Jupiter vue à travers la caméra Nircam du télescope spatial James-Webb. © Nasa, ESA, CSA, and B. Holler, J. Stansberry (STScI)
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Et maintenant, Jupiter dans les yeux du télescope spatial James-Webb

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[EN VIDÉO] Comprendre la mission du télescope spatial James Webb en une minute  Le James Webb Space Telescope, nouveau fleuron de l'observation spatiale, sera lancé le 18 décembre depuis Kourou, en Guyane. Après un voyage de 29 jours, il atteindra le point de Lagrange L2, dans la direction opposée au Soleil. Avec son miroir plus large que celui d'Hubble, dont il est considéré comme le successeur, le JWST pourra observer galaxies, planètes, nébuleuses et étoiles pour en apprendre plus sur l'histoire de l'Univers. 

Le télescope spatial James-Webb n'a pas sondé que des objets célestes à des millions ou des milliards d'années-lumière, il a aussi pointé son grand miroir sur Jupiter et sa lune potentiellement habitable, Europe. Là aussi, le résultat dépasse les attentes des astronomes.

Les premières images de James-Webb dévoilées le 12 juillet, et inaugurant de fait la campagne scientifique du plus grand et plus puissant télescope spatial jamais lancé, nous ont émerveillés au fil de leurs découvertes mardi. Il y a tellement de choses à dire pour chacune d'entre elles, des confins de l'Univers revisités - « l’image la plus profonde de l’Univers jamais obtenue » -, à la nébuleuse planétaire de l'anneau austral, en passant par une nébuleuse avec ses « reliefs » sidérants de détails, et sans parler des galaxies entremêlées du Quintette de Stefan, où l'on peut même voir des étoiles individuelles... Bref, des images déjà iconiques. Un bond en avant impressionnant dans les détails obtenus grâce à ses instruments pour des objets cosmiques distants de plusieurs dizaines de milliers d'années-lumière... à plusieurs milliards d'années-lumière. Et « this is just the beginning ! » (ce n'est que le début), ont répété les astrophysiciens qui ont participé à leurs présentations en direct par la Nasa.

De beaux détails des bandes nuageuses de Jupiter sur cette image prise par l'instrument NIRCam du télescope spatial James-Webb. Le grand ovale blanc près du bord de Jupiter, à droite, est bien sûr l'anticyclone de la Grande Tache rouge, deux fois plus grand que la Terre. La petite tache sombre à sa droite est l'ombre d'Europe. © Nasa, ESA, CSA, and B. Holler, J. Stansberry (STScI)

Et maintenant, Jupiter !

Autre surprise et beauté inscrite le 12 juillet dans les archives Mikulski de la STSI (Space Telescope Science Institute) dans le cadre de la mise en service de James-Webb, un objet familier et tout proche : Jupiter. Les astronomes sont ravis et ne cachent pas leur admiration pour la qualité des images et des données obtenues.

Sur ces deux images de Jupiter obtenues avec la NIRCam (filtre 2,12 microns à gauche et 3,23 microns à droite) de James-Webb, on distingue le très fin anneau de Jupiter, de la brume, la lune galiléenne Europe, et les petites Thèbes et Métis. © Nasa, ESA, CSA, and B. Holler, J. Stansberry (STScI)

Curieux de voir ce que cela donnerait d'observer un corps céleste aussi proche et brillant, ils n'ont pas été déçus : ces portraits de la plus grosse planète du Système solaire laissent voir en effet ses très discrets anneaux (image de NIRCam), la lune Europe et les petites Métis et Thèbes. « Les images de Jupiter dans les filtres à bande étroite ont été conçues pour fournir de belles images de l'ensemble du disque de la planète, mais la richesse des informations supplémentaires sur les objets très faibles (Métis, Thèbe, l'anneau principal, les brumes) dans ces images prises avec environ une minute d'exposition a été une très agréable surprise », raconte John Stansberry, qui s'occupe de l'instrument NIRCam.

En ce qui concerne Europe, un des quatre satellites galiléens de Jupiter (visibles dans des jumelles), on voit également son ombre projetée sur Jupiter, juste à gauche de la célèbre Grande Tache rouge. Ce satellite potentiellement habitable qui abrite un océan global sous une épaisse écorce de glace sera une cible privilégiée pour les astronomes qui espèrent bien scruter et étudier ses panaches de vapeur d’eau avec le télescope spatial. « Je pense que c'est juste l'une des choses les plus cool que nous pourrons faire avec ce télescope dans le Système solaire », lance Stefanie Milam, chercheuse en sciences planétaires au GSFC (Goddard Space Flight Center) de la Nasa.

James-Webb n'a pas fini de nous étonner et les images scientifiques de l'Univers vont pleuvoir pour notre plus grand plaisir, nous montrant des structures et des objets que nous n'avions encore jamais vus.


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