Commerce équitable : le café de Bolivie

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Max Havelaar vous propose de partir à la rencontre de quelques-uns des 8000 producteurs de café qui bénéficient du commerce équitable dans les Yungas, en Bolivie. Les yungas sont un ensemble de régions d'Amérique du Sud située sur le rebord oriental de la Cordillère des Andes entre l'Equateur et l' Argentine, situées entre 600 et 2500 mètres d'altitude, bien arrosées souvent baignées de brouillard et couvertes à l'origine par une forêt humide très dense et d'une biodiversité souvent surprenante.

  
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Max Havelaar vous propose de partir à la rencontre de quelques-uns des 8000 producteurs de café qui bénéficient du commerce équitable dans les Yungas, en Bolivie. Les yungas sont un ensemble de régions d'Amérique du Sud située sur le rebord oriental de la Cordillère des Andes entre l'Equateur et l'Argentine, situées entre 600 et 2500 mètres d'altitude, bien arrosées souvent baignées de brouillard et couvertes à l'origine par une forêt humide très dense et d'une biodiversité souvent surprenante...

Les routes en Bolivie sont parfois très dangereuses. © Alex Proimos, Wikimedia commons, CC by 2.0

On peut voir la Bolivie comme une pente vertigineuse. En haut, l'Altiplano pointe vers les 4000 mètres. On y a le souffle court. Au Nord-est commence à s'étaler au niveau de la mer la forêt amazonienne. On y étouffe.

Les Yungas : Vue des sommets des Andes, sur la route La Paz-Coroico, en Bolivie, dite l'une des plus dangereuse du monde, notamment en raison des ravins qui la bordent.

Les Yungas sont une région tropicale où les Andes plongent dans l'Amazonie. Tout y pousse. Depuis quelques décennies, des milliers de paysans des hauts plateaux arides sont venus s'y établir. Pourtant, dans cette zone enclavée, il est bien difficile pour eux de vendre leur production. Trop souvent encore, ils luttent pour survivre. Pendant une quarantaine d'années, des milliers d'entre eux ont descendu les pentes pour venir défricher ces terres aussi généreuses qu'enclavées. Campesino, dans les Andes, c'est un statut socio-professionnel, le paysan, mais aussi une ethnie, ici le plus souvent aymara. Pour les citadins, ces gens-là sont des indigènes à l'espagnol approximatif, à la religiosité douteuse et à l'éducation grossière.

Installé sur son coin de montagne, chaque colon cultive donc ce qu'il peut arriver à vendre. Mais là est tout le problème. Il fait des agrumes, mais c'est peu rémunérateur. Il fait de la coca, mais c'est à peu près illégal et ça détruit les sols. Il fait de l'achiote, un colorant alimentaire naturel, mais les débouchés sont rares. Il fait du café, mais les cours sont tellement fluctuants.

En une douzaine d'années, le commerce équitable combiné avec le projet d'appui au développement Forcafe ont initié en Bolivie une véritable dynamique qui a révolutionné la vie de près de 8 000 familles. Pour elles, ceci a eu trois effets essentiels :

Sortie d'école dans la zone d'une coopérative certifiée Max Havelaar près de Caranavi, dans les Yungas. Grâce au commerce équitable, les producteurs de café ont vu leur revenu passer de 400 euros en moyenne à 2200 euros. Le plus souvent, l'un des premiers investissements qu'ils font avec ce surplus est de financer des études pour leurs enfants . © Max Haaveler - Photo Bruno Fert - Tous droits réservés
  • passer du stade de la survie à l'investissement dans l'avenir : avec un revenu meilleur et plus stable, les producteurs ne se demandent plus comment ils mangeront demain. Ils imaginent comment ils vont investir pour l'avenir ;
  • retrouver la fierté du travail et l'attachement au produit : le café gagne en qualité et en prix. Revalorisé, le travail devient valorisant. Les jeunes ne sont plus tentés par l'émigration et reprennent les exploitations de leurs parents ; 
  • être capables de s'unir en des organisations fortes, démocratiques et transparentes : les producteurs ne vendent plus à un intermédiaire qui fixe ses prix. Ils s'organisent en des coopératives bien gérées. Ainsi, ils peuvent investir collectivement pour avoir de meilleurs bénéfices ou pour équiper leur village.

Trois aspects qui créent les conditions d’un véritable développement durable.

Entre les deux déboulent à flanc de falaise de minces chemins vicinaux à pic fréquentés jour et nuit par des cohortes de camions mal équilibrés et d'autocars surpeuplés. Dans les dernières décennies, c'est par là que la route des Yungas a ouvert la voie à la colonisation d'espaces d'altitude semi tropicaux. Des étendues de terres à la verticale, difficiles d'accès, mais ô combien plus fertiles que la caillasse de l'altiplano où depuis des siècles, des paysans survivent en cherchant à faire pousser des patates et du quinoa.