Dans les traditions de nombreux pays du Nord, ainsi qu'en Alsace, la cigogne blanche est donnée pour apporter les bébés aux parents. © Patrick Straub

Planète

Cigogne blanche

DéfinitionClassé sous :zoologie , cigogne blanche , oiseau

Cigogne blanche (Linnaeus 1758) - Ciconia ciconia

  • Ordre : Ciconiiformes
  • Famille : Ciconiidae
  • Genre : Ciconia
  • Taille : 1,00 à 1,25 m (envergure 1,55 à 2,15 m)
  • Poids : 2,3 à 4,4 kg
  • Longévité : 25 à 30 ans

Statut de conservation UICN : LC Préoccupation mineure

Description de la cigogne blanche

La cigogne blanche est un oiseau échassier au plumage totalement blanc à l'exception de l'extrémité des rémiges primaires et secondaires qui sont noires. Les longues pattes et le bec, droit et effilé, sont rouges. L'oiseau possède un long cou. Les ailes sont longues et larges pour être adaptées au vol ascensionnel.

Couple de cigognes blanches à l'écomusée d'Alsace. © Patrick Straub

Habitat de la cigogne blanche

La cigogne blanche habite principalement dans les espaces ouverts et dégagés de pacages et de culture, dans les prairies humides, les marais et les zones inondables en Europe jusqu'en Ukraine, en passant par la Pologne et l'Arménie, jusqu'au Moyen-Orient et en Orient, jusqu'en Chine et au Sri Lanka et, enfin, en Afrique où elle hiverne. Elle est plus rare dans les pays nordiques. La cigogne blanche évite les lieux boisés, broussailleux ou couverts d'herbes hautes.

Un arbre peut accueillir plusieurs couples. © Patrick Straub

Comportement de la cigogne blanche

La cigogne blanche est un oiseau grégaire dont les regroupements dans les zones d'hivernage peuvent atteindre des milliers d'individus. Mais, généralement, les groupes n'excèdent pas quelques dizaines d'oiseaux. Les cigognes blanches se réunissent en petites bandes pour chasser et forment de petites colonies pour nidifier. Le couple reste uni pour la vie. 

Lors de la parade nuptiale, la cigogne blanche adopte des postures curieuses dont celle qui consiste à rejeter la tête en arrière sur le dos en claquant du bec. Bien qu'il n'y ait pas de structure sociale à proprement parler, il arrive que l'oiseau pratique le toilettage réciproque.

C'est un migrateur au long cours qui peut parcourir de longues distances depuis son lieu d'hivernage jusqu'à celui où il construira son nid. Ses longues et larges ailes font de lui un grand voilier qui sait utiliser les courants ascensionnels. Le fait que la cigogne blanche soit capable d'essorer de la mousse ou de la sphaigne pour faire boire ses poussins, en fait une utilisatrice d'outils.

Choix du matériau de construction du nid de cigogne. © Patrick Straub

Reproduction de la cigogne blanche

La cigogne blanche nidifie sur des lieux situés en hauteur et accessibles compte tenu de l'envergure des ailes : arbres, clochers, tours ou même pylônes électriques. Le nid est réutilisé d'année en année. La femelle dépose généralement quatre œufs blancs à raison d'un tous les 2 jours. L'incubation est assurée par les deux parents pendant un peu plus de 30 jours pendant la journée et par la femelle seule durant la nuit. Le couple n'élève qu'une seule couvée par an.

Les conditions météorologiques humides et la fraîcheur de la température jouent un rôle important dans la mortalité infantile. À l'éclosion, les jeunes pèsent environ 75 g mais leur masse corporelle augmente rapidement jusqu'à atteindre 3 kg en l'espace de 6 semaines, tandis que le bec croît en longueur sur cette même période pour atteindre sa taille définitive. Les poussins quittent le nid et effectuent leur premier vol au bout de 2 mois environ. Ils atteignent leur maturité sexuelle vers 4 ans.

Parade les pieds dans l'eau. © Patrick Straub

Régime alimentaire de la cigogne blanche

La cigogne blanche se nourrit d'une grande variété de proies qu'elle chasse de préférence dans des secteurs où l'herbe est rase. Il est fréquent de la voir apparaître en nombre après le fauchage d'une prairie. Son régime alimentaire, qui varie selon le secteur géographique, est essentiellement constitué d'insectes, de lombrics, de reptiles ou d'amphibiens mais l'oiseau peut également manger de petits mammifères tels que les campagnols. Dans les régions d'hivernage, il se nourrit aussi de poissons, mollusques, crustacés et même de scorpions.

Cigogne blanche avec un rongeur dans le bec. © Matthias Barby, GNU FDL Version 1.2

Menaces sur la cigogne blanche

La France ne comptait plus que quelques rares couples nicheurs en 1976, dont 5 en Alsace alors que 15 ans plus tôt, on en dénombrait 145 dans cette région. Leur déclin brutal est principalement dû à l'implantation des lignes à haute tension, à la culture intensive du maïs associée à l'utilisation de pesticides, à la chasse dans les contrées d'hivernage et aux insecticides employés pour la lutte contre les criquets.

La chute des effectifs a été pratiquement similaire dans tous les pays d'Europe jusqu'à ce qu'une prise de conscience ait lieu. Depuis, des associations se sont mobilisées pour repeupler les régions où les cigognes avaient jadis élu domicile. Les menaces actuelles sont toujours les mêmes mais s'y rajoute la dégradation de leur environnement naturel tel que l'assèchement des zones humides.

Grâce aux élevages et à la sédentarisation, les effectifs sont en progression constante dans tous les pays d'Europe. Les cigognes commencent même à perdre leur instinct naturel de migration. Sans que cela ne soit expliqué, il est probable que le radoucissement du climat y soit pour quelque chose. La colonisation spontanée de l'Ouest de la France (Charente-Maritime et Vendée) reste un mystère.

Cigogne blanche se posant au faîte d'un arbre. © Patrick Straub

Ci-dessous, quelques parcs ou réserves où l'on peut observer la cigogne blanche.

France

  • Centre d'élevage et de réintroduction « cigognes et loutres » de Hunawihr ;
  • Réserve naturelle de l'estuaire de la Seine ;
  • Marais de Saint-Jean-d'Angle en Charente-Maritime.

Croatie

  • Réserve ornithologique de Lonjsko Polje et le village de Cigoc.

Pologne

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