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Les quatre saisons des travaux de votre ruche

Dossier - Abeilles : accueillir une ruche chez soi
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Les motivations qui vous amèneront à accueillir une ruche chez vous peuvent être très diverses : lutter à votre échelle contre la disparition des abeilles, améliorer les performances de votre potager, la curiosité, la volonté de vous assurer un revenu complémentaire en récoltant et vendant du miel… toutes les raisons sont bonnes.

  
DossiersAbeilles : accueillir une ruche chez soi
 

Pour s'occuper convenablement de ses abeilles, l'apiculteur doit être à l'écoute de la nature, observer les floraisons et l'évolution de ses colonies. Une colonie importante ne sera pas traitée de la même façon qu'une colonie faible. Il faut savoir prendre les bonnes décisions, intervenir à bon escient et savoir laisser vivre les abeilles tout en étant là pour les aider au cas où.

Essaim d’abeilles sur une bicyclette. © Nino Barbieri, CC by-nc 2.5

Ouvrir une ruche au printemps

La visite de printemps s'effectuera en février ou mars, lors d'une belle journée. Ce sera la première visite après une longue période d'hivernage. L'idéal pour ouvrir une ruche sans risquer de refroidir le couvain est une température extérieure de 15 °C. La visite de printemps est très importante car elle permet de vérifier la qualité du couvain.

Celui-ci doit être serré au centre et occuper au moins trois cadres. Si tel n'est pas le cas, cette colonie devra être renforcée, nourrie ou assemblée à une autre colonie. Il se peut également que la reine doive être changée. Il appartiendra à l'apiculteur d'en décider en fonction de ses constatations et de sa connaissance de la colonie. Il faut également vérifier que la colonie dispose de suffisamment de réserve en miel et apporter s'il le faut des compléments de nourriture.

Lors de la visite de printemps, on en profite pour nettoyer le plancher des ruches. Toutes ces manipulations s'apprennent dans les ruchers écoles ou auprès d'un apiculteur.

Ruches. © Sylvie Nomblot, DR

En mai-juin, la principale préoccupation de l'apiculteur sera d'éviter l'essaimage en réalisant des essaims artificiels à partir de colonies fortes en répartissant les cadres de couvains des colonies fortes dans les colonies faibles, en faisant de la place. C'est également le moment de changer les vieux cadres. L'idéal est de changer trois cadres tous les ans.

Si les colonies sont importantes et la floraison printanière abondante, il faut ouvrir grand les portes et placer une hausse qui permettra de récolter le miel de printemps.

Il arrive que, malgré les dispositions prises par l'apiculteur afin de lutter contre l'essaimage, les abeilles se mettent à élever des reines en quantité. Si vous ne souhaitez pas de départ d'essaim, il faudra toutes les semaines ouvrir les ruches et détruire les cellules royales.

Sinon, par une belle journée de printemps plutôt, en fin de matinée, début d'après-midi, vous observerez une grande agitation sur la planche d'envol ; un grand nombre d'abeilles commenceront à tourner autour de la ruche puis à former un nuage qui ira se poser à proximité du rucher. Une fois que les abeilles formeront une grosse boule autour de la reine, vous pourrez récupérer l'essaim.

Essaim accroché à une chaise et remis en ruchette. © Christophe Pace, CC by-nc 2.0

Pour ce faire, revêtez votre habit d'apiculteur, même si les abeilles en partance sont gorgées de miel et non agressives, inutile de se faire piquer. Étalez un drap sous l'essaim afin de pouvoir récupérer la reine au cas où... Aspergez légèrement l'essaim d'eau afin que le vol soit plus difficile. Prenez un panier, un carton, une boîte qu'il faudra glisser sous l'essaim et, si ce dernier est posé sur une branche, secouez la branche d'un mouvement vif afin de le faire tomber dans le récipient. Ensuite, mettez votre récipient à l'envers sur trois morceaux de bois ou tasseaux et attendez que les abeilles rentrent dedans.

Si vous vous apercevez que les abeilles ne rentrent pas mais retournent sur la branche, c'est que la reine y est restée posée et qu'il faut recommencer l'opération. Quand l'essaim est difficile à récupérer, il faut le guider dans le récipient à l'aide de l'enfumoir.

Récupération d’un essaim. © Christophe Pace, CC by-nc 2.0

Une fois l'essaim récupéré, il sera transvasé dans une ruchette, nourri et traité contre le Varroa. Attention : on parle de « fièvre d'essaimage » car la colonie est atteinte d'une véritable fièvre ; si vous devez transporter l'essaim, il faut une ruchette très bien aérée sinon vous risquez de perdre la colonie. Pour faire retomber la fièvre, il peut être utile de mettre la ruche dans une cave au frais durant un jour ou deux.

L'été et les risques d'essaimage

En juin-juillet, les colonies deviennent très importantes. Les risques d'essaimage diminuent, les abeilles constituent leurs réserves de miel. Il est nécessaire pour les colonies de disposer d'eau à proximité de façon à réguler la température de la ruche.

C'est le moment de récupérer les hausses, de récolter le miel puis de traiter. Il faut commencer à préparer la colonie pour l'hivernage, regrouper les colonies faibles avec les colonies fortes. Stimulez la ponte de la reine en nourrissant la colonie avec du sirop en petites quantités régulières, de façon à ce que les colonies soient fortes pour passer l'hiver. Vérifiez que les réserves de miel soient suffisantes et apportez un complément de nourriture si nécessaire en fournissant du sirop en plus grande quantité.

Abeilles battant le rappel. © Sylvie Nomblot, DR

La ruche en automne

En automne, terminez le nourrissement. Pour un bon hivernage, la colonie doit disposer de 18 kg de miel. Si tel n'est pas le cas, il faut nourrir la colonie avec du miel, du candi, du sirop mais il ne faut pas donner ce dernier trop tard en saison car cela fatigue les abeilles qui doivent le pomper, en faire partir l'humidité et le stocker.

Préparez la colonie pour l'hiver. Réduisez les entrées. Protégez les ruches des pics-verts en les entourant de plastique bulles ou de polystyrène. Coupez les branches des arbres qui risqueraient de tomber sur les ruches lors d'un grand vent et entretenez les abords du rucher.

En hiver, la colonie d'abeilles forme une boule

En hiver, il faut laisser la colonie tranquille et éventuellement profiter d'une belle journée pour déposer un pain de candi dans le nourrisseur. La colonie, pour se réchauffer, va former une boule. Quand les abeilles situées à l'extérieur de la grappe seront transies de froid, elles seront poussées vers l'intérieur pour se réchauffer.

La reine diminue considérablement sa ponte. Le couvain devient inexistant. La colonie vie au ralenti, sa seule préoccupation étant de se nourrir afin d'avoir l'énergie nécessaire pour maintenir la température de la grappe. L'hiver, il ne faut pas déranger les abeilles et risquer de casser la cohésion de la grappe.

Ruche en hiver. © Sylvie Nomblot, DR

Tout dérangement provoque un surcroît de consommation de nourriture. L'apiculteur doit juste protéger les ruches des intempéries et des prédateurs mais laisser les colonies tranquilles, ne pas toucher à la ruche, maintenir le calme et la tranquillité de l'environnement de façon à ce que les abeilles puissent hiverner convenablement.

Ruches en hiver. © Bernard Nomblot, DR

Dès que les températures le permettent (11, 12 °C), on verra les abeilles sortir parfois en grand nombre pour aller se soulager, car l'abeille ne souille pas la ruche : elle attend le moment propice. Peu à peu, la reine reprendra sa ponte et, dès la fin février, la colonie sera prête pour reprendre sa vie laborieuse au printemps.