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La renaissance des goélettes

Dossier - Voyage à Madagascar : l'île océan
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Quatrième plus grande île du monde, Madagascar est située à environ 400 km de la côte africaine dont elle est séparée par le canal du Mozambique. Madagascar possède une nature exceptionnelle ! La beauté des récifs coralliens, des grandes plages de sable et des petits îlots qui entourent Madagascar est un atout important pour le tourisme, une activité qui fait vivre de nombreux malgaches. Préserver l’océan autour de leur île afin de pouvoir profiter de ses richesses pendant longtemps est donc une priorité pour l’île.

  
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Dans le village de Belo-sur-mer, sur la côte Ouest de Madagascar, des matelots chargent à bord de magnifiques goélettes en bois de gros sacs de riz, de sel, de sucre, de manioc. Ces produits doivent être livrés dans les villages de la côte.

Nosy Be. © Vladislav T. Jirousek - Shutterstock

Dans cette région isolée, les routes sont rares et en mauvais état et c'est souvent par bateau que se fait le transport de marchandises et de passagers. 

La goélette navigue à la voile. À bord, pas de moteur, de radio, de compas, de feux de position ... Le capitaine assure la navigation grâce à sa parfaite connaissance de la mer et de la région. Il connaît l'emplacement des récifs, les courants, les marées et les passes qui permettent de s'abriter dans un lagon en cas de tempête.

Pour les habitants du littoral, la goélette est un lien avec le reste du monde : elle apporte des manchandises et des nouvelles, embarque des passagers et permet de rompre l'isolement. © Alexis Rosenfeld Reproduction interdite

Seule une petite pirogue pourra servir de canot de sauvetage en cas de naufrage ! Heureusement, le navire reste toujours à proximité de la côte. Les passagers vivent sur le pont, encombré de tonneaux d'eau douce et d'équipements divers. Ils préparent leurs repas sur la cuisinière à bois, plantée au bas du grand mât, et dorment à même le sol. Lors des escales, le bateau mouille à quelques encablures du rivage, ou s'échoue sur la grève avec la marée pour que l'équipage puisse décharger les marchandises.

Les goélettes sont construites à Belo-sur-mer selon des techniques importées au début du  XXe  siècle par un Breton venu s'installer là. Mais depuis quelques années, le bois de construction manque suite à la disparition des forêts dans la région. La construction d'une goélette est devenue très chère et les marins ont du mal à s'en sortir. Les goélettes se dégradent et ne sont plus réparées ; celles encore en service sont dangereuses.

Une association, Transmad Développement, tente de donner un nouvel élan à cette activité. Son objectif : mettre place un approvisionnement en bois, améliorer la construction des navires et la sécurité en mer. Des programmes de reboisement vont être réalisés avec des arbres qui poussent rapidement et qui pourront être utilisés par les constructeurs de bateaux. Les forestiers vont bénéficier de formations spécialisées afin d'éviter le gaspillage et préserver les espèces plus fragiles. L'utilisation d'outils et de techniques de construction plus performantes devraient améliorer la durée de vie des goélettes et la sécurité. Des prêts pourraient aussi être accordés à ceux  qui souhaitent acheter le bois et des outils nécessaires. Ces mesures pourraient permettre aux pêcheurs qui rêvent d'abandonner la pêche et de devenir propriétaire d'un bateau de faire vivre leur famille en transportant et en vendant des marchandises sur la côte.