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Contrôle du climat : quelle confiance attribuer à ces techniques ?

Dossier - Météo : peut-on contrôler le climat ?
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La météo est à l'origine de catastrophes naturelles dévastatrices, aux effets destructeurs tant pour l'Homme que pour l'environnement. Comment lutter contre cette nature ? Peut-on modifier le climat ?

  
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Des techniques sont donc à l'étude, d'autres sont déjà utilisées, mais que doit-on penser de ces méthodes de contrôle du climat ? Quelles sont les difficultés rencontrées ?

Dans la lutte contre le réchauffement et les catastrophes naturelles, les solutions semblent complexes. Contrôler le climat n'est pas chose aisée. © Nick Brooks CC BY-NC 2.0

Contrôle du climat : des avancées difficiles

Les expériences réalisées à ce jour ont montré qu'il est parfois possible de modifier la microstructure des nuages par ensemencement artificiel. Certains types de brouillards et certains nuages peu épais peuvent ainsi être dissipés. Mais l'évaluation et le contrôle des opérations d'ensemencement restent particulièrement difficiles car le comportement des nuages dépend d'un très grand nombre de paramètres encore mal compris et parce que les réactions possibles sont extrêmement variées et difficiles à prévoir. Aucune expérience n'a encore été en mesure de fournir des preuves suffisantes et scientifiquement acceptables sur l'efficacité, la fiabilité et la reproductibilité des opérations visant à augmenter la pluie, à réduire la grêle ou à détourner les cyclones tropicaux.

Les progrès réalisés

Les avancées sont difficiles, mais les moyens disponibles pour progresser existent. Les connaissances acquises ces dernières années ont permis l'élaboration de nouveaux critères d'évaluation des expériences. Les capacités d'observation ont été élargies grâce à la disponibilité de nouveaux équipements : avions instrumentés pour la mesure in situ de paramètres météorologiques et microphysiques, radars Doppler et à double polarisation, profileurs de vent, observations depuis les satellites, radiomètres hyperfréquences, stations météorologiques automatiques, etc. L'emploi de traceurs chimiques permet de vérifier si la formation des gouttes ou des cristaux de glace peut être attribuée à l'agent d'ensemencement. Les ordinateurs actuels assurent le traitement d'énormes quantités de données. Les modèles de simulation numérique peuvent maintenant décrire les processus nuageux de manière plus précise. Ils permettent d'analyser les divers comportements d'un nuage en fonction de l'intensité des processus physiques responsables de son évolution et d'étudier ses réactions à diverses perturbations naturelles ou artificielles. Ils facilitent la vérification des hypothèses utilisées.

Mieux comprendre le climat pour évaluer les menaces

Ces travaux pour mieux comprendre les mécanismes qui conduisent à la formation des nuages et des précipitations sont d'autant plus nécessaires qu'ils concernent non seulement la modification artificielle du temps, mais aussi l'évaluation des évolutions du climat et la prévision de phénomènes violents comme les orages, les fortes averses, les chutes de grêle ou les coups de vents violents. En France, de nombreuses études sur le sujet sont menées en particulier à Météo-France, à l'Institut national des sciences de l'univers (CNRS/Insu) et dans les laboratoires des universités de Clermont-Ferrand, Lille, Paris ou Toulouse. Ces recherches mettent en œuvre des moyens conséquents et nécessitent le plus souvent une importante collaboration internationale.

Preuve de l'optimisme qui est affiché dans l'espoir d'obtenir bientôt des résultats positifs, de nombreuses expériences d'augmentation des précipitations sont poursuivies dans plusieurs pays et en particulier aux États-Unis où 59 opérations d'ensemencement, couvrant 1,5 fois la superficie de la France métropolitaine, ont été répertoriées.

La géo-ingénierie pour lutter contre le réchauffement ?

Du côté de la géo-ingénierie, si pour refroidir la Planète les idées foisonnent, la plupart d'entre elles ne prennent pas en compte toute la complexité des mécanismes du climat. À ce stade des connaissances, leurs effets sont encore incertains. Nous ignorons l'ensemble des conséquences possibles dont certaines pourraient devenir incontrôlables et bien plus graves que les effets combattus.

Les recherches devront donc être poursuivies. Et si la lente progression de la recherche est souvent incompatible avec l'impatience des opérateurs soumis à la pression d'événements parfois catastrophiques, nous ne devons pas oublier qu'il n'existe pas aujourd'hui de solution acceptable. Les réflexions menées sur des techniques de modification artificielle du temps et de géo-ingénierie ne doivent pas nous empêcher de développer en parallèle des méthodes plus sûres et plus efficaces, visant à réduire la pollution et les émissions de gaz carbonique, mais aussi à mettre en place une véritable politique de gestion des ressources en eau et de prévention des catastrophes naturelles ou provoquées.