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Le commerce du diamant : carats, certifications, marquage…

Dossier - Les diamants, rares et envoûtants
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Le diamant, qui nous est offert par la Terre, fascine l'Homme depuis des milliers d’années. Sa formule chimique est aussi simple que possible, pourtant cette pierre transparente, colorée et mythique est pourvue de propriétés exceptionnelles…

  
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Découvrez tout du commerce du diamant dans cette page qui explique notamment ce que signifie le terme « carat », quelles sont les méthodes de marquage et les certifications en place pour lutter contre le trafic de diamants.

Entrez dans le monde du commerce du diamant. © WavebreakMediaMicro, Fotolia

Voici d'abord quelques informations pour mieux connaître le diamant :

  • 1 carat = 0,20 g.
  • Il faut 3 tonnes de minerai pour 1 carat.
  • Il faut 250 tonnes pour produire un 1 carat de diamant de joaillerie, taillé.
  • En 1996, la teneur des mines De Beers variait de 3,7 carats pour 100 tonnes, en Namibie, à 140 carats pour 100 tonnes, au Botswana.
  • Le Diamant du Centenaire (1986, Afrique du Sud) était de 599 carats avant taille, 273 carats après. On est loin de Cullinan !
  • Par souci disons d'économie, on retraite une fois les stériles : il reste toujours quelque chose ! À Kimberley, 577.000 tonnes de rejets d'une teneur de 8,5 carats pour 100 tonnes ont donné, en 1995, 48.935 carats... cela fait tout de même un carat pour 10 tonnes !
  • 350 tonnes : c'est la masse totale des diamants extraits dans le monde depuis les origines (estimation).
  • Argyle (en Australie), la plus importante mine de diamant au monde, a produit 40 millions de carats en 1995. Les diamants y sont colorés (champagne, cognac, rose).

Commerce du diamant

Durant le XVIe siècle, Anvers est une ville en plein essor et ses tailleurs se perfectionnent à la technique de taille. François 1er aurait fait appel aux artisans d'Anvers, qui était le cœur commercial de l'Europe avec 40 % du commerce mondial qui passait par l'Escaut.

Au début du XVIIIe siècle, Amsterdam est le nouveau centre. Ville des libertés religieuses, aimant pour protestants persécutés et victimes de l'Inquisition, Amsterdam ravitaille donc Anvers en diamants bruts, et De Beers a le monopole mondial...

Mines De Beers en Afrique du Sud. © De Beers

La société De Beers

La société De Beers Consolidated Mines Limited (Afrique du Sud) est constituée par les activités sud-africaines et De Beers Centenary AG (Suisse) coiffe les activités non sud-africaines. Ceci est dû au boycott de l'Afrique du Sud par la communauté internationale, et les Suisses étant neutres. De Beers détient 38,4 % dans Anglo American, qui elle-même détient 32 % de De Beers et donc dans l'exploitation d'or, de platine, de cuivre, d'uranium, de houille.

  • Production de diamants naturels dans 14 mines : 28,4 millions de carats, en 1996.
  • Commercialisation par la filiale Central Selling Organization qui contrôle le marché de 60 % de la production mondiale.
  • Production de diamants industriels Debid, une autre filiale.

Utilisations :

  • moitié dans l'industrie, diamants polycristallins et impurs (carbonados et borts) sont préférés car moins fragiles ;
  • moitié en joaillerie.

Sources : Société française de chimie.

Un accord est fixé entre Alrosa (Russie) et De Beers dans le diamant. Le texte qui suit est un article de E. Studer, 2006, sur Blog finance.

« La Commission européenne a validé mercredi pour trois ans l'accord de distribution entre les géants du diamant De Beers et Alrosa, tout en obligeant le sud-africain De Beers à réduire progressivement d'ici à 2009 le volume de ses achats de diamants bruts à Alrosa, producteur exclusif de diamants bruts en Russie et deuxième fournisseur mondial.

En 2002, la société publique avait signé un contrat avec De Beers, société contrôlant plus de la moitié de l'offre mondiale. Selon cet accord, Alrosa acceptait de vendre à De Beers des diamants bruts pour une valeur de 800 millions de dollars par an, liberté étant laissée à De Beers pour les mettre ensuite sur le marché. Ces transactions représentaient environ la moitié de la production annuelle de la société russe. Un tiers indépendant sera chargé de contrôler le respect des nouvelles exigences.

Le commerce du diamant peut pour la première fois dans son histoire, s'effectuer dans des conditions de réelle concurrence, considère l'UE. [...]

Selon, la commissaire européenne à la Concurrence, la domination historique de De Beers sur le marché peut aujourd'hui être effectivement remise en question par l'action de son principal concurrent, Alrosa, qui représente une autre source d'approvisionnement viable en diamants bruts. »

Le marquage

Inventée (aux environs de 1960) par Raymond Castaing et Georges Slodzian, la microscopie ionique a connu un développement spectaculaire en physique des solides, en géologie et en métallurgie. Elle est même devenue un outil incontournable à l'étude des semi-conducteurs.

Le principe de base peut se résumer comme suit : arracher des fragments à la matière, on peut ensuite, éventuellement, analyser ces fragments, mais ce n'est pas l'objectif ici. Dans le cas du marquage la matière est enlevée selon un « dessin » précis qui peut raconter toute l'histoire du diamant.

Concrètement, un faisceau d'ions bombarde un échantillon. Sous le choc, des fragments de matière sont arrachés au diamant. La collision des ions primaires avec l'échantillon entraîne la rupture des liaisons chimiques qui maintiennent la cohésion de la matière, libérant des atomes et des combinaisons d'atomes. Le volume « arraché » au diamant est de 10-18 à 10-20 litre sur quelques nanomètres, soit deux ou trois couches atomiques de l'échantillon.

Toute la précision dépend de la taille de la micro-sonde qui balaye l'échantillon. Contrairement à ce que l'on pourrait croire ce marquage est très rapide, et peut être très complet : origine, histoire, joaillier etc.

Il existe aussi des méthodes de marquage par matrices laser.

Le trafic de diamants et les conflits en Angola et Sierra Leone

Les diamants de la guerre (d'après l'ONU et l'Unicef).

En décembre 2000, l'Assemblée générale des Nations Unies adopte une résolution sur les « diamants de la guerre ». À cette occasion, l'Assemblée a reconnu que le trafic de diamants contribuait de façon déterminante à prolonger des conflits dans certaines régions d'Afrique, tout en soulignant que le commerce de diamants provenant de sources légitimes concourait à la prospérité et au développement dans d'autres parties du continent. En Angola les diamants provenant des zones de conflit servent toujours à financer l'União Nacional para a Independência Total de Angola (Unita).

En Sierra Leone, c'est le Revolutionary United Front (RUF). Ces diamants proviennent de zones contrôlées par des forces ou factions opposées aux gouvernements légitimes et reconnus et sont utilisés pour financer des actions militaires contre ces gouvernements, en contradiction avec les décisions du Conseil de sécurité.

Un système de certificats d'origine bien conçu peut être un moyen efficace de veiller à ce que seuls les diamants provenant de sources soient vendus sur le marché. Pour qu'un tel système fonctionne, il faut que les États membres et l'industrie du diamant s'engagent à harmoniser les certificats, à assurer la transparence, le contrôle et le suivi et à adopter de nouvelles dispositions à l'encontre des contrevenants.

Le financement des conflits

Les rebelles se servent de réserves cachées de diamants bruts pour financer des achats d'armes et d'autres activités illicites. Le trajet de ce commerce est toujours compliqué et une fois sur le marché, l'origine est difficile à détecter et, dès qu'ils sont polis, ils ne peuvent plus être identifiés. Qui doit prendre des mesures ?

Les gouvernements, les marchands de diamants, les institutions financières, les fabricants d'armes, les services sociaux et éducatifs et d'autres acteurs de la société civile doivent conjuguer leurs efforts, exiger la stricte application des sanctions. Les atrocités de Sierra Leone et la souffrance de la population angolaise ont sensibilisé la communauté internationale à la nécessité de supprimer les sources de financement des mouvements rebelles pour promouvoir une paix durable dans ces pays ; il ne faut pas manquer cette occasion.

Face à cette situation, l'industrie internationale du diamant a pris des mesures, au Congrès mondial du diamant, à Anvers le 19 juillet 2000. De même, à l'initiative des pays africains producteurs de diamants, un processus de consultations ouvertes gouvernements - industrie - société civile, dit processus de Kimberley, a été lancé à l'échelle mondiale dans le but d'apporter une réponse efficace au problème des diamants provenant des zones de conflit.

Sanctions de l'ONU

Des sanctions ciblées ont été appliquées par l'ONU :

  • À l'encontre de l'Unita : embargo sur la fourniture d'armes et de pétrole, et résolutions 1173 du 12 juin 1998 et la résolution 1176 du 24 juin 1998, interdisant l'importation directe ou indirecte, sur le territoire de tous les États, de tous diamants provenant d'Angola qui ne sont pas assujettis au régime du certificat d'origine établi par le Gouvernement de l'Angola et imposant des sanctions financières à l'UNITA... Par la résolution 1336 (2001), le Conseil de sécurité a prorogé le mandat de l'Instance de surveillance pour une période de trois mois encore.

  • En Sierra Leone : dans la résolution 1270 du 22 octobre 1999, le Conseil de sécurité a créé la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (Minusil), chargée de contribuer à l'établissement de conditions propices à la mise en œuvre de l'Accord de paix de Lomé, entre le Gouvernement de la Sierra Leone et le Revolutionary United Front. Des préoccupations apparurent et le Conseil a adopté les mêmes résolutions que pour l'Angola.

  • Des sanctions du même ordre ont été décidées pour le Libéria, mais elles n'ont pas encore pris effet. Le rapport du Groupe d'experts sur la Sierra Leone a révélé que le commerce illicite de diamants en provenance de Sierra Leone ne pouvait avoir lieu sans l'autorisation et la participation de fonctionnaires libériens très haut placés et que le Gouvernement du Libéria appuyait activement le RUF aux niveaux les plus élevés, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1343 du 7 mars 2001dans le même sens encore.

Certification des diamants et processus de Kimberley

Le Processus de Kimberley, c'est l'élaboration d'un programme international de certification (sources : ressources naturelles du canada). Le processus de Kimberley constitue la principale initiative internationale d'élaboration de mesures pratiques pour s'attaquer au problème. Le groupe comprendre 44 pays producteurs, transformateurs, importateurs et exportateurs de diamants bruts, ce qui constitue 98 % de la production et du commerce mondiaux des diamants bruts.

Le processus de Kimberley. © DR

Le projet de programme international de certification comprend plusieurs engagements clés, y compris des restrictions commerciales avec des pays qui ne participent pas au programme.