Planète

Death Valley Junction - Amargosa

Dossier - Voyage en Californie, la quintessence de l’Amérique
DossierClassé sous :USA

-

Récit d'un voyage initiatique en Californie, des grands séquoias de la côte Ouest en passant par la ville de San Francisco, la Vallée de la mort, le désert de Mojave ou encore la navette spatiale Endeavour.

  
DossiersVoyage en Californie, la quintessence de l’Amérique
 

Nous sommes en plein désert de Mojave, au carrefour de la 190 et de la 127 : à Death Valley Junction. Nous y découvrons l'Amargosa Opera House and Hotel, Martha Becket et la Pacific Coast Borax Company, trois acteurs de ce site assez surréaliste.

Lac salé, Death Valley. © Alex Proimos, CC BY 2.0
Une image thermique compilée : deux photographies prises par le satellite Landsat 7 de la Nasa. On y découvre la végétation de la Death Valley National Park. © US Government - Domaine public

Amargosa Opera House and Hotel

À cette jonction en plein désert, nous découvrons l'Amargosa Opera House and Hotel, un bâtiment historique. L'hôtel est ouvert toute l'année, juste à l'entrée de la vallée de la Mort : cela vaut la peine de s'arrêter pour y passer la nuit.    

Amargosa Opera House. © G. Rogers - cc asa 2.5

Construit en 1923 par la Pacific Coast Borax Company en pisé (adobe), ce complexe de style colonial espagnol fut dessiné par Hamilton McCulloch. Il y a les bureaux de la compagnie, les quartiers des employés, un dortoir, des chambres d'hôtel, une grande salle à manger, un restaurant et un magasin. Le dernier spectacle eut lieu en 2012.

David Lynch y tourna Lost Highway, un thriller psychologique, d'après une nouvelle de Barry Gifford et le film fut adapté pour l'opéra. Un documentaire sur l'endroit a été tourné par Todd Robinson qui a reçu l'Emmy Award en 2003.

La Death valley Jonction vue du ciel. © Google

Martha Becket

Née en 1924, la New-Yorkaise Marta Becket fut à la fois actrice, danseuse, chorégraphe et peintre, elle a travaillé pendant 40 ans dans le théâtre qu'elle fonda à cet endroit. Elle découvrit les lieux avec son mari, lors d'une crevaison, après avoir mené un one-woman show dans les campagnes américaines et les écoles et, sous le charme, elle décida d'y rester. Elle a elle-même décoré les murs de cette bâtisse, où elle s'est produite pour des spectateurs du monde entier jusqu'en 2012, pour une dernière représentation à 87 ans ! (To Dance on SandsThe Life and Art of Death Valley's Marta Becket, a été publié en 2007.)

Armagosa

Armagosa est, en fait, une rivière qui coule sur 300 km et dont le nom signifie « eau amère ». Elle ne coule que sporadiquement, sauf dans la région de Shoshone où elle est permanente.

La rivière Amargosa à Tecopa. © Stan Shebs - cc by nc 3.0

Le désert de l'Amargosa, qui doit son nom à la rivière, est situé au Nevada, la majorité de la frontière Nevada-Californie est ici contiguë aux limites du parc de la vallée de la Mort. L'Amargosa Range, la chaîne de montagnes, fait la séparation entre la Vallée de la Mort et le désert d'Amargosa.    

Usine sur site minier de borax. © D. Mayer - cc by nc 3.0

Pacific Coast Borax Company

La compagnie minière fut fondée par Francis Smith, surnommé « le roi du borax », en 1890. Le borax avait été découvert dans la vallée de la Mort en 1873. Il était extrait de la surface des pans salés par des ouvriers chinois, et transporté jusqu'aux ateliers pour être purifié. Entre 1883 et 1889, il était transporté par les convois de mules jusqu'à la gare de Mojave, soit sur 200 km environ (160 miles). Si vous regardez bien la photo plus haut, vous verrez, tout à l'arrière du convoi, une espèce de citerne qui contenait de quoi étancher la soif de ces bêtes de somme qui tiraient des convois de 36 tonnes par les chaleurs étouffantes de la région atteignant 50 °C. L'aller-retour prenait 20 jours (330 miles). On était obligé de mettre 18 mules avec 2 chevaux dans ces attelages, les mules n'obéissant pas assez. La longueur de guidage faisait plus de 20 m, le convoyeur étant assis devant le premier wagon.

D'autres dépôts furent trouvés, mais plus inaccessibles, qui ne seront exploités qu'en 1907. Il fut extrait pour environ 30 millions de dollars de borax ici et, quand les grands gisements du désert de Mojave furent découverts, la production s'est ralentie. La vallée s'est alors convertie au tourisme.

Le borax

Le borax est du tétraborate de sodium décahydraté. C'est donc un sel inodore et incolore ou blanc, qui se présente sous forme de paillettes et qui est irritant. Il arrivait en Europe par la route de la soie. Les utilisations traditionnelles en étaient le verre, la lessive, la photo, les insecticides, et j'en passe. Il est aujourd'hui utilisé dans la fabrication d'engrais, de savon, et pour ses qualités ignifuges dans la ouate de cellulose. Il sert aussi d'insecticide, de désinfectant, d'agent blanchissant, de désodorisant et d'antiseptique.

Un extrait de borax. © H. Zell - cc by nc 3.0

L'industrie du verre emploie beaucoup de borax : les borates sont employés pour l'élaboration des fibres de verre d'isolation et de renforcement de plastiques. La laine de verre contient de 4% à 5% de B2O3, sous forme de borax pentahydraté, qui facilite la fusion, empêche la dévitrification et améliore la résistance à l'eau. Les fibres de renforcement de plastiques contiennent de 6% à 8% de B2O3 introduit sous forme de colémanite car ces fibres ne supportent pas des pourcentages élevés en sodium. Celles-ci sont utilisées pour la fabrication de matériaux composites et dans les matériaux de la furtivité (transparents aux ondes radar). Ils sont employés dans la fabrication du Pyrex® qui renferme de l'ordre de 12,5% de B2O3 apportant la résistance aux chocs thermiques et aux acides. L'oxyde de bore est apporté sous forme de borax hydraté ou anhydre ou d'acide borique.

On l'emploie aussi dans la fabrication d'émaux et de glaçures céramiques car il facilite la formation du verre. En outre, il augmente l'indice de réfraction et la résistance aux attaques chimiques et aqueuses.

Le borax est encore utilisé dans la soudure, le brasage, la chaudronnerie et la forge, entre autres pour faire des lames damassées. Lire à ce propos notre dossier : « Le fer tombe le masque ». D'autres utilisations encore, dans les ciments, les centrales nucléaires (absorbeur de neutrons, il a été inclus dans l'eau de refroidissement utilisée après l'accident de Fukushima), les peintures, et bien sûr comme matière première de tous les produits dérivés : acide borique, bore, etc. (source : Société chimique de France).