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Science décalée : les poules préfèrent rester sans amies

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Mieux vaut être seule que mal accompagnée. Voilà un adage semble-t-il cher à nos poules pondeuses, qui ne se montrent pas très sociables. Même en compagnie de congénères, elles restent indifférentes et ne cherchent pas à se faire des copines.

Les poules vivent en groupe, mais pourtant ne manifestent pas d'intérêt pour les autres membres de la troupe. Elles ne veulent pas se faire d'amies. © Linda N, Flickr, cc by 2.0

Drôle d'ambiance dans les poulaillers ! Bien que les caquètements incessants puissent laisser croire que les poules se plaisent à raconter leur vie à leurs semblables, il semble en réalité que ces oiseaux ne prêtent que peu d'intérêt à leur entourage. Pas un bisou du bout du bec ni une tape amicale en guise d'affection : c'est chacun pour soi.

Le contexte : les copains d’abord

Les conditions d'élevage de nos animaux domestiques sont souvent pointées du doigt, et les poules ne font pas figure d'exception. Regroupées par milliers dans des espaces hors sol, on les exploite pour les œufs qu'elles pondent. Mais, gourmands que nous sommes, nous en voulons toujours plus et les scientifiques se demandent comment augmenter la productivité de ces gallinacés.

En améliorant leur bien-être, pardi ! De nombreux animaux sont semblables à l'Homme au moins sur ce point : ils aiment être bien entourés. Tout comme nous préférons la compagnie de certains plutôt que d'autres pour partager notre quotidien, beaucoup de nos amies les bêtes s'associent avec quelques congénères pour tisser un lien social fort et durable. Des études ont montré que la présence d'autrui apaise, tandis que sa perte est source d'anxiété, preuve du lien particulier qui les unit.

La plupart des poules pondeuses vivent dans des conditions de grande promiscuité, ce qui peut nuire à leur bien-être. © Anna Strumillo, Fotopédia, cc by nc nd 3.0

Les poules domestiques descendent du coq doré Gallus gallus spadiceus, connu depuis 1991 pour ses femelles qui aiment passer du temps entre copines plutôt qu'avec le reste du groupe. Des chercheurs du Royal Veterinary College se sont demandé si le bien-être de nos poules pondeuses passait par la présence de camarades sur lesquels compter. Leur réponse, dévoilée dans Applied Animal Behaviour Science est sans appel : elles ne cherchent pas à se faire des amis.

L’étude : des poules qui n’aiment pas le contact

Pour aboutir à cette conclusion, les auteurs ont constitué 8 groupes de 15 poules pondeuses. Après les avoir laissées deux semaines entre elles pour s'accoutumer à ce nouvel espace et se familiariser avec les membres de leur troupe, des caméras ont filmé les gallinacés 8 semaines durant, un peu comme un jeu de téléréalité. L'objectif étant de comptabiliser le nombre de rapports sociaux entre individus et surtout leur durée. En effet, les animaux sociaux aiment rester plus longtemps avec les individus qu'ils préfèrent.

Excepté deux paires de poules qui semblaient manifester quelques affinités, et un duo qui faisait tout pour s'éviter, les scientifiques n'ont noté aucun signe laissant penser que leurs 120 cobayes cherchaient à se créer un réseau social. Nos poules d'élevage font paisiblement leur vie ensemble, mais ne se préoccupent guère de qui vient picorer à leurs côtés.

L’œil extérieur : la solitude, secret de la poule aux œufs d’or ?

De manière surprenante, ces gallinacés, dont les ancêtres devaient manifester une préférence sociale, ont perdu cette capacité au cours de leur domestication. À quel moment ? La question reste en suspens. Mais si en milieu sauvage la cohésion sociale est importante à l'échelle individuelle et collective, celle-ci perd peut-être son sens dans des batteries, où les animaux sont à l'étroit et se marchent dessus, étant même privés d'espace vital suffisant pour leurs besoins.

Le fait est que ce n'est pas en assemblant les poules par affinité que les éleveurs amélioreront le bien-être de leurs bêtes en espérant ainsi obtenir un meilleur rendement, synonyme de profit. D'autres pistes demandent donc à être suivies afin d'assurer plus de confort à ces oiseaux pondeurs.

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Pourquoi une rubrique Science décalée ? Cette chronique hebdomadaire a pour ambition de montrer que la science peut aussi être drôle et inattendue, et surtout qu’elle brasse vraiment tous les domaines possibles et imaginables. Ainsi, on peut faire du sérieux avec du farfelu, et de l’humour avec des sujets à priori peu risibles. Chaque semaine donc, nous sélectionnons l’info la plus étrange ou surprenante pour vous la faire partager le dimanche, entre le fromage et le dessert.