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De magnifiques paysages composent la Région avec ses moulins typiques, ses rues pavées, ses immenses plages de la Côte d'Opale, sa campagne, son architecture flamande. Le Nord-Pas de Calais est une Région où il fait bon vivre et où l'enseignement est de qualité.

  
DossiersGéographie physique de la région Nord - Pas de Calais
 

 A - Visages naturels

La région n'est ni grande, ni spectaculaire. Tout ou presque y est douceur, mesure, sauf quand « l'homo amenagensis » intervient... Ici, pas de canyons ni de fjords, mais pas d'uniformité triste non plus. La tradition persiste dans le Nord-Pas de Calais : on y est d'abord d'un petit pays, de son village, de sa Flandre avant d'être d'un département. La civilisation d'Europe du Nord n'est pas loin où l'on est de sa région, de son « land » avant d'être norvégien, allemand ou hollandais. Classer les petites patries en unités naturelles ou historiques n'est pas chose facile tant la mosaïque est subtile et vivante. Néanmoins, le relief peut servir de guide pour reconnaître facilement de grands types de paysages.

  •  Le Haut Pays

Avesnois et Thiérache sont les contreforts du massif ardennais. Leur relief est plus vigoureux, comme plus jeune. Ils sont constitués de plateaux très boisés et de vallées en "V" qui serpentent vers le Nord, vers la vallée de la Sambre. Ensuite le plateau perd de l'altitude jusqu'à l'Escaut, passant de 100 à 30 m dans le Hainaut. Cette différence de niveau explique que les deux vallées ne se sont jamais rejointes.

Le pays de la craie, c'est d'abord une vaste plaine aux ondulations à peine perceptibles, engluées dans des limons fertiles : le Cambrésis. Puis c'est l'Artois, du seuil de Bapaume, point de passage vers le Bassin parisien, au majestueux Cap Blanc-Nez dont la falaise est la cicatrice toujours fraîche de l'effondrement récent du détroit du Pas-de-Calais. On peut comparer ce pays de la craie à une vague prête à déferler vers le Nord, sur le Bas Pays : elle s'interrompt brutalement selon la ligne de crête de l'Artois (St-Omer, Thérouanne, Aire, Lillers, Bruay, Lens, Arras). Ces villes correspondent à des implantations anciennes liées à l'eau, à la facilité de communication, à la situation de contact entre deux civilisations agricoles, etc.

  • Le Boulonnais

C'est une échancrure nette dans la craie. Un ancien bombement, une boutonnière qui a été éventrée et creusée par l'érosion, révélant la diversité des couches géologiques plus anciennes (calcaires du Gris-Nez, «marbres» de Marquise, grès et schistes, etc.).
Son orientation permet de suivre son tracé sous la mer jusqu'au sud-est de l'Angleterre.

  • Le Bas Pays

C'est ici que commence la plaine, mais aussi le puzzle le plus étonnant des petits pays reconnaissables à un détail géologique ou un accident mineur du relief. Trois types de paysages s'y distinguent :

les plaines de craie, parfois dépourvues de limons comme celle de Lens, qui ont toujours été le point de passage obligé des invasions et des lignes commerciales ;
les plaines fluviales (Scarpe, Lys), anciennes zones déprimées où les rivières rendues paresseuses par l'absence de relief ont divagué et déposé leurs alluvions;
les plaines argileuses (40 à 50 mètres de hauteur) surmontées de buttes qui prennent un relief particulier sur une étendue sans aspérité (Monts de Flandre, Mons-en-Pévèle).

  • Les plaines maritimes

Ces vastes espaces nus ne sont gagnés sur la mer que depuis quelques siècles et restent en partie inondables. C'est la plaine la plus plate de l'Europe du Nord, le littoral le plus bas qui se poursuit jusqu'aux polders néerlandais. Les sables, déposés lors des transgressions marines sur parfois 30 mètres d'épaisseur, sont appelés pissards, car gorgés d'eau. Une mince croûte d'argile (1 ou 2 mètres d'épaisseur) les enrobe.

L'eau y est donc un ennemi avec lequel il faut composer et le moindre accident prend des proportions importantes. Ainsi, la région d'Ardres, dépourvue de couche d'argile, est devenue un marais. Les Moëres, une dépression située au-dessous du niveau de la mer, nécessitent encore aujourd'hui une activité de pompage. Les Bas-Champs, au sud du Boulonnais, sont parsemés de falaises mortes et de dunes-fossiles, témoins d'anciens rivages.

 B - Modelages Humains

Evoquer des espaces naturels dans le Nord-Pas de Calais peut faire sourire tant le travail humain a façonné, voire fabriqué cette terreIl n'est plus vraiment possible de dissocier nature et cultures, terres en friche, haies, petis bois, ruisseaux, becques, etc. Mais même si le bassin minier a marqué de façon indélébile le visage de la région, même si certaines rivières coulent désormais à l'envers, la diversité naturelle a continué d'imposer ses contraintes. Les « délaissés » du progrès (ou ses enfants, comme les terrils ou les marais) représentent seulement 8 % du territoire, véritables niches dont certaines ont acquis une réputation internationale.

  • La côte

Le littoral est en quelque sorte la dernière grande réserve naturelle régionale, une longue bande de 140 km interrompue par de grosses agglomérations et leurs zones industrielles, mais d'une grande variété et originalité. Dunes et falaises s'y succèdent très rapidement, ponctuées d'estuaires.

Ceux-ci constituent des milieux tout à fait particuliers. Ce sont des zones fragiles où le travail humain est continu. Les deux cas de recul les plus menaçants sont Berck (baie d'Authie) et Camiers (baie de Canche).
Le cordon de dunes récentes qui s'est formé constitue l'un des rares vrais «espaces naturels» régionaux. Ces sables très mobiles doivent être fixés par des plantes (oyats par exemple) au risque d'une catastrophe comme celle de Zuydcoote, engloutie une nuit de 1777.

  • L'eau

Elle crée également des espaces difficilement exploitables par l'homme et donc relativement épargnés. Ainsi, les marais de la Scarpe ou de l'Audomarois constituent des biotopes remarquables. Les étangs, et leurs roselières, peuvent être d'origine ancienne (l'exploitation de la tourbe a laissé des cuvettes maintenant inondées), récente (les affaissements miniers), ou ils peuvent être artificiellement provoqués et entretenus (lacs de retenue, bassins de décantation, lagunage). Les zones humides représentent 0,88% du territoire (30% il y a 10 siècles).

  • La terre

La région est caractérisée par un taux forestier réel très bas (moins de 8% du territoire). Les massifs vraiment importants sont rares : partie orientale de l'Avesnois qui se rattache à l'Ardenne belge, Saint-Amand, Nieppe. Certains versants connaissent une certaine continuité boisée dans le Boulonnais, le Pays de Licques ou le sud du Pévèle. Le sol, malgré une exploitation intensive, a toujours pu se renouveler. La végétation potentielle naturelle de la région est toujours la forêt (hêtres en Artois, chênes de diverses essences ailleurs) mais c'est la sylviculture qui régit la physionomie des massifs.


Quelques pelouses crayeuses subsistent pour témoigner d'un type très particulier de paysage (Boulonnais, Cambrésis, Artois).

Curieux revirement de l'histoire, les terrils sont devenus un refuge, une ressource naturelle. A titre de comparaison, les dunes de la région représentent 8 300 hectares tandis que les 240 terrils couvrent 2 300 ha, non compris les zones de marécages qui les jalonnent souvent. Ils sont désormais reconnus comme des zones privilégiées contribuant à l'enrichissement de la flore régionale. Pourtant, certains continuent à être utilisés comme gisements de matériaux de construction et donc vite transformés en ruine rougeâtre, impropre à la vie.

  • L'aménagement rural

Il participe à sa façon à la diversité des paysages. Ce sont par exemple les bocages de la Thiérache et du Boulonnais, les maraîchages de St-Omer, les riches cultures de blé ou de betteraves en Artois et en Cambrésis. Une ligne très ancienne organise également l'espace rural dans la région.

Au sud de Lille et en Artois commencent les «champagnes», la campagne peuplée de villages groupés, de fermes bâties autour de l'église et de l'alimentation en eau, séparés par de vastes espaces ouverts où les exploitations isolées sont l'exception.

Par contre, à l'ouest et au nord-ouest de Lille s'étale la campagne de fermes isolées (les hofstede de Flandre), dispersées, des champs ouverts, où les agglomérations regroupent services et administrations.

Ce système d'aménagement se poursuit dans l'ouest celtique de la Grande-Bretagne, et même en Amérique, colonisée en partie par des Anglais ou des Français originaires de l'ouest de la France. Traditions villageoises millénaires et schéma d'infrastructures rappellent une fois encore le rôle de frontière de la région.