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Les éléphants de mer : les Mirounga et phocidés

Dossier - Voyage en Californie, la quintessence de l’Amérique
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Récit d'un voyage initiatique en Californie, des grands séquoias de la côte Ouest en passant par la ville de San Francisco, la Vallée de la mort, le désert de Mojave ou encore la navette spatiale Endeavour.

  
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L'éléphant de mer (Mirang en anglais) fait partie de la famille des phoques, c'est son espèce de trompe qui lui a valu ce nom. On peut en voir à Ano Nuevo.

Elephant de mer Mirounga angustirostris à la Point Reyes National Seashore, California.© Frank Schulenburg, CC BY-SA 3.0

Les deux espèces sont : l'éléphant de mer du sud (Mirounga leonina) qui fréquente les mers australes subantarctiques et l'éléphant de mer du nord (Mirounga angustirostris) présent sur la côte pacifique nord-américaine.

Un placide éléphant de mer sur le sable d’une plage californienne. © Christian König - Tous droits réservés

Les Phocidés

Le phoque commun est le représentant type de cette famille qui comporte 18 espèces actuelles. Les animaux de ce groupe ont une forme hydrodynamique, leur corps est peu mobile. Les pattes antérieures, courtes, sont des « ailerons » puissants. Les pattes postérieures, peu mobiles, sont dirigées vers l'arrière du corps. Ils sont construits pour nager et leurs narines sont fermées sauf pendant l'inspiration. Ils peuvent plonger très longtemps et en profondeur. Leur vue et leur ouïe sont bien développées et ils émettent, pour certains d'entre eux, une sorte d'aboiement assez rauque et impressionnant. Les poils qui recouvrent leur corps sont rêches, c'est la raison pour laquelle on tue les blanchons (les petits de phoque) pour la fourrure.    

Un éléphant de mer en train d’« aboyer ». © Christian König - Tous droits réservés

Classification des phocidés :

Les phocidés ou pinnipèdes (pattes en forme de nageoires) sont scindés en trois familles : les otaries, les morses et les phoques. Précisons que les Phocidés seraient apparentés aux loutres tandis que les autres pinnipèdes seraient apparentés aux ours.

Sous-famille Monachinae

- Tribu Monarchini avec le genre Monachus, les phoques moines, deux espèces.

- Tribu Miroungini avec le genre Mirounga ou éléphants de mer, avec deux espèces, ceux du nord (Mirounga angustirostris) et ceux du sud (Mirounga leonina).

- Tribu Lobodontini avec quatre genres :

1) Genre Ommatophoca : le phoque de Ross. Une seule espèce.

2) Genre Lobodon : le phoque crabier. Une seule espèce.

3) Genre Hydrurga : le léopard de mer. Une seule espèce.


4) Genre Leptonychotes : le phoque de Weddell. Une seule espèce.

Sous-famille Phocinae

1) Genre Erignathus : le phoque barbu. Une seule espèce.

2) Genre Cystophora : le phoque à capuchon. Une seule espèce.

Éléphants de mer dans l'attitude du combat. © Christian König - Tous droits réservés

- Tribu Phocini

1) Genre Halichoerus : le phoque gris. Une seule espèce.

2) Genre Phoca : les phoques. Deux espèces. On y met aussi le genre Pagophilus : le phoque du Groenland, une seule espèce et le genre Histriophoca : le phoque rubanné, une seule espèce et, pour terminer, le genre Pusa : trois espèces, dont le phoque de Sibérie.

Éléphants de mer au combat. © Christian König - Tous droits réservés

Le Mirounga

L'énorme mâle pèse en moyenne deux tonnes, peut en atteindre trois et demies et mesure jusqu'à cinq mètres. Les femelles sont beaucoup plus petites. Les petits sont noirs et paraissent minuscules à côté des mâles adultes ; ils muent ensuite et leur robe change de couleur pour devenir argentée ou brun plus ou moins foncé.

Les pattes comportent cinq doigts qui peuvent s'écarter pour former une palme. On a constaté que, malgré un air pataud hors de l'eau, ces animaux sont capables de se déplacer à des vitesses assez élevées, autour de 8 km/h en cas de besoin.

Les yeux sont pourvus d'une rétine riche en pigments de basse lumière, ce qui suggère que la vue a une grande importance dans la chasse et la bioluminescence de certaines proies facilite la capture. Leurs vibrisses leur sont aussi très utiles, mais ils n'ont pas de système d'écholocation comme les baleines.

Leur circulation sanguine est particulière : de petites veines entourent les artères pour récupérer de la chaleur, spécialement dans les extrémités.

Éléphants de mer au repos, une mère protégeant son petit avec sa « trompe ». © Christian König - Tous droits réservés

Ce sont de bons plongeurs, nocturnes, jusqu'à 800 m de profondeur, mais leur nourriture se trouve en général vers 200 m. Ils mangent des pieuvres, des raies et même des requins mais les calmars sont leurs proies de prédilection.

Ils n'ont pas besoin de boire, le métabolisme de la graisse leur fournissant assez d'eau (le reste étant fourni par les proies).

Le comportement

Les éléphants de mer ne viennent à terre que l'hiver pendant 2-3 mois, à l'endroit où ils sont nés. Il est donc important que les plages soient protégées des grandes tempêtes hivernales.    

L'heure du goûter pour le petit éléphant de mer :-) © Christian König - Tous droits réservés

Les mâles arrivent les premiers, puis les femelles qui mettent bas, allaitent et sevrent leur petit avant que l'œstrus ne les fasse féconder par les mâles avant de partir : le timing est serré. Les mâles se bagarrent sans arrêt pour assurer leur supériorité et les jeunes restent un peu à l'écart. Seuls quelques mâles dominants se reproduisent, pouvant donner naissance jusqu'à 500 petits, qui seront parfois écrasés par leur père ! La nature est malgré tout bien faite puisque la gestation dure juste 11 mois.

Ces animaux sont très intéressants à regarder, il y a beaucoup d'interactions dans les groupes et les combats de mâles sont tout à fait spectaculaires. Les sons échangés maintiennent la cohésion du groupe avec sa hiérarchie et permettent de diminuer, un peu, l'énergie colossale dépensée en combats.

Le statut

Du début du xviiie siècle à la fin du xixe, ces animaux furent méthodiquement chassés pour la graisse, au point qu'il ne restait que quelques individus, avant que l'espèce soit protégée par le Mexique et les États-Unis. La population dépasse aujourd'hui les 170 000 membres (2005) ce qui n'enlève rien au risque d'épidémie parce qu'il y a forcément une grande consanguinité.