L'intoxication par le plombplomb, le saturnismesaturnisme, a des conséquences graves, surtout chez les enfants, et son traitement n'est pas facile.

Tuyaux et robinets anciens en plomb. © Wisawa222 - Fotolia

Tuyaux et robinets anciens en plomb. © Wisawa222 - Fotolia
Régions surveillées en France pour leur présence de plomb. © DR

Régions surveillées en France pour leur présence de plomb. © DR

Les efforts visant à réduire l'exposition au plomb semblent porter leurs fruits : la plombémie diminue chez les enfants et les adultes. À cet égard, ce sont les États-Unis qui ont le meilleur résultat, avec une baisse de 82 % en quinze ans, devant le Canada, l'Italie et la Suède.

Cette amélioration est due pour une grande part à l'abaissement de la teneur en plomb des carburants : d'où plus de 400 millions de dollars d'économie par an en soins de santé des enfants. Le plomb entraîne chez l'enfant une diminution du QI, de l'attention, de l'aptitude à l'apprentissage, l'hyperactivité, des troubles du comportement, de la croissance et de l'audition, des lésions cérébrales, rénales et génitales, et, à des concentrations plus élevées, un comacoma, des convulsionsconvulsions et la mort.

Baisse de plombémie dans les principaux pays. © Unicef

Baisse de plombémie dans les principaux pays. © Unicef

Les principales sources de plomb

  • L'essence au plomb
  • La peinture 
  • Les canalisations d'eau
  • Les souduressoudures de boîtes de conserve
  • Les revêtements de céramique 
  • Les cosmétiques 
  • Certains « médicaments » 
  • Des accumulateurs 
  • Des batteries au plomb 
  • Des émissionsémissions industrielles

Les autorités médicales ont réduit le niveau de plombémie acceptable, et les pays ont pris des mesures.

Le plomb au travail

L'exposition régulière au plomb peut entraîner des problèmes de santé : le saturnisme. L'exposition au plomb est donc soumise à réglementation. Le saturnisme est une maladie connue depuis longtemps.

La consommation française s'est élevée à 255.000 tonnes en 2004.

Nombre de cas de saturnisme en France depuis 1986. © CNAMTS d’après un article de l’INRS

Nombre de cas de saturnisme en France depuis 1986. © CNAMTS d’après un article de l’INRS

Les principaux secteurs concernés sont :

  • le bâtiment par les peintures et canalisationscanalisations ;
  • l'industrie avec la découpe ou le sablage de peintures anticorrosion, la fabrication et le recyclagerecyclage de batteries, la fabrication carreaux de céramiquecéramique, les fonderies d'alliagesalliages de cuivrecuivre, le recyclage de produits électroniques, la fabrication de verresverres spéciaux et de cristal, la fabrication de peintures, la plasturgieplasturgie ;
  • l'artisanat avec les travaux de couverture poterie, la fonderie d'art, la joaillerie.

L'INRS et les laboratoires régionaux ont procédé, depuis 1987, à près de 15.000 prélèvements d'airair sur des lieux de travail afin d'évaluer l'exposition au plomb. L'analyse de ces résultats fournit une estimation des niveaux d'exposition par branche d'activité, secteur d'activité et poste de travail.

Pour en savoir plus, consultez le document INRS suivant : 

- VINCENT R. ; JEANDEL B. Exposition professionnelle au plomb. Analyse des résultats archivés dans la base de donnéesbase de données COLCHIC. ND 2169. 2002 Extrait d'un document INRS.

Le plomb peut pénétrer par le neznez (poussières, fumées) ou la bouche (mains sales, aliments souillés). En revanche, il ne passe pas à travers la peau. Il s'accumule dans l'organisme, les os, où il peut rester plusieurs dizaines d'années. Il s'élimine très lentement.

Les effets du plomb

  • Au niveau du système nerveux : troubles de l'humeur et de la mémoire, détérioration des capacités intellectuelles, atteinte des nerfsnerfs moteurs périphériques ;
  • Au niveau des reinsreins : perturbation des fonctions d'élimination, insuffisance rénaleinsuffisance rénale chronique ;
  • Au niveau du sang : diminution du nombre de globules rougesglobules rouges (anémieanémie) ;
  • Au niveau du système digestif : coliquescoliques de plomb (douleursdouleurs abdominales) ;
  • Autres : hépatiques, endocriniensendocriniens ;
  • Au niveau de la reproduction : grossessegrossesse (avortementavortement, accouchementaccouchement prématuré...) ou altération de la production des spermatozoïdesspermatozoïdes. Une mère ayant une forte quantité de plomb dans l'organisme va en transmettre à son enfant durant la grossesse puis par l'allaitement, ce qui peut entraîner des conséquences chez l'enfant.

Le potentiel cancérogènecancérogène du plomb est source de débats.

La prévention contre les dangers du plomb

L'article R.231-58 du Code du travail prévoit une valeur limite pour le plomb métallique et ses composés. Les dispositions des articles R.231-58-4, R.231-58-5, et R.231-58-6 du Code du travail fixent des dispositions spécifiques au plomb. Des mesures de lutte contre le saturnisme ont été prévues dans le Code de la santé publique. Le saturnisme peut être reconnu comme une maladie professionnelle. La réglementation continue à évoluer.

La démarche la plus efficace de préventionprévention consiste à :

  • remplacer les produits contenant du plomb par d'autres ;
  • mettre en évidence et caractériser l'exposition ;
  • empêcher l'inhalationinhalation de plomb (aérosolsaérosols et poussières) ;
  • empêcher l'ingestioningestion de plomb (mains, eau ou nourriture souillées) ;
  • respecter des règles d'hygiène strictes : interdiction de boire, manger, fumer sur les lieux de travail, lavage des mains et du visage avant les repas, douche après le travail, changement de vêtements après le travail.

Il existe des organismes agréés par le ministère chargé du Travail pour effectuer les contrôles. Pour en savoir plus, voir les divers documents INRS, les différents documents des ministères et les documents spécifiques aux catégories professionnelles « Saturnisme : le dépister et le prévenir » (ministère chargé de la Santé/France).