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Comment les poules dominent le monde ? Réponse en 10 chiffres

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Avec le chien et le cochon, la poule fait partie des espèces animales qui n'ont plus quitté le destin de l'Homme depuis le Néolithique, après qu'il a découvert ses qualités de chair et de ponte. Ses capacités de reproduction et d'adaptation à des régimes alimentaires et à des environnements variés expliquent aussi pourquoi on retrouve de nos jours cette volaille sur tous les continents.

Femelle de poule sauvage Gallus gallus en Thaïlande, au plumage couleur saumon ou perdrix selon les sous-espèces. © JJ Harrison, Wikimedia Commons, cc by sa 3.0

1 unique espèce originelle

Une seule et même espèce sauvage de pouleGallus gallus, appelée coq doré, a donné naissance à de nombreuses races suite à sa domestication par l'Homme, probablement en Asie du Sud-Est, il y a 8.000 ans environ. Plus précisément, l'espèce originelle aurait conduit à cinq sous-espèces réparties entre la Chine, l'Inde, l'Indonésie, la Malaisie ou encore le Vietnam. En serait issue la sous-espèce Gallus gallus domesticus, certainement par hybridation avec d'autres sous-espèces disparues depuis. Des populations de poules domestiques remises en liberté, notamment à Hawaï et à la Réunion, prennent au fil des générations l'apparence des poules originelles, à savoir un robe sombre (phénomène de marronnage).

2 mues chez les espèces sauvages

Les coqs sauvages présentent une double mue alors que les coqs domestiques ou hybrides n'en font qu'une par an, un utile moyen pour les distinguer. À l'issue de la première mue, en août sous nos latitudes, les plumes du camail, c'est-à-dire de la tête et du cou, ainsi que les lancettes, situées juste avant la base de la queue à l'arrière des ailes, sont nettement plus longues, vivement colorées et se terminent en pointe. S'étalant sur trois mois à partir de juin, la seconde mue fait disparaître les caractères sexuels secondaires, remplacés par des plumes plus courtes, arrondies et plus sombres. La crête diminue légèrement et s'assombrit aussi.

2500 av. J.-C.

Les premiers individus auraient été introduits en France par des navires arrivés de Méditerranée, il y a 2500 av. J.-C., mais aussi lors des migrations celtes, à la même époque, à partir de l'est de la Gaule. Les sujets au plumage noir sont privilégiés sous l'Empire romain et pendant plusieurs siècles. À la fin du Moyen Âge, on note également l'arrivée en France des poules huppées en provenance d'Europe du Nord et de l'Est. L'importation de races asiatiques auXIXe siècle incite les éleveurs à des croisements pour augmenter la masse des animaux. L'élevage intensif depuis le XXe siècle provoque une raréfaction, voire une disparition de races indigènes au profit de races mixtes. Depuis les années 1980, certains éleveurs soucieux de conserver un patrimoine génétique et culturel avicole privilégient les races anciennes.

400 races de poule dans le monde

Poules de race pondeuse, à chair, d'ornement ou mixte : il existe plus de 200 grandes races de poules sur la planète de forme, de taille et de couleur diverses et autant de races naines. En France, on dénombre 45 races de poules de grande taille, dont l'Ardennaise considérée comme bonne pondeuse et de bonne chair, la Lyonnaise, au plumage frisé, ou encore la Marans aux œufs extra-roux. On compte aussi au moins 23 races de petite taille ayant un équivalent grande taille et portant parfois le curieux nom de Crèvecœur ou de Combattant du Nord. Deux races ne présentent pas d'équivalent en grande taille : la Pictave et la Javanaise.

Caractérisée par une silhouette puissante et un plumage abondant, la race de poule Faverolles est originaire de la commune du même nom, dans le département d'Eure-et-Loir. © Fernando de Sousa, Wikimedia Commons, cc by sa 2.0

65 % de maïs dans le bol alimentaire

L'alimentation quotidienne des poules contient jusqu'à 65 % de maïs, mais l'animal reste omnivore, un des nombreux arguments en faveur de sa sélection par l'être humain. Ainsi, en plus de consommer d'autres céréales (avoine, blé, millet, orge, riz, seigle, etc.), les poules se nourrissent d'oléagineux (colza, lin, tournesol, tourteaux de soja), de protéagineux (lentilles, lupin, pois), d'insectes, d'invertébrés (escargots, limaces, vers). Elles ont aussi besoin de minéraux, de petits cailloux pour broyer les aliments dans le gésier et d'eau.

4 grammes de calcium quotidiens

Environ 4 grammes de calcium par jour sont nécessaires à la formation de la coquille des œufs des poules. Aussi, elles doivent en consommer sous différents formes possibles comme de la pierre de chaux, de phosphate bicalcique, de coquilles d'huîtres ou d'autres mollusques. Des coquilles d'œufs pilées finement, puis mélangées à du blé ou du maïs - pour éviter que les poules ne mangent leurs œufs - fonctionne aussi. Donner des graines de lin aux poules enrichit leurs œufs en oméga 3.

300 œufs par an par poule

Adulte à cinq ou neuf mois, une poule commence à pondre environ un œuf par jour et plus précisément toutes les 26 heures en moyenne. Ainsi, de 100 à 300 œufs sont pondus par an et par individu, selon les races et l'âge. Pour obtenir un bon cheptel, il faut compter un coq pour six à dix poules. Après 19 à 21 jours de couvaison à 38-39 °C, les 8 à 12 œufs du nid éclosent. Les poussins sont élevés pendant un à trois mois, avant d'être rejetés par leur mère prête pour une nouvelle nichée. Les jeunes vivent alors en fratrie jusqu'à l'âge adulte.

10 ans de longévité en moyenne

Une poule peut vivre une dizaine d'années selon son état de santé, avec une record de trente ans. Chaque année, la poule diminue sa ponte de 20 à 30 % et sa ménopause survient vers 7 ou 9 ans, lorsque les ovocytes de son ovaire gauche, l'unique qu'elle possède, sont épuisés.

107 millions de tonnes produites

Près de 107 millions de tonnes de volaille sont produites chaque année dans le monde. Le Royaume-Uni reste le premier producteur européen en 2013, la France et l'Allemagne se disputant la place de second producteur devant l'Espagne. Plus précisément, en France, la production de poulet en 2013 s'élève à 1.189,5 milliers de tonnes (pour 1.872 milliers de tonnes de volailles), soit 5% de plus qu'en 2012. La consommation de poulet par habitant atteint 16,24 kg/an et se positionne largement en tête devant celle de canard (2,88 kg/an), de dinde (5,22 kg/an) et de pintade (0,50 kg/an).

52 milliards d'individus sur Terre

Selon l'Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) en 2009, la population mondiale de poules domine largement : 52 milliards de poules sont recensés, contre 2,6 milliards de canards, 1,3 milliard de porcs et 1,1 milliard de lapins. Loin derrière se placent les moutons (518 millions), les chèvres (398 millions) ou encore les vaches (293 millions). À titre de comparaison, l'espèce humaine comptait moins de 6,8 milliards d'individus à la même époque.

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