Les niveaux de dioxyde de carbone, de méthane et de protoxyde d’azote mesurés dans l’atmosphère n’ont jamais été aussi hauts qu’en 2017. © DarwelShots, Fotolia

Planète

Gaz à effet de serre : 2017, l'année de tous les records

ActualitéClassé sous :climatologie , gaz à effet de serre , changement climatique

Dans son dernier « État du climat », l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) pose un diagnostic inquiétant. Les concentrations des principaux gaz à effet de serre dans notre atmosphère ont atteint des niveaux records en 2017.

Depuis 1996, l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) propose annuellement un « État du climat ». Pour 2017, ce rapport est basé sur les contributions de plus de 500 chercheurs répartis dans quelque 65 pays. Et ses conclusions sont alarmantes.

En 2017, la concentration atmosphérique en dioxyde de carbone (CO2) a atteint une moyenne de 405 parties par million (ppm), soit 2,2 ppm de plus par rapport à 2016. Selon l'analyse de bulles d'air piégées dans la glace, il s'agit de la plus forte concentration enregistrée depuis 800.000 ans. Les concentrations en méthane (CH4) et en protoxyde d'azote (N2O), deux importants gaz à effet de serre, ont également atteint des records : 6,9 parties par milliard de plus par rapport à 2016 pour le premier et 0,9 partie par milliard de plus pour le second.

En 2017, la hausse des températures consécutive à l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère a participé à la multiplication des feux de forêt partout dans le monde. Aux États-Unis, ce sont 4 millions d’hectares de forêts qui sont partis en fumée. © Skeeze, Pixabay, CC0

Le réchauffement climatique et ses conséquences

Conséquence : 2017 arrive en tête des années les plus chaudes hors phénomène El Niño, et elle se place en deuxième ou troisième position — selon les données considérées — depuis que les enregistrements existent, soit depuis la deuxième moitié des années 1800. Plusieurs pays rapportent par ailleurs avoir établi, au cours de 2017, de nouveaux records de température.

Parmi les autres faits marquants de 2017 :

  • des précipitations supérieures à la moyenne ;
  • une banquise arctique qui a atteint son plus bas niveau (étendue et épaisseur) depuis 37 ans malgré une couverture neigeuse printanière supérieure à la moyenne ;
  • le niveau moyen de la mer qui a aussi atteint un record, dépassant de 77 mm la hauteur moyenne enregistrée en 1993.
Pour en savoir plus

Les gaz à effet de serre dépassent (de nouveau) leurs records

La teneur de l'atmosphère en dioxyde de carbone a poursuivi sa hausse, avec près de 400 parties par million en 2014 sur l'ensemble de la planète, selon le dernier rapport de l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Les autres gaz à effet de serre ont eux aussi dépassé leurs concentrations de 2013.

Article de Jean-Luc Goudet paru le 9/11/2015

Sans surprise, le nouveau rapport de l’OMM (Organisation météorologique mondiale, une agence de l'ONU), paru aujourd'hui, fait état d'une concentration record en gaz à effet de serre en 2014. La comptabilité tenue ici par cet organisme n'est pas celle des émissions mais celle des quantités mesurées dans l'atmosphère en différents endroits du globe et exprimées en nombre de molécules (plus précisément en proportions), les principaux gaz à effet de serre (GES) étant le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4, dont 60 % des émissions sont d'origine humaine) et le protoxyde d'azote (N2O, à 40 % d'origine humaine). S'y ajoutent d'autres gaz, comme les CFC (chlorofluorocarbures)... et la vapeur d'eau. L'effet de cette dernière est important et, qui plus est, augmente avec la température puisque l'air chaud peut en emmagasiner davantage. L'ensemble des mesures est disponible dans le bulletin de l'OMM du 9 novembre.

La production de gaz à effet de serre en 2013 par les principaux pays émetteurs. © Idé

CO2 : les plus fortes valeurs jamais enregistrées

C'est le dioxyde de carbone, ou gaz carbonique, qui contribue au réchauffement, responsable de 65 % du forçage radiatif dû aux gaz à effet de serre. « Il est à l'origine de l'augmentation de ce forçage à hauteur de 83 % environ depuis une décennie et de 82 % ces cinq dernières années », détaille le bulletin de l'OMM. Les valeurs atteintes sont les plus fortes jamais enregistrées pour les trois premiers GES :

  • dioxyde de carbone (CO2) 397,7 ± 0,1 parties par million (ppm) ;
  • méthane (CH4) 1.833 ± 1 parties par milliard (ppb) ;
  • protoxyde d'azote (N2O) 327,1 ± 0,1 ppb.
Les principaux gaz à effet de serre et leur production en 2010, exprimée en tonnes équivalent CO2. © Idé

Ces valeurs, souligne l'OMM, « représentent respectivement 143 %, 254 % et 121 % des niveaux préindustriels, en 1750 ». Ces chiffres ne sont cependant pas surprenants car ils s'inscrivent dans une tendance bien établie. L'accroissement du dioxyde de carbone entre 2014 et 2013 (1,9 ppm, en valeur absolue) est d'ailleurs voisin de la moyenne des dix dernières années (2,06 ppm/an). En revanche, pour le méthane et le protoxyde d'azote, la hausse constatée est plus forte qu'entre 2012 et 2013 et, également, que la croissance moyenne durant les dix dernières années.

Globalement, « selon l'indice annuel d'accumulation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère (AGGI) publié par la NOAA (Administration américaine pour les océans et l'atmosphère), le forçage radiatif de l'atmosphère induit par les gaz à effet de serre persistants s'est accru de 36 % entre 1990 et 2014 ».

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi

Comment fonctionne l'effet de serre ?  On parle beaucoup de gaz à effet de serre et de réchauffement climatique ces dernières années mais savez-vous exactement comment se passe le phénomène ? Unisciel et l’université de Lille nous en disent plus dans cet épisode de Kézako.