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Mutation ou disparition des forêts et autres plantations pérennes

Dossier - L'agriculture victime du réchauffement – en France
DossierClassé sous :Agriculture , Réchauffement , climatologie

Les agricultures française et européenne vont être fortement impactées par les multiples conséquences du réchauffement climatique. Ce dossier tente d’en détailler plusieurs, toutes fort préoccupantes. Continuer à se nourrir malgré le réchauffement va nécessiter d’immenses efforts dans les décennies qui viennent.

  
DossiersL'agriculture victime du réchauffement – en France
 

Les forêts françaises vont considérablement changer d’aspect au cours du XXIe siècle. Des arbres qu’on croyait durablement installés et emblématiques dans leurs régions, vont migrer vers le nord et l’est. Par exemple les hêtres du nord-est de la France, qui recouvrent actuellement le quart de la superficie de départements comme la Meuse, ne pourront tout simplement plus s’y maintenir. De même en Normandie (15 % du territoire).

Paysage forestier français. © Free-Photos, Pixabay, DP

Déplacement géographique d'espèces végétales...

En revanche, la végétation du Sud-Ouest (pin maritime, bruyère) remontera jusqu’à Reims, et celle du Sud-Est (chêne vert, olivier) jusqu’à Macon et Limoges !

Projection de la mutation des gros sujets (pins, chênes, châtaigniers, érables...) d'ici 2100 en France.

...voire disparition

Les palmiers du bassin méditerranéen, et en particulier de la Côte d’Azur, commencent à subir les attaques dévastatrices du charançon rouge tropical ; il n’est pas sûr qu’on continue à en trouver sur la Croisette à Cannes ni sur la Promenade des Anglais à Nice !

Charançon femelle rouge du palmier. © Didier Descouens, Wikimedia commons, CC by-sa 4.0

De même les platanes du Sud-Ouest ont le plus grand mal à résister au chancre coloré. On a commencé à les abattre par milliers le long du canal du Midi ! Ils y étaient pourtant depuis des siècles.

Le buis lui-même, qui ornait déjà les jardins « à la française » avant la Révolution, est carrément menacé par la pyrale.

La chenille processionnaire du pin qui cause de sévères dégâts aux résineux et des problèmes allergiques pour l’Homme ne cesse de remonter vers le nord : elle atteint désormais la Normandie et la région parisienne, mais aussi en altitude : elle a été observée à plus de 1.600 mètres dans le Parc national des Écrins.

Chenilles processionnaires. © Makamuki0, Pixabay, DP

Heureusement les plantes peuvent migrer pour ne pas disparaître. C’est évidemment plus compliqué pour les plantes permanentes que pour les annuelles, mais possible. La vigne par exemple est actuellement exploitée sur environ 1.500 kilomètres en dessous d’une ligne qui court en Europe de Vannes à Paris et Berlin.

Cette ligne remonte rapidement vers le nord ! © Bruno Parmentier

Il est maintenant clair que les viticulteurs siciliens ont du souci à se faire, et les Français vont avoir à s’adapter, par exemple en changeant leurs cépages ou leurs pratiques culturales, et vont voir le degré d’alcool de leurs vins augmenter. Ils vont également commencer à avoir de nouveaux concurrents au Danemark et en Angleterre !