Maison neuve en pisé de 125 m2, conçue selon les standards de l’efficacité énergétique. © archidvisor.com

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Pisé

DéfinitionClassé sous :architecture , Bâtiment , construction de maison

Le pisé consiste à bâtir des murs en terre crue, que l'on dresse et compacte par blocs successifs entre deux panneaux de coffrage appelés « banches ». Cette technique millénaire s'adapte à toutes les formes architecturales, tant modernes que traditionnelles.

Pisé vient du vocable latin « pinsare » qui signifie battre, piler, tasser... Sa transposition dans la langue française a donné plusieurs formes d'orthographe : pisay, pisey, pisé. Ce mode constructif se pratique partout dans le monde, pour tout type de bâtiment : de la hutte tribale togolaise au village fortifié (Ksar) marocain, de la mosquée burkinabè (Bani) à l'église états-unienne (Holy Cross Church de Stateburg) ou à certains tronçons de la Grande Muraille de Chine. En France, le bâti en pisé se rencontre de la Bretagne au Dauphiné en passant par la Beauce et le Massif Central.

Longtemps délaissé en Europe, le pisé a connu un renouveau à la fin XVIIIe siècle, suite à la publication des travaux de l’architecte François Cointeraux sur l’habitat rural en terre crue. Sur cette photo, un corps d'habitations en pisé dans les environs de Marsac-en-Livradois, Puy-de-Dôme. © parc-livradois-forez.org

Une composition tributaire du lieu d’extraction

Le pisé utilise des terres disponibles localement. La matière première provient généralement du site de construction. Elle ne requiert pas de transformation, sous peine de modifier ses propriétés basiques. Mais, toutes les terres ne conviennent pas. Pour offrir une bonne résistance mécanique, le pisé requiert des granulats de grosseurs variées et en proportions bien définies. La terre sélectionnée est faiblement argileuse, pour éviter la fissuration, et elle est exempte de fibres (contrairement à l'adobe). On va donc la chercher sous la couche végétale.

Selon François Cointeraux, les meilleures terres à pisé se composent de 0 à 20 % de graviers, de 40 à 50 % de sable, de 20 à 35 % de limon, de 15 à 25 % d’argile. © CRAterre

Un mode de construction qui a traversé les siècles

De l'Antiquité à l'ère moderne, la technique n'a pas connu d'évolution marquante. Si ce n'est la mécanisation du compactage, pour plus d'efficacité et de rapidité sur le chantier. Les murs se construisent classiquement sur une assise en galets, en moellons, en béton, afin de les isoler de l'humidité du sol. La terre, de consistance assez sèche, est déversée entre les parois du coffrage et compactée à l'aide d'une dame de maçon, d'un fouloir manuel (pisoir) ou pneumatique.

Le compactage réduit de moitié la couche de terre qui, une fois sèche, devient pratiquement aussi dure que de la pierre. Le coffrage est ensuite démonté et réinstallé pour former une nouvelle « levée » dans le prolongement de la précédente. L'élévation se déroule ainsi rang par rang, à joints décalés et obliques (meilleure tenue), jusqu'en haut du mur. Les ouvertures des fenêtres et des portes sont réservées à l'avancement. Un enduit de chaux et de sable est parfois appliqué sur les façades des maisons, plus rarement sur celles des bâtiments agricoles.

Les banches mesurent 2 à 3 m de longueur sur une soixantaine de centimètres de hauteur. Elles sont espacées de manière à former des murs épais de 50 à 60 cm. On peut les réaliser avec des planches de bois, des panneaux dérivés (CTB-X…) : l’important est que le dispositif fonctionne. © Al Terre Eco
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