L'immense tache solaire sur la photosphère du Soleil, fin mars 2001. © Nasa, ESA, Soho
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Le Soleil et le ciel il y a 20 ans quand Futura est né

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Futura a 20 ans aujourd'hui ! Comme il s'en est passé des choses ces vingt dernières années dans le monde, bien des changements et des découvertes majeures, que nous vous proposons, par ailleurs, de revisiter à travers la chronique de l'été RétroFutura. Mais, côté astronomie, comment était le ciel de cette nuit du 1er juillet 2001 où le site est né ? Comment était notre Soleil ce jour-là ? Et cette année-là ?

Le visage de la Terre vu de l'espace a bien changé en deux décennies. Comme le montrent Google Earth et d'autres applications qui comparent une même région vue du ciel à intervalle de 20 ou 30 ans, des glaciers ont disparu, la mer a monté, des forêts ont brûlé, des vallées ont été éventrées par des inondations pendant qu'ailleurs des espaces naturels ont été engloutis par le béton...

En revanche, côté ciel nocturne, on ne peut pas en dire autant : il y a eu très peu de changements apparents en 20 ans et c'est bien normal. Les constellations sont toujours là, avec la même forme et les mêmes noms, et aucune étoile ne manque à l'appel, même si la question s'était un temps posée au sujet de la rouge Bételgeuse (Orion), dont l'éclat avait sensiblement baissé. Aujourd'hui, on sait pourquoi.

La sphère des fixes, comme l'ont nommé les Anciens, semble bien porter son nom. Semble... car en réalité, le Soleil et tout le Système solaire ont bougé depuis dans la galaxie, à l'instar de toutes les autres étoiles. Mais comme les distances sont immenses, 20 années ne suffisent pas pour qu'on s'en rende compte par nos propres yeux (c'est possible, mais en menant des observations précises avec un télescope).

Les planètes, quant à elles, bougent naturellement, emportées par leurs danses autour du Soleil. Ce sont les « étoiles vagabondes » (Asteres planetes) nommées par les Grecs. Et comme on peut s'y attendre, leur position la nuit du 1er juillet 2001 n'a rien à voir avec celle du 1er juillet 2021. Voyons ce qu'il en était.

Mars était visible près de sa rivale Antarès (étoile la plus brillante du Scorpion) à la tombée de la nuit, le 1er juillet 2001. © SkySafari

Le ciel du crépuscule

Après le coucher du Soleil, il était possible d'admirer ce soir-là une Lune gibbeuse croissante briller à côté de Mars. La Planète rouge était alors dans le Scorpion (donc basse au-dessus de l'horizon) et rivalisait d'éclat avec l'étoile la plus brillante de cette constellation de l'été, Antarès. Tiens, son nom d'origine grec se traduit justement par « rivale d'Arès ». Les deux étaient réunies. Supergéante rouge dans les derniers millénaires de sa vie, Antarès palpite généreusement (en raison de la turbulence atmosphérique) chaque été entre le sud-est et le sud-ouest, à la différence de Mars (les planètes, proches de nous, ne scintillent pas au contraire des étoiles) qui, elle, paraît imperturbable.

Mars photographiée par Hubble à l'occasion de son opposition de 2001. © Jim Bell (Cornell) et al., Hubble Heritage Team (Aura/STScI/Nasa)

Une belle opposition de Mars

Quelques jours plus tôt, le 13 juin, la Planète rouge était en opposition, c'est-à-dire alignée avec la Terre et le Soleil. Et sa plus petite distance avec nous était une semaine plus tard, le 20 juin : 67,4 millions de kilomètres nous en séparaient. Inutile de dire que c'était le meilleur moment pour la contempler dans un instrument, surtout à de plus basses latitudes et dans l'hémisphère austral (là où le Scorpion culmine dans le ciel). L’opposition de Mars - qui a lieu tous les deux ans - est aussi le moment très attendu par les agences spatiales pour lancer une sonde ou un robot vers notre voisine pour l'explorer. En 2001, c'était Mars Odyssey, de la Nasa, qui avait pris la route pour une nouvelle mission.

La même nuit du 1er au 2 juillet 2001, Neptune puis Uranus respectivement se sont élevées au-dessus de l'horizon après minuit et demi. Mais le plus remarquable allait venir quelques heures plus tard.

Vénus, Saturne, Mercure et Jupiter étaient visibles, alignées avant le lever du Soleil. © SkySafari

Un beau spectacle à l’aube et un Soleil au plus fort de son activité !

En effet, une belle brochette de quatre planètes était visible avant le lever du Soleil. Un alignement emmené par l'étincelante Vénus, suivi de près par Saturne, Mercure et enfin Jupiter, peu avant que l'astre du jour ne surgisse.

Puisqu'on en parle, notre étoile avait bien su se faire remarquer en cette première année du XXIe siècle. Occulté par la Lune le jour du solstice, le 21 juin, le Soleil offrait une belle éclipse à toutes celles et tous ceux qui étaient alors en Amérique du Sud, en Afrique et jusqu'à Madagascar (visible à la Réunion).

Énorme tempête solaire d'avril 2001 photographiée par le satellite Soho, alors aux avant-postes pour l'observation de notre étoile. Image composite montrant la chromosphère du Soleil, au centre, et sa couronne avec les éruptions (le disque noir masque le Soleil pour permettre de voir les éruptions). © Nasa, ESA, Soho

Mais surtout, et cela tout au long de l'année, il se faisait beaucoup remarquer par son activité. Au plus haut de sa forme, à la faveur de son cycle d'activité de 11 ans en moyenne, le Soleil avait déployé début avril 2001, l'une des éruptions les plus puissantes de l'histoire moderne ! Quelques heures après cette colossale CME, des aurores polaires en mettaient plein les yeux aux Terriens... visibles jusqu'en Provence, ce qui est exceptionnel.

D'énormes taches solaires maculaient la surface du Soleil en avril 2001. © MDI, Soho, ESA, Nasa

La « région active » de notre étoile d'où avait jailli le plasma ce 2 avril devint la plus grande jamais mesurée. Un archipel gigantesque de taches solaires, l'AR 9393 du cycle 23, dont la plus importante s'étendait sur 120.000 kilomètres (10 fois la Terre !). Cette année-là, le Soleil avait régalé tous les professionnels et amateurs d'astronomie par ses éruptions et taches spectaculaires, dont les photos en témoignent toujours.

Pour terminer ce « retour vers le futur », voici ci-dessous l'image du 1er juillet 2001, publiée par le vénérable Apod de la Nasa (créé en 1995) : la galaxie spirale NGC 7742 photographiée par Hubble.

La galaxie spirale NGC 7742 photographiée le 1er juillet 2001. © Hubble Heritage Team (Aura, STScI, Nasa)

À noter :

Pour découvrir tout ce qu'il y a à voir dans le ciel en ce mois de juillet 2021, rendez-vous dans notre éphéméride.


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