Entre 20 et 30 tornades dans sept États des États-Unis. Le tout en 24 heures seulement, ce vendredi 10 décembre 2021. C’est ce que rapportent les services météorologiques. Un phénomène d’une extrême violence.

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[EN VIDÉO] Une puissante tornade recréée par ordinateur Préoccupés par les centaines de tornades qui tourmentent le centre des États-Unis chaque année, les chercheurs de ce pays tentent de mieux comprendre la formation de ces monstres dévastateurs. Des scientifiques ont reconstitué avec un supercalculateur la tornade « El Reno », une des plus puissantes jamais observées, qui a frappé l’Oklahoma le 24 mai 2011. Elle détruisit tout sur son passage sur plus de 100 km durant près de deux heures… Grâce à cette simulation, on repère mieux les phénomènes à l'œuvre.

Ce week-end, les images de maisons littéralement soufflées, d'entrepôts effondrés, d'immeubles écroulés... de villes dévastées... rayées de la carte ont tourné en boucle dans les médias. Le sud-est et le Midwest des États-Unis ont connu, vendredi dernier, un épisode de tornades particulièrement violent. Les services météométéo ont enregistré entre 20 et 30 tornades sur sept États en 24 heures seulement. Pour vous donner une idée en nombre, c'est à peu près la moitié de ce qui se passe en France... en une année entière !

La puissance de l'une de ces tornades, en particulier, a été extrême. Sur l'échelle de Fujitaéchelle de Fujita qui classe en six catégories la force de ces événements selon les dommages causés, celles que les Américains appellent déjà la « Quad-State Tornado » se classe au moins EF4 -- depuis 1950, il n'y a eu que 19 de telles tornades sur les États-Unis. Voire EF5 -- seulement deux tornades aussi puissantes ont été enregistrées sur le pays en un mois de décembre depuis 1950 --, soit la catégorie la plus élevée. Alors même que le mois de décembre est traditionnellement le mois de l'année où moins de tornades se développent sur les États-Unis.

Une tornade particulièrement dévastatrice

Cette incroyable « Quad-State Tornado » aurait parcouru une distance de quelque 365 kilomètres sur quatre États -- l'orage qui l'accompagnait, lui, a même parcouru plus de 900 kilomètres. C'est à peu près la distance qui sépare Paris de Lyon. Et si les données devaient être confirmées par le National Weather Service, cela représenterait un record mondial. Celui-ci était jusqu'alors détenu par la « Tri-State Tornado » de 1925. Elle avait parcouru quelque 352 kilomètres.

En quatre heures seulement, la « Quad-State Tornado » a traversé l'Arkansas, Le Missouri, le Tennessee et le Kentucky.

Les dégâts occasionnés sont considérables. Un peu plus encore parce que la « Quad-State Tornado » a circulé de nuit. Des données radar montrent que des débris se sont élevés jusqu'à 9.000 mètres d'altitude avant de retomber au sol. Plus de 100 morts seraient d'ores et déjà confirmés.

Il semblerait que l'occurrence de tels clusters de tornades soit en augmentation dans la région. Peut-être un effet de conditions de températures et d'humidité rendues de plus en plus favorables au développement de telles tempêtestempêtes. Mais les chercheurs notent qu'il reste encore compliqué de relier un tel événement ponctuel au réchauffement climatique.


Le déferlement de tornades aux États-Unis n’est pas dû au réchauffement

Avec 350 morts et 10.000 maisons détruites, la centaine de tornades qui a balayé la semaine dernière plusieurs États du sud des États-Unis semble exceptionnelle. Apparemment, leur nombre  augmente depuis plusieurs décennies mais les météorologistes estiment que les changements climatiques observés à l'échelle planétaire ne sont pas en cause.

Article de Jean-Luc GoudetJean-Luc Goudet paru le 03/05/2011

Une tornade se forme par l'enroulement d'un air chaud autour d'une colonne ascendante. © mr_balage/ Flickr, Licence Creative Commons (by-nc-sa 2.0)
Une tornade se forme par l'enroulement d'un air chaud autour d'une colonne ascendante. © mr_balage/ Flickr, Licence Creative Commons (by-nc-sa 2.0)
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L'événement est désormais comparé, en ampleur, à la tempête Katrina, qui a notamment ravagé La Nouvelle-Orléans fin août 2005. Quelques-unes des tornades qui ont balayé le sud des États-Unis la semaine dernière étaient peut-être les plus puissantes observées depuis quarante ans. C'est l'avis d'un météorologiste de la NOAANOAA, Harold Brooks (National Severe Storms Laboratory, Norman, Oklahoma). Selon lui, les plus grandes ont dû atteindre 1,5 kilomètre au sol et une quinzaine en altitude, avec des ventsvents de plus 300 km/h. En moyenne, un pour cent seulement des tornades se transforment ainsi en serial killers mais, selon lui, cette proportion a dû être plus élevée la semaine dernière.

Pourtant, ces régions ont l'habitude des tornades. À chaque printemps, elles apparaissent dans les grandes plaines et commettent de gros dégâts. Ces tornades sont des phénomènes localisés et extrêmement puissants. Ce sont mêmes les manifestations météorologiques les plus violentes de l'atmosphère terrestre et les conditions leur sont particulièrement favorables au sud des États-Unis.

Chaque printemps, les conditions météorologiques favorisent la formation de tornades dans les plaines des États du sud-est des États-Unis, quand le courant d'altitude froid, venu du nord, rencontre l'air chaud venu du sud. Mais cette année, le phénomène a été particulièrement violent et meurtrier. © Idé
Chaque printemps, les conditions météorologiques favorisent la formation de tornades dans les plaines des États du sud-est des États-Unis, quand le courant d'altitude froid, venu du nord, rencontre l'air chaud venu du sud. Mais cette année, le phénomène a été particulièrement violent et meurtrier. © Idé

Des tourbillons petits mais très violents

Une tornade peut se former quand une masse d'airmasse d'air chaud et humide est surmontée d'une masse d'airair froid en altitude. La couche inférieure a tendance à monter et se refroidit à cause de la baisse de pressionpression. L'eau se condense et forme un nuage. Quand les volumesvolumes en jeu sont suffisants, apparaît un des deux géants des nuages : le cumulonimbuscumulonimbus, souvent reconnaissable à son enclume sommitale. Au centre une colonne d'air s'élève, ce qui génère une dépression, aspirant l'air environnant. Les surfaces concernées sont telles que se fait sentir la force de Coriolisforce de Coriolis, due à la rotation de la Terre, et c'est un mouvementmouvement tournant qui se forme autour de la dépression centrale, tandis que naissent des pluies et des orages.

Il peut arriver que ce mouvement tournant soit très localisé et que la dépression centrale se creuse démesurément alors que les vents alentour se resserrent de plus en plus. Se forme alors une tornade, sorte de tube évasé vers le haut qui peut atteindre 1 à 20 kilomètres de diamètre. Sa duréedurée de vie est le plus souvent de quelques minutes seulement mais peut aller jusqu'à quelques heures. Avec des vents qui peuvent avoisiner les 400 km/h, la tornade peut causer d'énormes dégâts, faisant voler maisons, voituresvoitures, camions, Hommes, animaux, arbresarbres...

Pulsations naturelles de l’atmosphère

Dans le sud des États-Unis au printemps, l'air polaire descendant du nord, aux environs de 10 kilomètres d'altitude, rencontre l'air chaud et humide venu, au ras du sol, du golfe du Mexique. Cet air polaire, de plus, a rencontré sur son chemin les montagnes Rocheuses qui lui ont fait prendre de l'altitude, ce qui favorise la condensationcondensation de l'eau en masses nuageuses.

« Si vous regardez les données des soixante dernières années, explique Grady Dixon, météorologiste à l'Université du Mississipi, dans des propos rapportés par l'AFP, vous remarquez que le nombre de tornades augmente significativement. Mais le consensus parmi les spécialistes des tornades est que cette augmentation n'est pas réelle. » Il ajoute que ce serait « une grosse erreur » d'imputer cette augmentation observée au réchauffement climatique global.

Mercredi 27 avril, les conditions anticycloniques étaient exceptionnelles au-dessus du golfe du Mexique. Ces conditions, selon Grady Dixon, auraient été favorisées par le récent épisode de La Niňa, déjà accusée d'avoir inondé l’Australie, et caractérisée, à l'inverse d'El Niňo, par un refroidissement des eaux de surface au centre et à l'est de l'océan Pacifique. « Nous savions alors que ce serait une grande année pour les tornades », affirme Grady Dixon, concluant que le phénomène est « relié aux fluctuations de la planète ».