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Holothuries : les concombres de mer

Dossier - Voyage à Madagascar : l'île océan
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Quatrième plus grande île du monde, Madagascar est située à environ 400 km de la côte africaine dont elle est séparée par le canal du Mozambique. Madagascar possède une nature exceptionnelle ! La beauté des récifs coralliens, des grandes plages de sable et des petits îlots qui entourent Madagascar est un atout important pour le tourisme, une activité qui fait vivre de nombreux malgaches. Préserver l’océan autour de leur île afin de pouvoir profiter de ses richesses pendant longtemps est donc une priorité pour l’île.

  
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Dans la région du Sud-Ouest de Madagascar, de nombreux pêcheurs Vezo tirent une grande partie de leurs revenus de la pêche aux concombres de mer ou holothuries. Ces animaux au corps en forme de boudin sont apparentés aux oursins et aux étoiles de mer.

Concombre de mer.© Rich Carey - Shutterstock

Ce sont surtout les femmes et les enfants qui ramassent les holothuries à marée basse. A Madagascar, on ne mange pas de concombre de mer, mais on le pêche pour le vendre en Asie où c'est une nourriture très appréciée.

Les holothuries, ou concombres de mer, sont des animaux marins appartenant au même groupe que les oursins et les étoiles de mer. Les femmes les pêchent à pied sur le récif © Alexis Rosenfeld

La demande en holothurie augmente sans cesse et les prix montent. De nombreux commerçants recherchent ce précieux animal et la pêche s'intensifie. Aujourd'hui, on pêche des holothuries de plus en plus petites qui n'ont même pas eu le temps de grandie et de pondre.  Alors, en une dizaine d'années, le nombre de concombres de mer dans les eaux de Madagascar a dramatiquement chuté. Cela signifie évidemment une perte économique importante pour le pays. Mais pas seulement. L'holothurie joue un rôle très important sur le récif. En effet, ces animaux se nourrissent en filtrant le sable. Certaines espèces sont capables de nettoyer plusieurs centaines de tonnes de sable par kilomètre carré et par an !  Lorsqu'il n'y a plus d'holothuries, le récif est en mauvaise santé : les algues se développent et étouffent les coraux ; les animaux marins fuient. Et les pêcheurs ne trouvent plus grand-chose à pêcher...

Les scientifiques ont alors eu l'idée de créer une écloserie. Pour permettre une reproduction des adultes toute l'année, les chercheurs ont mis au point une technique qui permet de stimuler la fécondation des œufs. Ce procédé unique au monde pourrait avoir des conséquences économiques très importantes. Ces holothuries pourront repeupler le récif et être aussi directement vendues à l'étranger, ce qui permettra de préserver les holothuries sauvages. Le récif sera en meilleure santé et les poissons dont dépendent les pêcheurs pour vivre reviendront.

Les jeunes holothuries à leur sortie de l'écloserie sont transportées dans une ferme marine où elles sont déposées dans plusieurs grands bassins ; elles vont rester là jusqu'à l'âge de six mois et seront alors transvasées dans les parcs en mer pour terminer leur croissance.
La ferme vend aussi de jeunes holothuries dans les villages Vezo. Les villageois les font grossir dans des parcs avant de les vendre aux commerçants qui les exportent en Asie. De pêcheurs, ils sont devenus fermiers de la mer !