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L'industrie de la pomme de terre : frites, chips et OGM

Dossier - La pomme de terre, un légume fondamental
DossierClassé sous :Jardinage , Nature , pomme de terre

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La pomme de terre est un légume que certains jardiniers hésitent à cultiver. Ils la considèrent peut-être comme une espèce trop banale… Cette plante présente pourtant de sérieux avantages : une culture facile à mener à bien et une qualité gastronomique indéniable !

  
DossiersLa pomme de terre, un légume fondamental
 

Ne croyez surtout pas que la pomme de terre est avant tout un légume cultivé par des jardiniers amateurs ! Elle a fait l'objet, au cours des quelques dernières décennies, de recherches qui lui ont permis de constituer un véritable enjeu industriel, cela sur un plan mondial...

Utilisations industrielles de la pomme de terre

Dans les pays et régions de grande production (en France, dans le Nord, le Pas-de-Calais et la Somme), la pomme de terre a fait naître une importante industrie de transformation qui produit des frites, des chips, des flocons déshydratés et un bon nombre de préparations surgelées. L'amidon de cette plante, appelé aussi fécule, a notamment de nombreuses utilisations.

L'industrie de transformation de la pomme de terre a fait des chips un produit de consommation courante. © Rainer Zenz, CC by-nc 3.0

L'amidon peut remplacer la farine, être employé comme épaississant dans les sauces et servir dans la confection des biscottes. On se sert aussi de la pomme de terre à des fins non alimentaires, par exemple pour préparer certains médicaments, du rouge à lèvres, des couches pour bébés, mais aussi dans la papeterie, le textile et le contreplaqué ! Traité par de l'eau chaude, l'amidon issu de cette plante entre dans la confection du caoutchouc et dans le glaçage du papier photo. Et depuis 2007, on peut même utiliser la fécule de la pomme de terre afin de produire des matières plastiques biodégradables, ainsi qu'un produit de lutte contre les feux de forêt.

150 pays producteurs de pommes de terre !

L'hémisphère sud ne comprend que 6,9 % des terres produisant cette solanacée. On constate deux pics dans cette production, avec :

  • 52 % de la surface mondiale dans les pays européens situés entre la mer du Nord et la Russie ;
  • 19 % dans le bassin du Gange, le sud de la Chine et le nord de l'Afrique. 25 % des surfaces cultivées se situent à plus de 1.000 m d'altitude.

En 2007, la production mondiale de pommes de terre s'est élevée à 323 millions de tonnes, pour une surface cultivée de 18,8 millions d'hectares, accusant alors un rendement moyen de 17,2 tonnes/ha, ces chiffres n'incluant pas la production des plants utilisés par les agriculteurs (30,8 millions de tonnes).

Les cinq premiers pays producteurs sont, dans l'ordre, la Chine, la Russie, l'Inde, les Etats-Unis et l'Ukraine. Le rendement moyen le plus élevé est obtenu en Océanie (38,6 tonnes/ha), contre 18,3 tonnes en Europe.

La France, quant à elle, a produit, en 2007, 7,2 millions de tonnes, sur une surface de 158.000 d'hectares, avec un rendement moyen fort honorable de 45,4 tonnes/ha.

Les pommes de terre transgéniques : Amflora

Des pommes de terre transgéniques Amflora. © BASFPlantScience, CC by-nc 2.0

De nombreuses expériences de transgénèse ont été réalisées sur la pomme de terre depuis les années 1980. Elles se donnent comme objectifs d'améliorer les caractéristiques agronomiques (résistance aux maladies, aux insectes parasites et résistance à la sécheresse), et de modifier la composition des tubercules en vue d'une amélioration alimentaire ou industrielle.

Les scientifiques étudient également la possibilité d'utiliser les tubercules comme réacteurs biologiques afin de produire des molécules intéressantes en médecine humaine ou animale. Dans certains pays, on utilise ainsi des variétés de pommes de terre pouvant résister aux attaques de doryphores et de certains virus. En 2000, des études menées aux États-Unis ont aussi montré la possibilité d'utiliser une pomme de terre OGM (génétiquement modifiée) comme vaccin capable de déclencher chez l'Homme une réponse immunitaire au virus de Norwalk, responsable de certaines formes de gastro-entérites.