• Une mer peu profonde

Mer du Nord et Manche fusionnent dans le détroit du Pas-de-Calais. Ce couloir étranglé à hauteur du cap Gris-Nez est une zone contrariée qui influence la force des courants, la direction des vaguesvagues, etc. La mer est peu profonde (maximum 64 m) : relief sous-marinsous-marin et mouvementsmouvements de l'eau sont très liés.

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Ainsi, des bancs de sablesable très importants, les "ridens", qui affleurent presque à maréemarée basse, s'étirent le long du rivage selon le mouvement du courant dominant. Ils constituent de véritables obstacles à la navigation depuis longtemps : Jean Bart et ses navires légers les utilisaient pour s'enfuir devant les bateaux anglais trop lourds. Une chance pour la région est que les plus importantes de ces vagues de sable soient stables et coupées par des chenaux qui permettent le passage des navires de fort tonnage jusqu'aux ports. Mais la navigation reste dangereuse : il faut faire appel à un pilote pour amener les cargos jusqu'aux quais de Dunkerque.

  • Marées et courants

La marée a lieu deux fois par jour. Elle est particulièrement sensible dans les baies et dans l'étranglement du détroit.

Le marnagemarnage (différence entre marée haute et marée basse) est de 8 mètres en moyenne à Boulogne contre 5,2 à Dunkerque. Les conséquences sont importantes : il faut des éclusesécluses pour protéger les ports des effets de marée ; la terreterre est toujours menacée en certaines zones ; mais aussi, les vastes estransestrans (espaces découverts à marée basse) ajoutent encore à l'immensité des plages de sable qui font le bonheur des chercheurs de crustacéscrustacés ou des amoureux du char à voile.

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La dérive des eaux vers la Mer du Nord s'allie à la marée pour créer des courants parallèles à la côte. En fait, le littoral est comme bordé par un fleuve salé qui avance en moyenne d'un mètre par jour vers le nord en plaquant les rejets des cours d'eau ou des concentrations urbaines et industrialo-portuaires vers la côte.

  • Attention danger

Les vagues ne peuvent avoir de fortes amplitudes : pendant les 3/4 de l'année, les creux ne dépassent pas 1,25 m. Quelquefois, pourtant, elles deviennent très dures, elles secouent lors des tempêtestempêtes atlantiques violentes, surtout quand la direction du ventvent s'oppose à celle des bancs de sable.

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Cette mer continentale, aux températures très modérées (5,5° en février, 18° en août sur la côte nord), grise de matièresmatières en suspension ou émeraude au Cap Blanc-Nez, souvent embrumée, rarement apaisée, reste pourtant l'une des mers les plus dangereuses et les plus fréquentées au monde. Plusieurs centaines de navires empruntent chaque jour les rails de navigation à sens unique larges de quelques kilomètres seulement et étroitement surveillés depuis le Cap Gris-Nez.

  • La pêche

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L'espace marin est également très poissonneux. La pêchepêche y reste active, tant au large que sur la frange littorale. Les épaves sont tellement nombreuses au fond qu'une faunefaune spécifique s'y est adaptée. À leur tour, certains pêcheurs ont développé des techniques de prise particulières. Les estrans importants fournissent eux aussi des ressources alimentaires, tant pour les hommes que pour les animaux, spécialement les oiseaux, migrateursmigrateurs ou non.

  • Mer et rivières

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À certaines époques où le niveau de la mer était beaucoup plus bas qu'aujourd'hui, les rivières avaient déjà dessiné l'Europe... Ainsi, les cours d'eau régionaux étaient soit des affluents de la Seine, soit des affluents du Rhin. Les lits creusés persistent, de même que les amas de sédimentssédiments déposés parfois très au large.

  • Actions de la côte sur la mer

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Les lieux de contact avec les cours d'eau et les concentrations portuaires produisent leurs effets sur l'eau de mer : elle se dessale mais s'enrichit de nutrimentsnutriments, matières en suspension et, bien sûr, polluants. Les courants en assurent une assez bonne dispersion mais une partie reste plaquée à la côte.

Les estuairesestuaires constituent des milieux fragiles : il y a érosion de leur rive nord - le « musoir » - et engraissement de leur rive sud - le « poulier ».

  • Actions de la mer sur la côte

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Le trait de la côte est en recul généralisé sur les 4/5 du littoral : la Flandre (- 30 mètres entre 1947 et 77) puis l'ensemble du rivage après Calais. Le cas le plus spectaculaire : la baie de Wissant, avec 220 mètres de recul de 1947 à 77. Par contre, la plaine entre Calais et Dunkerque engraisse plutôt. Le fond des baies et des ports est naturellement envasé : il faut draguer puis rejeter au large 50 000 tonnes de vase par an du port de Boulogne.