Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’armée américaine a imaginé larguer des chauves-souris équipées d’un minuscule dispositif incendiaire au-dessus du Japon. Avec dans l’idée que celles-ci mettraient le feu aux maisons en bois. Les tests ne se sont pas avérés concluants et le programme a été abandonné. © Craig, Adobe Stock
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Dix animaux utilisés pour faire la guerre

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D'aussi loin que les humains se font la guerre, ils ont enrôlé des animaux pour les soutenir. Des chevaux, bien sûr. Mais aussi toutes sortes d'autres créatures innocentes. Du chien à l'éléphant en passant par le moustique, l'ours et le dauphin.

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[EN VIDÉO] Ces animaux mignons sont étonnamment dangereux  Loris, ornithoryque, raton-laveur, panda, poisson porc-épic, carcajou, ces animaux peuvent nous sembler bien mignons en apparence, mais tous cachent leur véritable identité de tueurs. Poison, griffes, maladies, ou tout simplement force phénoménale, ces créatures ont par le passé emporté plus d'une vie humaine. Qui aurait cru que sous ces poils et ces écailles pouvaient se dissimuler de véritables machines à tuer ? 

Lorsque l'on parle de guerre et d'animaux, on pense naturellement tout de suite au cheval. Car nul autre animal n'a joué un rôle aussi capital dans l'histoire de la guerre que le cheval. Il était déjà aux côtés des hommes à cet effet il y a 5.000 ans. Mais d'autres animaux ont été enrôlés au fil des siècles. De gré ou de force. Et avec plus ou moins de réussite.

Le chien, fidèle en toute circonstance

Rip n’était qu’un chien errant. Mais il a été adopté par les miliaires pendant la Seconde Guerre mondiale. Et il a aidé à localiser des personnes enterrées dans les débris après des raids aériens sur Londres. En 1945, il a reçu une médaille pour sa bravoure. © Ministry of Information Photo Division Photographer, Wikipédia, Domaine public

Le chien, c'est le meilleur ami de l'homme. Il est aussi, avec le cheval, probablement l'un des premiers animaux à avoir accompagné les soldats sur le champ de bataille. Une histoire raconte ainsi comment, autour de 600 avant J.-C., une meute de chiens a mis en déroute une armée qui comptait envahir la Lydie, un ancien pays d'Asie Mineure, proche de la mer Égée. Les Romains, eux, avaient même équipé leurs chiens de guerre de colliers à pointes et d'armures.

Aujourd'hui, on réserve plus volontiers aux chiens militaires des rôles de messagers, de pisteurs, d'éclaireurs, de sentinelles ou de renifleurs. C'est l'exemple des chiens dressés à retrouver des bombes par l'armée américaine en Afghanistan et en Irak.

Le pigeon, toujours du voyage

Le pigeon voyageur, baptisé Cher Ami, a reçu la Croix de Guerre pour avoir livré douze messages entre des forts de la région de Verdun durant la Première Guerre mondiale. © Creaturart, Adobe Stock

Le pigeon -- comme d'autres oiseaux -- est un champion de l'orientation. Et lorsqu'il est entraîné à ça, il peut même retrouver son chemin sur près de 3.000 kilomètres. On comprend pourquoi le pigeon est, depuis longtemps, utilisé par les militaires pour transmettre des messages.

Pendant le siège de Paris pour les forces prussiennes (1870-1871), des pigeons voyageurs ont été utilisés pour transporter des messages sur microfilm. Pour les intercepter, les Allemands, eux, comptaient sur des faucons.

Pendant la Seconde Guerre mondiale encore, des milliers de pigeons ont été entraînés pour des opérations militaires « classifiées ». Parmi eux, Gustav. Il lui aura fallu plus de cinq heures pour parcourir 240 kilomètres et porter la nouvelle de l'imminence du débarquement en Normandie aux forces britanniques.

L’éléphant, la force tranquille

Les Romains ont utilisé des éléphants de guerre contre les Carthaginois, notamment. © Erica Guilane-Nachez, Adobe Stock

Sur le champ de bataille, l'éléphant peut devenir un précieux allié. Par sa taille, déjà. Parce qu'il est le plus grand mammifère vivant sur Terre. Et parce que, dressé et équipé d'une armure et de pointes de fer au bout de ses défenses, il devient tout simplement redoutable. Capable de littéralement écraser les troupes ennemies.

Ainsi, lorsqu'Alexandre le Grand se présenta sur le champ de la bataille de Gaugamèles, vers 331 avant J.-C., il se retrouva face aux éléphants de guerre de l'Empire perse. Une fois la bataille gagnée, il intégra ces éléphants à ses troupes.

Le chameau en milieu hostile

À partir du VIIe siècle apr. J.-C., les troupes de chameaux arabes, berbères et maures constituaient une partie importante des armées musulmanes qui ont conquis le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et le sud de l’Espagne. © Dmitry Rukhlenko, Adobe Stock

Le chameau est difficilement capable de charger comme peut le faire le cheval. Son avantage, c'est qu'il supporte les longues marches dans des conditions difficiles et avec de lourdes charges. Il a par exemple servi à transporter des blessés, en Inde, lors de la Première Guerre mondiale. Il est d'ailleurs toujours utilisé pour des patrouilles dans les déserts ou les montagnes.

Le moustique, arme fatale ?

Le moustique n’est pas le meilleur allié en temps de guerre. Difficile en effet, de le dresser contre un camp en particulier. © panyawat, Adobe Stock

Parmi les tentatives un peu loufoques de s'adjuger le soutien d'un animal, citons celle de l'armée allemande, pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle a décidé d'inonder des zones marécageuses du sud de Rome, en Italie, afin de fournir au moustique porteur de la malaria un environnement propice à sa prolifération. Et le moustique s'y est installé. Mais lorsque les combats ont commencé dans la région, l'épidémie de paludisme a touché à la fois les soldats alliés et... les soldats allemands !

Un bétail pour charger l’adversaire

Peu de tentatives d’utiliser des charges de bétail comme arme de guerre ont réussi. © scpictures, Adobe Stock

Ceux qui ont voulu profiter de la puissance de troupeaux de bétail ont, eux aussi, connu quelques déconvenues. Si la tactique semblait plutôt bien fonctionner avant l'avènement des armes à feu, elle s'est avérée plus aléatoire après.

En Afrique de l'Ouest, par exemple, à l'occasion de la bataille de Tondibi (1591), l'armée de l'empire Songhaï comptait charger les lignes marocaines avec 1.000 bovins en fuite. Mais les tirs de fusil ont effrayé le bétail. Et le troupeau s'est retourné contre l'armée qui l'avait lancé.

L’abeille pour transpercer les lignes ennemies

L’abeille a surtout été utilisée sur les champs de bataille d’antan. Mais certains n’ont pas hésité à s’aider de l’insecte plus récemment encore. © RomainQuéré, Adobe Stock

L'abeille a aussi parfois été utilisée pour attaquer les lignes adverses en temps de guerre. Dès l'Antiquité, Grecs et Romains avaient pour habitude de catapulter des ruches au-delà des murs des villes assiégées. Et même pendant la guerre du Vietnam, dans les années 1960 et 1970, les guérilleros auraient disposé des ruches sauvages le long des chemins de patrouille et excité leurs habitantes à l'aide de feux d'artifice à l'approche de soldats.

L’ours Wojtek et ses 400 kilos

L’ours Wojtek est né en 1942 et mort en 1963. © Imperial War Museum, Wikipedia, Domaine public

Même si l'ours a fait plusieurs apparitions sur les champs de bataille, c'est l'un d'entre eux qui reste tout particulièrement dans les mémoires. L'ours Wojtek. Adopté par les troupes polonaises, il a combattu en Irak, en Palestine, en Égypte, puis en Italie où, en 1944, il a été d'une série de batailles les plus sanglantes de la Seconde Guerre mondiale. Avec ses 400 kilos et son mètre quatre-vingts, il aidait alors à transporter les caisses de munition.

Le dauphin pour remporter la bataille des eaux

Quatre pays reconnaissent développer un programme militaire reposant sur des mammifères marins. Des dauphins, mais également des bélugas, des phoques et des lions de mer. © artifirsov, Adobe Stock

Le dauphin est peut-être le plus étonnant des animaux ayant effectivement servi des fins militaires. Son atout principal : ses capacités d'écholocation qui le rendent capable d'identifier des objets sous l'eau. Ils peuvent ainsi devenir de bons patrouilleurs ou de bons détecteurs de mines sous-marines. Des dauphins ont ainsi participé au déminage du port d'Umm Qasr, pendant la guerre en Irak.

Les dauphins peuvent aussi être entraînés à repérer des plongeurs ennemis ou à venir en aide à des nageurs alliés. En revanche, les rumeurs qui voudraient qu'ils soient capables de mettre à mort un soldat sont démenties par les armées.

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