous la surface, dans la fosse des Caïmans. C'est 1.000 mètres de plus que le record précédent.

Un fumeur noir, photographié par 5.000 mètres de profondeur, dans la fosse des Caïmans, à l'ouest de la mer des Caraïbes, ou mer des Antilles. © NOCS

Des veines de fer et de cuivre apparaissent à même le sol. De cheminées minérales s'échappent des colonnes de fumée sombre, chauffées à plus 300°C et riches en soufre. Ce sont des fumeurs noirs, tuyaux d'échappement bien connus des sources hydrothermales. Dans ces endroits particuliers du fond de l'océan, l'eau de mer s'infiltre profondément dans les fissures des roches. Elle s'échauffe et se charge en minéraux variés puis, sous l'effet de sa température, elle remonte pour s'échapper du plancher océanique.

Le spectacle découvert par le robot sous-marin Autosub6000 dans la mer des Antilles (ou mer des Caraïbes) est superbe mais pas nouveau. De tels fumeurs noirs ont été repérés en bien d'autres endroits, là où la tectonique des plaques crée des dorsales, où le magma affleure. La profondeur moyenne de ces sources hydrothermales est de 2.500 mètres et la plus profonde connue jusque-là se trouvait au milieu de l'Atlantique, sur la dorsale, par 4.100 mètres de fond. La zone a été longuement explorée en 2007 par l'expédition franco-russe Serpentine.

Le robot Autosub6000 s'apprête à plonger pour descendre à cinq kilomètres sous la surface, là où l'homme ne va plus. © NOCS

Une affaire à suivre...

Mais le petit robot évoluait à 5.000 mètres, au fond de la fosse des Caraïbes et le record est donc battu. Cette fosse s'étire entre l'Amérique centrale et Cuba, passant entre la Jamaïque et les îles Caïmans. Les fonds y dépassent les 7.600 mètres. C'est la zone qu'explorait l'expédition 44, menée par le National Oceanography Centre (NOCS), dépendant de l'université de Southampton et regroupant une équipe internationale.

Le 21 mars 2010, 28 scientifiques de plusieurs disciplines (biologistes, chimistes, géologues et physiciens) ont embarqué à bord du RRS James Cook (RRS pour Royal Research Ship, navire royal de recherche) pour étudier ces fonds encore peu connus. Après la découverte, c'est un autre robot, Hybis, qui a quitté le bord du James Cook pour explorer la zone des sources hydrothermales.


Le robot Hybis, largué du RRS James Cook, filme un fumeur noir dans la fosse des Caraïbes, à 5.000 mètres de profondeur. NOCS

L'expédition prend fin la semaine prochaine, le 20 avril et, pour l'instant, l'heure est à la prise de données. Après l'expédition Serpentine, il avait fallu deux ans pour que soit publiée dans le magazine Nature la découverte de l'étonnante Pyrococcus CH1, un micro-organisme (une archée) qui aime à vivre entre 85 et 105°C et sous une pression de 500 fois celle régnant au niveau de la mer. Des découvertes à venir en matière de biodiversité, de géologie, de physique ou de chimie ne seraient pas étonnantes...

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