De la mi-août à mi-septembre, la migration des cigognes bat son plein. C'est l'occasion, pour la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) de rappeler que ce bel oiseau, après avoir frôlé la disparition, retrouve peu à peu ses effectifs en France, et que toute observation de cigognes en migration l'intéresse !
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Qui ne connaît pas la cigogne blanchecigogne blanche ? Avec son long becbec, ses pattes rouges et ses rémigesrémiges noires, son envergure de plus d'un mètre et demi, la tradition populaire l'a de tous temps parée de vertus : portant bonheur aux maisons sur lesquelles elle construit son nid, acheminant les nouveau-nés dans les baluchons...

<br />Cigogne &copy; LPO Loire-Atlantique.

Cigogne © LPO Loire-Atlantique.

C'est aussi, et c'est une bonne nouvelle, une espèceespèce qui, après avoir failli disparaître de France ( 9 couples en 1974 !), se porteporte mieux, grâce à la protection tenace dont elle a fait l'objet, notamment en Alsace. En 2005, on comptait jusqu'à 1 027 couples nicheurs en France dont 339 en Alsace et 150 en Charente-Maritime. L'effort ne doit pas se relâcher, car les causes qui avaient fait disparaître la cigogne il y a trente ans sont toujours présentes : agricultureagriculture intensive, pesticidespesticides, pollution, assèchement des zones humideszones humides, électrocutionélectrocution, tir...mais aussi destruction sur leurs lieux d'hivernage africains, où elles sont chassées et empoisonnées lors des traitements chimiques contre les criquets.

En France, les oiseaux que l'on voit ne sont pas tous nicheurs : une bonne partie sont des migrateursmigrateurs de passage. Ceux-là nous rendent visite deux fois par an. En mars d'abord, quand la cigogne blanche rejoint ses zones de reproduction : l'Allemagne et les Pays-Bas. Puis en août, quand elle repart dans ses quartiers d'hiverhiver : l'Espagne ou l'Afrique noire (Mali, Sénégal...), mais parfois aussi en France où de nombreuses cigognescigognes (près de 1 000) passent l'hiver !

<br />Cigogne &copy; LPO Loire-Atlantique.

Cigogne © LPO Loire-Atlantique.

Les mois d'août et de septembre sont donc les plus favorables à l'observation de la cigogne. Depuis plusieurs années, certaines délégations de la LPOLPO se consacrent à leur étude : elles sont donc très intéressées par les observations de cigognes en migration qu'on peut leur communiquer ! Ce grand planeurplaneur a pour avantage de s'identifier assez facilement, de part sa grande taille et sa coloration en « noir et blanc ». La cigogne vole lentement, le cou tendu vers l'avant, généralement en groupe, et suit en France un axe Nord-Est/Sud-Ouest. Certains secteurs montagneux concentrent les effectifs, il est alors plus facile d'observer des oiseaux en migration active : axe rhodanien, Massif central ou Pyrénées, littoral languedocien... A cette époque, elles s'arrêtent régulièrement pour reprendre des forces, y compris au cœur des villages ou au milieu des champs de céréalescéréales. Fatiguées par leur périple, elles recherchent un repos salvateur qui est malheureusement souvent troublé par les curieux qui cherchent à les approcher.

Enfin, dans le cadre des activités de la Station biologique Audubon « EstuaireEstuaire de la Loire », la délégation LPO Loire-Atlantique mène depuis 2003 un programme de sensibilisation et de suivi scientifique de la cigogne blanche. Après la pose de balises ArgosArgos à pile sur deux cigogneaux au printemps 2004, deux nouvelles balises Argos (solaires cette fois-ci) ont été posées sur deux nouveaux cigogneaux au printemps dernier, qui devraient permettre de suivre une migration complète (aller et retour).

<br />Cigogne &copy; LPO Loire-Atlantique.

Cigogne © LPO Loire-Atlantique.

Alors, avec la LPO, observez les cigognes en migration. Vous aurez peut-être la chance de voir passer un groupe d'une vingtaine à une cinquantaine d'individus, spectacle grandiose qui n'en finit pas d'émerveiller le néophyte comme le spécialise de l'espèce.

Et la cigogne noirecigogne noire ?

La cigogne noire, nettement plus farouche, avec son bec rouge et son plumage sombre, n'a pas bénéficié des mêmes superstitions favorables. Sa migration est beaucoup plus discrète, et elle reste un nicheur rare en France (une quinzaine de couples en 2004). Mais ses observations intéressent tout autant la LPO que celles de la cigogne blanche !

Infos pratiques

- La LPO Loire-Atlantique propose de suivre le périple migratoire des cigognes qu'elle étudie sur son site webweb http://loire-atlantique.lpo.fr 

- La LPO Aude voit passer, de juillet à octobre, au moins 2 500 cigognes blanches et une cinquantaine de cigogne noire sur son site de migration de Gruissan (contact pour renseignements : 04 68 49 12 12).

- La LPO Champagne-Ardenne est à la recherche de toute observation de cigognes dans sa région. Appelez le 03 26 72 54 47 en précisant le lieu, la date et le nombre d'individus.