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De nouveaux risques sanitaires pour les plantes

Dossier - L'agriculture victime du réchauffement – en France
DossierClassé sous :Agriculture , Réchauffement , climatologie

Les agricultures française et européenne vont être fortement impactées par les multiples conséquences du réchauffement climatique. Ce dossier tente d’en détailler plusieurs, toutes fort préoccupantes. Continuer à se nourrir malgré le réchauffement va nécessiter d’immenses efforts dans les décennies qui viennent.

  
DossiersL'agriculture victime du réchauffement – en France
 

La combinaison de grosses chaleurs et d’humidité, beaucoup plus fréquente, provoque un développement important des maladies cryptogamiques ou fongiques (causées par des champignons parasites) : rouille, oïdium, tavelure, mildiou, gravelle, fusariose, etc. Ces maladies affectent gravement la vigne, la tomate, la pomme de terre, l’oignon, le blé, le maïs, etc.

Mildiou de la vigne. © Bauer Karl, Wikimedia commons, CC 3.0 Autriche

Des risques sanitaires pour les oliviers, pommiers, palmiers...

On a vu depuis 2014 que la production européenne d’huile d'olive (qui représente 73 % du total mondial), est extrêmement menacée par des attaques bactériennes, en particulier la Xylella fastisiosa surnommée la « lèpre des oliviers » et des insectes parasites favorisés par une succession d'étés chauds et humides. 

Philaenus spumarius (cercope des prés), considéré comme le principal vecteur de la souche CoDiRO de la bactérie Xylella fastidiosa. © Charles, J. Sharp, Wikimedia commons, CC 4.0

La carpocapse de la pomme passe de deux à trois générations par an dans le Sud-Est, la troisième génération étant rendue possible par l’augmentation de 25 % du nombre de jours où la température dépasse les 10 °C. Son ver a une fâcheuse propension à s’introduire dans les pommes pour aller manger ses pépins !

Carpocapses dont les chenilles se développent dans des fruits, notamment les pommes et les poires. © Joachim K. Löckener, Wikimedia commons, CC 3.0

De même, l’encre du chêne profite largement de la diminution du froid hivernal. La maladie de Lyme, dont on découvre qu’elle provoque des dégâts considérables dans la population, ne cesse de s’étendre avec la prolifération de la tique. 

Les insectes ont une répartition géographique généralement limitée par les températures basses l’hiver et plus hautes l’été. Pour les insectes natifs, une température élevée permet une croissance et un déplacement plus rapides, mais heureusement signifie aussi une vie plus courte. Mais, avec le réchauffement, ils peuvent non seulement proliférer dans leur aire initiale, mais en plus se propager vers le nord. Par exemple, depuis 1993, 31 espèces de ravageurs du palmier ont été recensées sur la côte méditerranéenne, en provenance de zones subtropicales.

Les espèces invasives, une menace pour la biodiversité locale

Ces espèces dites invasives causent de gros problèmes écologiques et économiques, car il n’existe en général aucun organisme capable de réguler leur population sur ce nouveau territoire.

Et ne parlons pas des risques de voir les invasions de criquets se répandre au nord de la Méditerranée, avec les désastres écologiques majeurs qu’ils provoquent, décrits dans le dossier précédent sur les pays tropicaux. L’histoire nous relate nombre d’invasions de ce type en Europe, et il n’y a pas de raisons que nous en soyons durablement épargnés.

Au total, ravageurs, pathogènes et adventices sont à l’origine de la perte de plus de 40 % des disponibilités vivrières mondiales. Cela ne devrait donc pas s’améliorer, y compris dans nos régions tempérées !