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Historique des cyclones et système d'alerte cyclonique à la Réunion

Dossier - Le Cyclone DINA
DossierClassé sous :climatologie , DINA , cyclone

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Une étude passionnante et très développée sur le cyclone DINA qui passa sur l'île de la Réunion en janvier 2002 : rappel historique, histoire des cyclones, systèmes d'alertes ... Prenez votre souffle !

  
DossiersLe Cyclone DINA
 

150 ans de cyclone à la Réunion

  • 20 DÉCEMBRE 1844

"Le quartier Saint-Paul a été en partie submergé par les eaux du Bernica et des cascades. Il y a eu de un mètre à 1,50 m d'eau sur la chaussée (.) Une coulée du pont de la ravine des Grègues a été endommagée et il s'est fait des éboulements assez considérables aux rampes de Manapany et de Basse Vallée (.) La route de Salazie a été profondément dégradée dans plusieurs endroits au-delà de l'Escalier. Le débordement du Bras-Sec a comblé la source de Salazie d'environ 1,50 m de sable et de pierres" (rapport au gouverneur).

  • JANVIER 1845

"La mer a été affreuse pendant trois jours, des vagues énormes n'ont cessé de déferler avec violence sur toute la côte et dans plusieurs localités, dont Sainte-Suzanne. Elles ont envahi des parties du rivage où, de mémoire d 'homme, elles n'étaient jamais parvenues" (rapport au directeur de l' Intérieur)

  • 27 JANVIER 1850

"Vers les neuf heures du soir, une pluie torrentielle a commencé à tomber jusqu'au lendemain à 7 heures. Toutes les rivières étaient hautes à un degré effrayant ; la rivière du Mât avait tellement grossi que le remous montait au-dessus de la pile (.) Un grand nombre de cases du bourg de Saint-André ont été inondées par l'eau des ravines qui coulait avec impétuosité." (rapport au commissaire central)

  • 16/17 JANVIER 1858

"Le Bernica a débordé et est venu inonder la chaussée et se répandre dans les jardins et les maisons. Les crues se sont élevées à un mètre au-dessus du niveau de la route (.) Une dame, sa mère et son fils âgé de huit ans sonttombés dans un puits dont la margelle déjà très basse était recouverte par les eaux. Les deux femmes ont pu être sauvées, mais l'enfant s'est noyé." (rapport de la gendarmerie coloniale au gouverneur)

  • 10/11 FÉVRIER 1860

"Dès minuit, les rivières (.) commencèrent à déborder sur leurs rives mais sans inspirer de crainte sérieuse, de manière que les habitants demeurèrent dans une sécurité trompeuse et ne prirent aucune précaution pour se garantir des effets de l'inondation qui se déclara tout à coup vers 4 h du matin (.) La propriété des héritiers (.) a été ravagée et une case de gardien a été emportée. L'homme qui y habitait a péri dans les eaux ; on a retrouvé son cadavre hier. Un Malgache qui habitait une autre case (.) n'a pu se sauver qu'en pratiquant un trou au-dessus de la toiture et en y passant, ainsi quesa femme." (rapport au directeur de l'Intérieur) "La pluie n'a cessé de tomber depuis l'inondation, mais il y a eu un redoublement à partir du 22, qui a été en augmentant avec de très fortes rafales du 24 au 27, pendant soixante heures. Nous avons été écrasés par la pluie et le vent. Une grande quantité d'éboulis ont encore eu lieu." (rapport au commissaire central)

  • 2 FÉVRIER 1863

"Le sable, à chaque coup de mer, était enlevé avec une extrême rapidité de façon que déjà, les fondements des bâtiments de la douane et du port commençaient à se découvrir. C'est à ce moment que le caporal du Génie Bussière (.) fut entraîné à la mer ; du parc à charbon, ce malheureux fut transporté par les lames de l'autre côté du pont (.) A 2 h, une lame vint jeter en travers de la rue Labourdonnais une des grosses embarcations des marines ; le garde de police Aristole Hortencia n'eut pas le temps de se retirer et fut écrasé entre cette embarcation et un canon-borne." (témoignage du commissaire de police de Saint-Paul dans "Le Moniteur de la Réunion")

  • MARS 1868

"Toutes nos ravines et rivières ont coulé comme on ne l'avait pas vu depuis bien longtemps. Les cultures ont été ravagées. La récolte de maïs peut être considérée comme totalement perdue ; on estime à trois cinquièmes la perte éprouvée sur celle du café." (rapport de Saint-Pierre au directeur de l' Intérieur)

  • 6 JANVIER 1871

"L'avalaison a été si forte que la plupart des affluents de la rivière du Mât ont débordé sur plusieurs propriétés, qu'ils ont dégradées et même creusées, et ont emporté les passerelles qui avaient été établies." (rapport au directeur de l'Intérieur)

  • 16/17 FÉVRIER 1872

"Au bout de l'étang et sur toute l'étendue de la chaussée, l'eau a pénétré de tous côtés. Les maisons sont inondées, quelques-unes même renversées (.) Tout le territoire de la chaussée qui embrasse une grande partie du centre de Saint-Paul a été entièrement submergé par le débordement des ravines." (rapport au directeur de l'Intérieur) "Une boutique habitée par l'Indien (.), bâtie entre la route du littoral et les pas géométriques a eu toute sa partie nord endommagée par la mer. Cet Indien a dû fuir avec toute sa famille et abandonner une partie de ses marchandises, effets et animaux, qui ont été enlevés par les lames." (rapport au directeur de l'Intérieur - Sainte-Marie) "A la Plaine-des-Cafres, l'ouragan a duré 24 heures de plus que sur le littoral (.) Les récoltes sont entièrement détruites. La pluie a été si forte qu'elle a sillonné et creusé des champs entiers. Les pommes de terre arrachées ont été emmenées à des distances considérables." ("Le Courrier de Saint-Pierre")

  • 27 JANVIER 1874

"Dans la nuit du 27 au 28, par le calme le plus profond, une petite trombe venant de la mer a franchi les pas géométriques dans les environs de laRavine-Creuse, et a enlevé sur son passage deux cases de pauvres gens, et a fait sentir son action jusqu'à 5 ou 600 mètres à l'intérieur des terres." (rapport au directeur de l'Intérieur)

  • 23 MARS 1874

"Pont Laperrière à Saint-Gilles emporté par les eaux, radier emporté, pont du cimetière détruit. Une forte partie de l'un des trois ponts enlevée (.) Plus de deux pieds d'eau dans la geôle où il existe aussi des dégradations." (rapport du commissaire de police de Saint-Paul) "Tous les ravins et ravines ont donné avec une violence rare et les crues en ont été assez exceptionnelles pour qu'on doive remonter pour trouver de pareilles à 24 ou 25 ans (.) Le radier de la rivière d'Abord a complètement été enlevé. La crue de cette rivière a été exceptionnelle (.) Le Petit Bassin et l'avant-port ont en partie été comblés (.) Les eaux de la Ravine se sont élevées à près de trois mètres, si ce n'est davantage, au -dessus de son lit." (rapport au directeur de l'Intérieur) "Le 28 au matin, tous les cours d'eau avaient grossi ; la rivière du Rempart était impétueuse et le 29 au matin, elle menaçait d'enlever un magasin (.) Je suis monté avec un gendarme, le commissaire de police, le conducteur des Ponts et Chaussées et quelques hommes jusqu'à six kilomètres environ afin de porter secours à cette famille ; mais comme il n'y a pas de chemin tracé et que le rempart est à pic et très élevé, qu'en outre la pluie et la brume ne permettait pas de s'aventurer dans le rempart, les hommes qui devaient y descendre ont renoncé." (rapport d'un chef d'escadron au commandant de la compagnie)

  • 26 NOVEMBRE 1875

"Cette femme demeure à cinq minutes de marche de cette vallée. Entre cinq heures et demie et six heures, elle entendit un bruit semblable au grondement du tonnerre, et qui se prolongea pendant quinze ou vingt secondes. Puis elle ressentit une forte secousse accompagnée d'un fracas épouvantable, comme une détonation d'artillerie (.) Un homme était dans sa case, placée sur le gradin le plus élevé à l'ouest du Gros-Morne, lorsqu'il entendit un bruit terrible. Se précipitant dehors, il vit passer un nuage noir, puis des arbres, de la terre, des pierres qui rebondissaient au fond de la vallée. Le sol trembla. Tout ça dura deux à trois minutes (.) Le talus en gradins qui s'étendait au pied du Gros-Morne a complètement disparu, sans laisser aucun vestige. A la place s'ouvre une vaste excavation dont le fond est à 60/70 mètres au-dessous d'un petit champ de maïs (.) Au fond de l'excavation s'est formé un petit lac aux eaux troubles (.) Au-dessus de l'endroit où se terminait le talus habité, la montagne a subi une perte du substance jusqu'à mi-hauteur, c'est-à-dire 1 200 m environ." (rapport de la commission d'enquête sur l'écroulement du Gros-Morne - 62 morts)

  • 15 JANVIER 1878

"La rivière des Remparts, celle de Langevin et toutes les ravines présentaient le 15 à 3 heures après-midi, au moment où la tempête avait atteint son plus haut degré de violence, l'aspect de véritables torrents auxquels aucun obstacle n'aurait pu résister. La ravine Jean-Petit a donné une telle quantité d'eau (.) que ceux qui passaient à peu de distance de son lit avaient de l'eau jusqu'à la hauteur du buste." (rapport au directeur de l'Intérieur) "La pluie a été très abondante, toutes les ravines sont descendues (.) Il y a eu sur la chaussée jusqu'à six pieds d'eau. La mer est arrivée devant les établissements de marine. Deux bateaux qui se trouvaient en rade ont disparu. Un Indien a été noyé au bout de l'étang." (rapport de Saint-Paul au directeur de l'Intérieur) "Je me suis transporté ce matin au lieu-dit le Champ-Borne, sur la propriété civile du Colosse (.) à l'effet d'opérer les levées de cadavres de six individus de caste indienne, y compris deux enfants, âgés de 13 et 6 ans, appartenant au-dit établissement, trouvés morts accidentellement sous les décombres de l'hôpital qui s'est effondré ce matin, vers une heure, à la suite d'une trombe de mer." (rapport du commissaire de police de Saint-André) "Mercredi 16 au réveil, le quartier Sainte-Marie offrait à l'oil attristé un spectacle navrant (.) Plusieurs petites cases (dix environ) qui se trouvaient au bord de la mer (.) ont été enlevées dans la nuit par la mer dont les lames arrivaient jusque sur la grande route." (rapport au directeur de l'Intérieur) "Depuis le village jusqu'au pont de la Savanne, ce ne sont qu'éboulis (.) A l'entrée du chemin des Freis, il y a un très fort éboulis d'une longueur de 50 m au moins qui a entraîné la maison en bois du sieur Beuf qui a tout perdu." (rapport de Salazie au directeur de l'Intérieur)

  • 21/22 MARS 1879

"Vers 9 heures du matin, la crue d'eau descendait avec une telle impétuosité qu'elle passait par-dessus les parapets du pont, nous bloquant dans la caserne durant 24 heures (.) Je crois que pour la sécurité de la brigade, il serait bon de demander à ce que le casernement change de place. D'autant plus qu'en pareil cas, nous ne pouvons être d'aucun secours à la population." (rapport du brigadier commandant la brigade du Tampon) "Cyclone terminé, a été assez violent. beaucoup d'eau dans la partie basse de la ville. La crue du Bernica plus forte que les autres années (.) pont de la Plaine endommagé, pont de Saint-Gilles emporté. Sur rampes de l'ancienne route au-dessus de la cure, un fort éboulis, routes abîmées, pas encore de nouvelles précises des campagnes." (rapport au directeur de l'Intérieur)

  • FÉVRIER 1892

"Les cabanons des engagés de cet établissement ont été fort endommagés. Le raz de marée a été violent, les lames ont pénétré même jusqu'aux camps, enlevé leurs toitures en tuile. Les hommes ont perdu tous leurs animaux ; le pont de cette marine a été enlevé par la force de la mer." (rapport au directeur de l'Intérieur)

  • 6/9 MARS 1899

"Viens vous informer que nombreux éboulis interceptent communication sur la route. Télégraphe ne fonctionne pas entre Saint-André et village. Beaucoup de dégâts." (message de Salazie au directeur de l'Intérieur) "Violent cyclone hier dans la soirée. Plusieurs maisons écrasées, écuries Kerveguen écroulées, mules tuées. Gardien d'écurie supposé encore sous les décombres (.) Comme route nationale encombrée, circulation impossible avant deux jours." (dépêche télégraphique).

  • 1948

passage au plus près de la Réunion à 30 km à l'ouest dans la nuit du 26 au 27 janvier. Pression 967 hPa (725 mm) au Port. Rafales de vents supérieures à 220 km/h. Pluies très abondantes surtout dans l'Ouest : 625 mm le 26janvier à Bois-de-Nèfles Saint-Paul. 165 morts et perte totale des cultures vivrières. Secousses sismiques. Pression de 940 hPa au passage de Saint-Brandon.

Les différents cyclones

  • Giselle

passage à 20 km au nord-ouest le 28 février. Pression : 968 hPa et vents de 180 km/h à Gillot. 1 689 mm de précipitations à Bélouve en 24 h. Dégâts importants par ravinement. Cultures très endommagées.
  • Denise

passe sur l'île dans la nuit du 7 au 8 janvier. Pression : 978 hPa à Gillot. Vents de 180 km/h au Chaudron. 1 825 mm de précipitations en 24 h à Foc-Foc. Trois morts, dégâts importants aux cultures, routes coupées et inondations. Hyacinthe : trois fois à proximité de la Réunion, au nord, à l'ouest puis à 70 km au sud le 27 janvier. Pression : 978 hPa au Port. Vents de 137 km/h à Gillot. Pluies considérables du 16 au 27 janvier : 5 181 mm à Foc-Foc. 25 morts, dégâts considérables dus aux pluies.
  • Florine

passe à 25 km au sud-est le 7 janvier 1981. Pression : 973 hPa à Gillot. Vents supérieurs à 234 km/h à la Plaine-des-Cafres. 1 161 mm de précipitations en 48 h à Foc-Foc. 95 logements détruits. Amplitude de 5,20 m e la houle en baie de la Possession.
  • Clotilda

passe sur l'île le 13 février 1987. Pression : 977 hPa et vents de 173 km/h à Gillot. 1 504 mm de pluies le 12 février à Commerson. Neuf morts. Dégâts très importants surtout sur le Nord. Marée de tempête à Saint-Gilles.
  • Firinga

passe sur l'île le 29 janvier 1989. Pression 962 hPa au Port. Vents de 216 km/h à Saint-Pierre et à la Plaine-des-Cafres. 1 277 mm en 24 h à Casabois.Quatre morts. Dégâts très importants surtout dans le Sud.
  • Colina

passe sur l'île le 19 janvier 1993 en soirée. Pression 976 hPa à Saint-Pierre. Vents de 205 km/h à la Plaine-des-Palmistes. 894 mm de pluies à la Nouvelle le 19 janvier. Deux morts. Dégâts importants sur infrastructures et cultures. Forte houle.
  • Hollanda

Passe à 20 km au sud-est de la Réunion le 11 février 1994. Pression : 967 hPa à Saint-Pierre. Vents de 234 km/h à Sainte-Rose. 741 mm de pluies en 24 h à Grand Coude. Dégâts importants sur l'agriculture, les réseaux électrique et téléphonique.

Le système d'alerte cyclonique à la Réunion

** Vigilance cyclonique : Mise en garde contre le péril cyclonique. Une perturbation tropicale évolue sur la zone et constitue une menace potentielle pour La Réunion dans les jours à venir. A ce stade, la vie continue normalement, mais toutes les mesures préventives doivent être prises par les particuliers. Sorties en mer et longues randonnées sont formellement déconseillées.

** Alerte orange : Danger dans les 24 heures à venir. Fermeture des établissements scolaires.

** Alerte rouge : Danger cyclonique imminent. Fermeture des établissements publics et privés. Interdiction totale de circuler et de sortir de chez soi. Le passage en alerte rouge est précédé d'un préavis de 3 heures.

** Fin de menace cyclonique : Danger cyclonique écarté, retour à la normale.

Les normes anticycloniques : Une règlementation pour résister aux vents

** "Manifestement les désordres sont moins importants qu'il y a dix ans ». Jean Pothin, l'un des contrôleurs de la Socotec, un des trois organismes de contrôle des constructions à la Réunion, résume en une phrase ses premières observations. Le cyclone Dina, malgré ses pointes de vent à presque 300 km/h (estimations de Météo France, au Colorado) n'aura pas eu les effets de certains de ses prédécesseurs. Bien sûr, de nombreuses cahutes ont souffert. Toits arrachés, murs effondrés, vitres explosées. Les dégâts sont considérables. Pourtant, les normes anticycloniques imposées aux constructeurs étatiques ont permis de sauvegarder des bâtiments qui se seraient sans doute couchés au début des années 90.
Grâce aux nouvelles normes anticycloniques, les structures doivent être de plus en plus résistantes. Malheureusement, la législation n'obligent pas les entrepreneurs privés et les particuliers à respecter ces normes. Aucune sanction n'est possible contre les maîtres d'ouvre ayant bâti des maisons avec quelques clous, trois poutres de bois et de la tôle fine. Après la violence d'un tel cyclone, il ne reste pas grand-chose des maisons de ceux qui, par souci économique, auront préféré accroché leur toiture avec des clous plutôt qu'avec des boulons. Aujourd'hui, seuls les bâtiments publics tels que les HLM ou les aéroports sont soumis à ces règles précautionneuses.

** Les agents de la Socotec, de Véritas et de Dides, qui sont en ce moment sur le terrain pour évaluer les mesures à prendre, ne s'étonnent plus vraiment de ces maisons brisées. « On fait un travail énorme de pathologie. 80 % des sinistres qui se sont produits sont connus. On sait comment y remédier mais cela a un coût. Actuellement je me rends sur les sinistres et je cherche à comprendre ce qui s'est passé », précise Jean Potin. Auteur d'un ouvrage publié en 1992 sur les dégâts que peut provoquer un cyclone, il connaît bien ce domaine. Depuis 20 ans, il surveille les constructions. «On contribue à l'élaboration de la réglementation. Malheureusement on n'est pas assez suivis», ajoute-t-il. Une réglementation intitulée « Règles NV 65 (pour neige-vents) » édicte les normes à respecter dans le BTP. Les Dom, et notamment la Réunion, sont classés 5, ce qui est le maximum pour une zone cyclonique. Globalement, pour la Réunion, la majoration des normes métropolitaines atteint 50 %.

La classe 5 décrète des normes qui permettent aux infrastructures de résister à des vitesses de vents d'un minimum de 210 km/h et pour un coefficient de site de 1,20. Sans entrer dans des détails techniques complexes, une construction de 10 mètres de hauteur doit pouvoir résister à des pressions de vent de plus de 250 kg par m2. Et c'est là que la chose est surprenante. Les normes cycloniques préconisent des constructions pouvant résister à des vents de 210 km/h. Or la Réunion, en période de cyclone, affronte des vents dépassant allégrement cette vitesse. Il n'est pas rare d'atteindre plus de 250 km/h. «Trop souvent, l'argument économique est trop pris en compte par les artisans du BTP. Par exemple, on met de moins en moins de volets aux fenêtres des maisons parce que ca coûte plus cher", souligne Jean Pothin, en déplorant les risques qu'ils font courir aux habitants. Les trois bureaux de contrôle réunionnais n'effectuent leurs observation que dans les bâtiments publics et les logements sociaux.

Les études de terrain après le passage d'une tempête ou d'un cyclone ont montré que ces normes devaient être revues à la hausse. Pour l'instant, il n'en est rien. Car jusqu'ici, les cyclones détruisent seulementles bâtiments, mais ne tuent pas. Les autorités attendent peut-être, une fois encore, que l'on retrouve sous une maison quelques personnes décédées à la suite d'un effondrement dû aux vents violent pour prendre les mesures qui s'imposent.