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La crevette à Madagascar : pêche et élevage

Dossier - Voyage à Madagascar : l'île océan
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Quatrième plus grande île du monde, Madagascar est située à environ 400 km de la côte africaine dont elle est séparée par le canal du Mozambique. Madagascar possède une nature exceptionnelle ! La beauté des récifs coralliens, des grandes plages de sable et des petits îlots qui entourent Madagascar est un atout important pour le tourisme, une activité qui fait vivre de nombreux malgaches. Préserver l’océan autour de leur île afin de pouvoir profiter de ses richesses pendant longtemps est donc une priorité pour l’île.

  
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Les crevettes vivent le long des côtes Ouest et Nord de l'île. Les crustacés adultes pondent en mer, mais vers l'âge de trois mois, les petites crevettes se réfugient près de la côte dans la mangrove - ou forêt de palétuviers - où elles grandissent à l'abri des racines.

Crevette Macrobrachium rosenbergii. © Sorada chao - Shutterstock

L'exploitation des crevettes est une activité très importante pour l'économie malgache : l'exportation de crevettes est l'une des premières sources de richesses pour le pays avec le tourisme. La pêche et l'élevage de crevettes créent aussi des emplois et représentent une source de nourriture pour les malgaches.

La pêche et l'aquaculture de crevettes sont à l'origine de près de 50 000 emplois. Elles sont également l'une des principales sources de devises de Madagascar © Alexis Rosenfeld

Jusqu'aux années 1980, les crevettes étaient si abondantes dans les eaux malgaches qu'il suffisait de les capturer et de les vendre. La crevette était alors appelée « l'or rose de Madagascar ». Il n'existait à l'époque pratiquement aucune réglementation pour la protéger. Mais avec l'augmentation de la pêche, leur nombre a commencé à baisser. Pour préserver les précieux crustacés, un code de bonne conduite de la pêche a été défini.

Maintenant, les pêcheurs travaillent sur des zones bien délimitées. Des périodes de fermeture de la pêche protègent les femelles au moment des pontes et la taille des mailles des filets a été calculée pour permettre aux crevettes trop petites et trop jeunes de s'échapper. Les techniques de pêche très destructrices parfois utilisées par les pêcheurs ont été interdites, comme la pêche à l'aide d'une moustiquaire qui capture même les minuscules larves d'animaux ! La réduction du nombre de moteurs diesels sur les navires a aussi permis de limiter les émissions de CO2. Ces actions permettent de mieux préserver la crevette et l'ensemble du milieu marin. 

L'aquaculture qui permet de diminuer la capture d'animaux sauvages s'est développée. Les œufs pondus par les femelles éclosent dans des bacs, puis grossissent dans des bassins creusés dans la mangrove.  Il y a peu de crustacés par bassin.  Cela permet d'obtenir des individus de grande taille et de réduire les risques de maladies. L'emploi d'antibiotiques ou d'hormones est interdit. Toutes ces précautions assurent à la crevette de Madagascar une qualité et un goût exceptionnels.

Les éleveurs de crevettes s'engagent aussi dans la préservation de l'environnement et dans la lutte contre les pollutions. Les pêcheurs et éleveurs, aidés du gouvernement, se sont aussi engagés à aider les populations locales. Par exemple, le poisson capturé accidentellement dans les filets de pêche est trié avant d'être proposé dans les villages. Les femmes peuvent le saler, le sécher et le revendre sur le marché. Elles assurent ainsi un revenu complémentaire à leurs familles.  Près des fermes d'aquaculture, des centres de santé et des écoles ont aussi été financées par les éleveurs.

Mais toutes ces mesures coûtent cher... Et la crevette de Madagascar est plus chère que celle venue d'Asie ; cette activité dépend donc du soutien massif des consommateurs dans les pays riches qui acceptent de payer plus cher ce produit pour sa qualité, mais aussi pour encourager le développement durable.