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La côte de Namibie : le désert, la mine de Rössing et le désert de sel de Sossusvlei

Dossier - Cent jours en Namibie, un voyage géologique
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Claire König a sillonné la Namibie pendant presque cent jours à la découverte des événements géologiques, des paysages et de la faune fascinante de ce pays d'Afrique. Du Damaraland à la côte atlantique, préparez-vous à un surprenant voyage en Namibie, véritable odyssée dans le désert.

  
DossiersCent jours en Namibie, un voyage géologique
 

Nous commençons notre passage sur la côte avec quelques curiosités, comme le désert, la mine de Rössing et le désert de sel de Sossusvlei. La côte est constitue la région la plus peuplée avec les villes de Swakopmund ou encore Walvis Bay, qui sera abordée plus loin.

Le Salar asséché de Sossusvlei, en Namibie. © Ikiwaner, GFDL

La côte et le désert

Désertique et linéaire sur 2.000 km de long, de l'Angola jusqu'à l'Afrique du Sud, la côte de la Namibie reçoit moins de 15 mm par an tout au bord. C'est aussi une région qui subit de gros dommages dus au tourisme : dégradations dues aux 4x4 qui roulent n'importe où et abîment lichens et plantes du désert, sans parler des touristes qui laissent leurs déchets sur place. Ceci amène les autorités à prendre des mesures bientôt aussi sévères qu'aux États-Unis, et avec raison à mon sens. Et tant pis pour les touristes consciencieux !

Le désert de sel de Sossusvlei, en Namibie. Il est rempli environ une fois par décennie par la rivière Tsauchab. © Ikiwaner, Wikimedia Commons, GNU 1.2

C'est donc une bande aride, de plus en plus désertique vers le sud, avec des endroits où il n'est plus tombé de pluie depuis 20 ans. La région est aussi soumise à des inversions de température (plus de 100 jours de brouillard par an) dues au courant de Benguela, sur 30 à 100 km de large, ce qui amène assez d'humidité pour faire pousser de splendides lichens en plein désert et quelques plantes bizarres comme Welwitschia mirabilis.

Un spécimen de Welwitschia mirabilis à l’est de Swakopmund, en Namibie. © Jerry Oldenettel, CC by-nc-sa 2.0

Du nord au sud, la côte compte quatre parties : la North Sand Sea, le Rock Namib, la Great Sand Sea et le Sud Namib.

Bien que de condition aride depuis 120 millions d'années, on admet que le désert du Namib actuel correspond à l'installation définitive du courant de Benguela il y a cinq millions d'années environ.

Il y a beaucoup d'endroits intéressants, des points de vue touristiques et géologiques : Welwitschia Drive, Moon Landscape, Dolerite Dykes, la formation de dunes de la grande mer de Sable, etc. Nous en retiendrons quelques-uns.

Mine d’uranium de Rössing

La mine d’uranium de Rössing est située à 60 km dans l'arrière-pays de Swakopmund à une altitude de 320 m, et a nécessité un pipeline d'adduction d'eau de 65 km.

Vue générale de la mine d'uranium de Rössing, en Namibie. © Ikiwaner, Wikimedia Commons, GNU 1.2

La suite des granites de Salem, granites rouges à grains fins et moyens, contient des alaskites uranifères. Ces granites appartiennent aux granites du Damara, qui forment un batholite composite de 74.000 km2 et sont datés de 200 à 540 millions d'années. Quelques petites formations, dont celles contenant les alaskites, sont post-tectoniques. De très hautes températures, pendant de longues périodes ont facilité la concentration en uranium et en étain dans les terrains exploités depuis 1976 et âgés de 470 millions d'années.

Sossusvlei, un désert de sel

Dans la partie est du désert du Namib, les vents de directions différentes et variées créent des dunes en étoile, qui constituent le paysage le plus célèbre de Namibie. Enrichi en oxydes de fer en surface, ce sable est rouge et ce désert, vieux de cinq millions d'années, s'est formé sur le désert préexistant, de 30 millions d'années, lui-même posé sur le complexe de roches de Rehoboth, vieux d'un milliard d'années. On en voit les grès sortir par endroits sous forme d'inselbergs.

Vue panoramique des dunes de Sossusvlei dans le désert du Namib, en Namibie. © Hans Hillewaert, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0

Les sables du désert du Namib sont originaires de l'est et ont été apportés ici voilà longtemps. Ces dunes ne bougent qu'au sommet, contrairement aux dunes de l'ouest du désert, sur la côte, qui, elles, sont en mouvement jusqu'à leur base.

Sossusvlei est le delta intérieur de la rivière Tsauchab qui, les bonnes saisons de pluie, passe à travers les dunes et vient disparaître dans le sol ici, laissant des sédiments d'argile en couches grises et des pans salés qui sont séparés les uns des autres par les dunes rouges. Certains de ces pans sont maintenant si bien isolés par les dunes rouges que plus aucune eau n'y vient jamais, ce qui d'ailleurs sera le lot général d'ici peu, tant l'eau est pompée dans la nappe. Les arbres morts ici récemment le sont à cause du pompage et non du manque de précipitations, qui est le même depuis très longtemps.

Des acacias (Acacia erioloba) morts à Dead Vlei, près de Sossusvlei, en Namibie. © Ikiwaner, Wikimedia Commons, GNU 1.2

Ces pans ne sont pas du tout les mêmes que ceux d'Etosha puisqu'ici, l'eau s'enfonce vite dans le sable. Il n'y a donc pas de temps pour l'évaporation et la précipitation de sel : c'est le phénomène inverse d'Etosha.

La rivière continue ensuite de couler sous les dunes et parvient à atteindre l'océan par en dessous, c'est ce qui avait permis aux arbres de pousser en cet endroit. Mais les niveaux de nappe diminuent de façon dramatique partout sous le désert du Namib...