Retrouvez toute l'actu de Futura-Sciences sur :
et n'importe quel mobile à l'adresse http://m.futura-sciences.com/
Europe, lune de Jupiter, fascine les exobiologistes et les planétologues depuis la découverte de la banquise qui en recouvre la surface. D’après une publication de Nature, l’océan qui devrait être présent sous la couche de glace pourrait être chauffé par les forces de marée de Jupiter.
Lorsque les sondes Voyager se sont approchées de Io, une des lunes de Jupiter, les planétologues ont découvert son activité volcanique et n'ont d'ailleurs pas tarder à observer une véritable éruption. Cela n’aurait pas dû les surprendre car quelque temps auparavant, certains d’entre eux, se basant sur les forces de marée exercées par Jupiter et ses autres lunes proches, avaient calculé que le malaxage de Io par les forces de gravitation devait dégager suffisamment de chaleur pour fondre une partie importante de cette lune.

Les photos d’une autre lune de Jupiter, Europe, allaient révéler une surface glacée et jeune, car très peu cratérisée, ressemblant fortement à une banquise et parcourue par d’impressionnantes failles. Clairement, il devait s’agir d’un immense océan recouvrant la planète dont la surface gelée devait subir des mouvements analogues à ceux observés sur Terre. Les spéculations ne tardèrent pas car, même si les forces de marée devaient être moins importantes sur Europe que sur Io, il était probable qu’un volcanisme actif devait exister au fond de cet océan. Or, sur Terre, un tel volcanisme donne lieu aux fameuses sources hydrothermales connues sous les noms de fumeurs noirs et de fumeurs blancs, comme celles que l’on peut observer sur le site de la Cité perdue.

Cela est évidemment très excitant pour un exobiologiste car non seulement on a découvert autour des sources hydrothermales terrestres une vie abondante capable de prospérer dans des conditions de pression, de température et d’acidité impensables auparavant, mais certains biologistes pensent même que la vie a pu apparaître sur Terre dans des conditions similaires. Il devenait donc tentant de transposer ce scénario sur Europe et c’est ce que fit Arthur C. Clarke dans son roman 2010, adapté au cinéma par Peter Hyams.
La surface de la banquise d’Europe étant jeune et parcourue par des failles importantes, de l’eau liquide doit périodiquement remonter à sa surface avant de geler rapidement et on devrait donc pouvoir pénétrer dans l’océan d’Europe, à moins que l’épaisseur de la glace ne dépasse plusieurs dizaines de kilomètres, comme le pensent certains.

Si l’on en croit une publication récente dans Nature de Robert Tyler, un océanographe membre de l'Applied Physics Laboratory de l'université de Washington, l’exploration de l’océan d’Europe pourrait être plus facile que ce que l’on imaginait jusqu’à maintenant.
En effet, l’inclinaison de l’axe d’Europe par rapport au plan de son orbite n’est pas vraiment connue et elle pourrait être élevée, peut-être 0,1 degré, ce qui serait suffisant d’après Tyler pour générer des courants de marée se déplaçant à 10 cm/s. Dans cette hypothèse, les simples forces de marée dans l’océan d’Europe pourraient y générer de cent à mille fois plus de chaleur que dans la partie rocheuse de la planète. L’océan y serait donc beaucoup plus actif et plus chaud ce qui, bien sûr, conduirait à des révisions à la baisse de l’épaisseur de la couche de glace recouvrant la partie liquide de l’océan d’Europe.
Quoiqu'il en soit, il existe déjà des projets de sous-marins équipés d’une source de chaleur nucléaire capable de leur permettre de traverser une épaisseur importante de glace pour rejoindre les abysses européens et leurs mystères.
Ce sujet vous a intéressé ? Plus d'infos en cliquant ici... 
Actualités |
Dossiers |
Glossaire |
Livres |
Liens externes |
Tags |