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Astrophotographie : la nébuleuse de la Lagune

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Au cœur de la Voie lactée, la constellation du Sagittaire héberge Messier 8, une superbe nébuleuse qui enveloppe un amas d'étoiles.

Messier 8 photographiée par un astronome amateur. © G. Bauza

La scène se passe à un peu moins de 5.000 années-lumière de nous, dans la belle constellation du Sagittaire. Sur une surface apparente d'environ trois fois la Pleine Lune s'étend une magnifique nébuleuse que tous les astronomes amateurs connaissent, la Lagune. Elle doit sa belle couleur rouge à ses nuages d'hydrogène ionisé par le rayonnement ultraviolet de nombreuses jeunes étoiles.

La nébuleuse fut observée pour la première fois par l'astronome Le Gentil en 1747 et Charles Messier l'enregistra quelques années plus tard en huitième position dans son célèbre catalogue des objets nébuleux. Plus brillantes, les étoiles qui composent l'amas central (NGC 6530) furent détectées dès la fin du XVe siècle par Flamsteed. Certaines d'entre elles sont des objets Herbig Haro (HH), des étoiles très instables qui ont la particularité de produire depuis leurs pôles de puissants arcs lumineux composés de gaz et de matière éjectés.

La nébuleuse de la Lagune, une pouponnière stellaire qui révèle en infrarouge les différentes étapes de la naissance des étoiles. © Eso

Sous l'œil de grands et petits télescopes

En étudiant attentivement la nébuleuse de la Lagune, les astronomes y ont aussi découvert des globules de Bok, des régions froides et sombres (qui atteignent la taille respectable de 10.000 UA) où gaz et matière en train de s'effondrer donneront prochainement naissance à des protoétoiles. Messier 8 est un objet céleste fascinant que visitent régulièrement les grands télescopes. Pour cette seule année 2011, le télescope Vista de 4,1 mètres de diamètre de l'Eso et le Gémini nord (8,1 mètres de diamètre) nous en ont fourni des images splendides. Pour les astronomes amateurs, M 8 révèle son amas d'étoiles dans un petit télescope, alors que la nébuleuse nécessite un instrument d'au moins 20 centimètres pour en distinguer les volutes grises. Visuellement il est impossible de déceler la couleur de l'hydrogène ionisé, tâche dont se chargent les astrophotographes.

L'image ci-dessous est à mettre au crédit de Gérard Bauza qui a additionné 17 poses de 5 minutes avec un appareil photo numérique installé derrière un télescope de 15 centimètres de diamètre. Si Messier 8 n'était pas aussi proche de l'horizon depuis nos latitudes, sa magnitude de 5 en ferait une des plus belles nébuleuses accessibles à l'œil nu, un peu comme celle d'Orion.

À propos de Gérard Bauza

Habitué de notre forum d'astronomie, cet amateur est régulièrement présent dans nos actualités, que ce soit pour photographier une éclipse de Lune ou pour immortaliser une supernova dans la galaxie M 101. Si vous aussi vous souhaitez nous proposer une image astronomique destinée à illustrer cette rubrique, il vous suffit de suivre nos consignes.     

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