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Albi et l'île de La Réunion deviennent patrimoine mondial

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L'Unesco vient d'inscrire à la liste du patrimoine mondial de l'humanité deux sites français : la Cité épiscopale d'Albi ainsi que les pitons, cirques et remparts de La Réunion.

La Cité épiscopale d'Albi, avec l'église Sainte-Catherine et le palais de la Berbie. © Mairie d'Albi

A Brasilia, plus de 180 pays sont réunis jusqu'à demain pour la 34e session du Comité du patrimoine mondial de l'humanité. Parmi les 39 sites candidats, la France décroche deux médailles avec l'inscription de la vieille ville d'Albi et le Parc national de La Réunion, pour ses formations géologiques et ses écosystèmes.

Pour être sélectionné, un site « doit avoir une valeur universelle exceptionnelle et satisfaire à au moins un des dix critères de sélection ». Le comité a retenu la Cité épiscopale d'Albi (après une étude de 18 mois de son dossier) pour deux de ces critères (le 3 et le 4). C'est tout le cœur de la vieille ville qui a été choisi pour son architecture médiévale typique, notamment le Pont-Vieux, l'église Saint-Salvi et son cloître (datant des dixième et onzième siècles). S'y ajoutent bien sûr la cathédrale Sainte-Cécile ainsi que le palais épiscopal de la Berbie, construits au treizième siècle par les catholiques après leur victoire contre « l'hérésie cathare » portée par la révolte dite des Albigeois. Aujourd'hui, ce palais abrite le musée Toulouse-Lautrec, le peintre étant en effet natif de la ville. « La cité épiscopale d'Albi forme un ensemble de monuments et de quartiers cohérent et homogène qui n'a pas subi de changements majeurs au fil des siècles » argumente l'Unesco.

C'est aussi pour son architecture et son histoire que le Parc national de La Réunion a été choisi mais il s'agit là de phénomènes naturels, qui ont sculpté les pitons, les cirques et les remparts, aujourd'hui distingués par l'Unesco. L'architecture est l'œuvre d'une activité volcanique récente et l'histoire celle des colonisations par des organismes vivants, végétaux et animaux. Surgi de la surface de l'océan il y a trois millions d'années, ce jeune territoire culmine à plus de 3.000 mètres (le Piton des Neiges, 3.070 m) et abrite désormais de nombreuses espèces endémiques.

Le parc national de La Réunion occupe 40% de la surface de l'île et comprend les célèbres pitons, les remparts et les cirques. On y trouve des écosystèmes très particuliers, comme les forêts ombrophiles subtropicales, les forêts de brouillard (forêts tropicales d'altitude) et des landes. © Parc national de La Réunion

Près d'un millier de sites naturels et historiques

Créé en mars 2007, le Parc national, qui occupe 40% du territoire de l'île de 2.500 kilomètres carrés, protège des zones exceptionnelles, habitées ou non. On y trouve les fameux pitons, formations volcaniques dont celui de la Fournaise est l'un des volcans les plus actifs au monde, mais aussi des cirques, dont le célébrissime Mafate. Quant aux remparts, ce sont d'immenses et abruptes falaises, jusqu'à 800 mètres de hauteur, formant une vallée de plus de vingt kilomètres de longueur, créée par l'effondrement d'une caldeira. Il y a bien longtemps, un cours d'eau, aujourd'hui la Rivière des Remparts, a emprunté et élargi ce canal naturel.

L'ensemble « sert d'habitat naturel à une grande diversité de plantes présentant un degré d'endémisme élevé [...], le tout formant une mosaïque d'écosystèmes et de caractéristiques paysagères remarquables » explique l'Unesco.

La cité épiscopale albigeoise et les formations volcaniques de La Réunion deviennent respectivement les 34e et 35e sites français à être inscrits au patrimoine de l'humanité sur une liste qui compte aujourd'hui 910 noms. La commission de cette 34e session a jusqu'ici retenu 21 sites, plus trois sur la liste du « Patrimoine mondial en péril », dont le Parc national des Everglades, aux Etats-Unis. En revanche, les îles Galapagos, qui étaient considérées elles aussi comme « en péril », ont été retirées de cette liste.