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Impact environnemental de l'alimentation : pollution, coût carbone...

Dossier - Les secrets des fruits et légumes
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Les fruits et légumes font partie intégrante de notre alimentation. Alors que notre consommation est en dessous des recommandations des nutritionnistes, comment peut-on nous redonner l'eau à la bouche, tout en préservant notre environnement ?

  
DossiersLes secrets des fruits et légumes
 

Les fruits et légumes sont une des bases de notre alimentation. Mais quel est l'impact de la culture et de la distribution de ces produits sur l'environnement ? Quelle est la responsabilité du consommateur ? Quelle part de la pollution est liée à la production de ces aliments, et quel est leur coût carbone ?

Labourage des champs au printemps. © Jackmac34 - Domaine public

En tant que consommateurs, nous sommes soumis à des choix dans notre alimentation. Bien que la société et les supermarchés nous proposent de consommer presque aveuglément, sans réfléchir, il est parfois nécessaire de comprendre l'impact de nos choix. En France, nous consommons une alimentation riche en viande et en lait, ce qui d'après les nutritionnistes n'est absolument pas nécessaire pour fournir les nutriments dont nous avons besoin, et serait même nuisible à notre santé (trop de lipides, moins de glucides mais autant de protéines).

Coût carbone

L'environnement n'est pas non plus épargné, ce choix alimentaire étant classé 5e sur les 6 typologies alimentaires existantes. En terme de coût carbone, une alimentation riche en viande et en lait représente pour chaque consommateur l'équivalent de 3 tonnes de CO2 émises par an. Une alimentation conventionnelle carnée (à base de viande ou de poisson chaque jour) en consommerait 5 tonnes, ce qui n'a rien d'étonnant puisque d'après la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), 7 à 10 kilocalories végétales sont nécessaires pour produire une kilocalorie animale. Tout naturellement, une consommation à dominante végétale, sans changer nos modes de vie ni même de lieu d'achat, réduirait cette équivalence CO2 à 1,5 tonne par an et par habitant, de quoi protéger, un peu (et facilement), notre planète.

On sait que les fruits et légumes sont moins coûteux en CO2. Pour optimiser au mieux le coût carbone lié à notre alimentation, encore faut-il judicieusement les choisir ! 

Quels produits choisir ?

En ce qui concerne le coût environnemental, le consommateur n'est pas dénué de responsabilités, même sans le savoir : c'est parfois lui qui consomme le plus de gaz à effet de serre dans le circuit de distribution en parcourant un long trajet pour faire ses courses en hypermarché puis aller se fournir en fruits et légumes chez son primeur.

Des études ont montré que l'agriculture biologique est moins coûteuse en énergie que l'agriculture conventionnelle. L'émission de gaz à effet de serre par personne et par an est donc en faveur des produits étiquetés biologiques, quel que soit le régime alimentaire étudié.

Mais le mode de production n'est pas le seul paramètre à prendre en compte : le lieu de production est aussi essentiel ! On a toujours tendance à penser que les produits cultivés localement sont meilleurs pour l'environnement car on confond souvent « local » et « durable », mais ce n'est malheureusement pas toujours le cas.

En effet, les « circuits courts » où il y a peu d'intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs sont souvent bien moins organisés que les « circuits longs » où les intermédiaires sont nombreux (transport, stockage, transformation, centre commercial...). Les fruits et légumes transportés en camionnette par petites quantités sur des dizaines de kilomètres, sont souvent plus coûteux en énergie qu'un distributeur d'hypermarchés qui livre plusieurs tonnes de fruits et légumes en un seul trajet.

Rééduquer les consommateurs

Les produits locaux ne sont donc pas forcément moins coûteux en énergie que les produits issus de l'importation.

Les serres chauffées nécessitent l'utilisation de beaucoup d'énergie. © Stockvault

Les consommateurs sont aujourd'hui habitués à retrouver dans leurs supermarchés les mêmes fruits et légumes, quelle que soit la saison. Pour satisfaire la demande, il n'existe que deux solutions : produire localement sous serres ou importer de pays adaptés à la production en pleine terre. Pour l'une ou l'autre des solutions, l'énergie nécessaire est beaucoup plus importante qu'une production nationale en pleine saison. Il est peut-être temps de rééduquer les consommateurs et de leur réapprendre la saisonnalité des produits frais...

Pollution du sol

Les productions sont coûteuses en énergie, mais l'usage des produits phytosanitaires, d'engrais et d'eau sont aussi néfastes pour l'environnement. Le plan Écophyto 2018 instauré au grenelle de l'environnement en 2007, vise à réduire de 50 % l'usage des produits phytosanitaires en 10 ans. Pour y parvenir, des moyens ont été mis en œuvre comme le développement de l'agriculture biologique, la formation des agriculteurs sur les solutions alternatives, et surtout faire travailler les scientifiques agronomes sur le sujet.

Certains groupes de l'Inra participent donc à ces recherches, en testant de nouvelles stratégies de gestion des cultures et leurs effets sur la qualité des produits et des sols. L'importance des intercultures et l'efficacité des engrais verts sont donc évalués, de même que les effets de différences de niveaux d'irrigations.