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Concours d'idées pour repérer la vie dans le Système solaire

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La Nasa a lancé un appel à idées qui a reçu 28 propositions de missions ou d'instruments qui ambitionnent d'explorer chaque recoin du Système solaire pour apporter la preuve que la vie terrestre n'est pas une singularité.

Aux yeux des scientifiques, Mars n’est plus le seul objet du Système solaire où la vie a pu émerger ailleurs que sur Terre. Plus la science progresse, plus il apparaît que de nombreux autres endroits offrent des conditions favorables à la vie. Crédit Esa

L'histoire de la vie sur Terre se heurte à un mur infranchissable. Tous les indices de la vie primitive au-delà de 3,5 à 3,8 milliards d'années ont en effet été effacés par la tectonique des plaques et les convulsions multiples de la croûte terrestre. Bien que l'on ait récemment découvert des roches terrestres vieilles de 4,28 milliards d'années, les informations contenues dans les fossiles ne vont pas au-delà de cette période.

A mesure que la science progresse, on se rend compte que de nombreuses régions du Système solaire présentent des conditions favorables à la vie. De Mercure à Pluton, des niches biologiques existent. Pour apporter la preuve que la vie existe ailleurs, la Nasa va se focaliser sur Mars, Titan, Europe, Encelade et les comètes, en traquant des molécules associées à l'apparition de la vie ainsi que d'éventuelles bactéries, vivantes ou fossiles.

Mars est un cas à part. Planète la plus facilement accessible, elle est également celle qui ressemble le plus à la Terre. Lorsqu'elles se forment, ces deux planètes sont pour ainsi dire semblables. Seule la distance au Soleil les différencie, ce qui explique en grande partie leur évolution différente. Parmi les propositions faites à la Nasa, la mission de retour d’échantillons martiens est en tête de gondole. Elle pourrait être réalisée dans le cadre d'une coopération internationale. Avec un coût estimé à près de 5 milliards de dollars répartis sur une dizaine d'années, il est difficile d'imaginer que la Nasa se lance seule dans ce projet.

Autre objectif martien d'envergure, le méthane. Découvert dans l'atmosphère de la planète rouge en 2003 par Mars Express, confirmé depuis par Mars Reconnaissance Orbiter, il plonge les chercheurs dans l'expectative. La présence de ce gaz, qui se dissipe en 300 ans, laisse penser que la planète ne serait pas totalement morte, au moins du point de vue géologique. On suppose que l'origine de ce gaz est volcanique, . l'hypothèse demeure qu'il pourrait être produit par des bactéries méthanogènes de type de celles qui sont dans l'œsophage des vaches !

Plus loin dans le Système solaire, les mondes de Jupiter et Saturne fascinent tout autant que Mars. Ainsi en est-il de Titan, le satellite le plus gros de Saturne, où l'on suppose que des formes de vie pluricellulaires peuvent se développer. Bien que cette hypothèse ne fasse pas l'unanimité, la Nasa sait que Titan est un monde riche en matière organique. Parmi les propositions pour explorer ce satellite figurent un orbiteur, un ballon dérivant dans l'atmosphère et un engin conçu pour voguer sur Ligeia Mare, une vaste étendue de méthane liquide située au pole nord.

Europe, photographiée par Galileo. Les couleurs ont été accentuées pour faire ressortir les sillons qui strient la surface. © NASA/JPL/University of Arizona

Encelade est un autre satellite de Saturne qui intéresse les chercheurs de vie extraterrestre. Il se caractérise par d'importants panaches s'échappant de sa surface, générés par des geysers composés de particules très fines de glace. En plus de cristaux de glace, les geysers contiennent des molécules organiques, ce qui laisse songeur. En dessous de sa surface et au niveau des fameuses griffures de tigre crachant ces geysers doivent se trouver des poches d’eau liquide. Elles seraient bien plus accessibles, du fait de leur faible profondeur, que l'océan sous la surface d'Europe.

Ce satellite de Jupiter est un des quatre galiléens. Les scientifiques des missions Galileo et Voyager ont l'intime conviction qu'il cache, sous son épaisse couche de glace, un océan liquide, vraisemblablement global. Mieux encore, ce satellite possède tous les ingrédients nécessaires à la vie (matière organique, source de chaleur, poches d'eau liquide et saumure). Parmi les propositions, on signalera celle d'un radar capable scruter sous cette surface épaisse de plusieurs kilomètres.

Concernant les comètes et autres résidus de la formation du Système solaire, ces objets contiennent très vraisemblablement les briques initiales de la vie terrestre. Ils sont connus pour avoir enrichi la Terre en différents matériaux, notamment pendant le Grand Bombardement, une période qui a duré plus de 700 millions d'années après la formation du Soleil et où 14 millions d'objets ont percuté la Terre. Pour avancer sur cette question, les scientifiques réclament une mission de retour d'échantillons. Une mission de ce type pourrait astucieusement compléter Rosetta, la mission de l'Esa en route pour déposer un atterrisseur sur la surface de la comète Churyumov-Gerasimenko (2014).

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