La grande nébuleuse de la Tarentule, située à seulement 160.000 années-lumière de la Voie lactée, dans la galaxie naine du Grand Nuage de Magellan, a été sondée par le télescope James-Webb. Voici ce que l’on y voit.

Au cours de ses deux premiers mois d'activité scientifique, James-Webb nous a déjà beaucoup régalé avec ses observations, ici JupiterJupiter, là une exoplanète, etc. Parmi toutes ses cibles, il y a pas mal de galaxies spirales qui sont passées devant ses yeuxyeux sensibles dans l'infrarouge. À chaque fois, un spectacle hors du commun qui nous révèle les nuages de gaz et de poussière interconnectés à travers toute la galaxie. La vue pénétrante du JWSTJWST rapproche les chercheurs des secrets les plus enfouis de l'UniversUnivers.

Cette image prise par l'instrument Nircam du JWST couvre environ 340 années-lumière de la grande nébuleuse de la Tarentule. Grâce à la vision pénétrante dans l'infrarouge proche, on peut admirer le nuage érodé et creusé par l'amas d'étoiles au centre. <a href="https://stsci-opo.org/STScI-01GA76Q01D09HFEV174SVMQDMV.png" target="_blank">L'image en haute résolution</a> (140,7 Mo). © Nasa, ESA, CSA, STScI, <em>Webb ERO Production Team</em>
Cette image prise par l'instrument Nircam du JWST couvre environ 340 années-lumière de la grande nébuleuse de la Tarentule. Grâce à la vision pénétrante dans l'infrarouge proche, on peut admirer le nuage érodé et creusé par l'amas d'étoiles au centre. L'image en haute résolution (140,7 Mo). © Nasa, ESA, CSA, STScI, Webb ERO Production Team

La nébuleuse de la Tarentule sondée par Nircam

Avec cette nouvelle image, James-Webb révèle la face cachée d'une nébuleusenébuleuse très active et relativement proche de la Terre : 30 Doradus, plus connue sous le nom de la nébuleuse de la Tarentule. La référence à l'araignéearaignée vient de sa forme évocatrice lorsqu'elle est observée dans le visible. Or, comme l'illustre très justement la NasaNasa, il faut plutôt y voir un nid de tarentule. Plus exactement, un terrier de tarentule tapissé de fils...

Un terrier creusé dans le sol, car c'est vraiment une cavité que nous observons en plein cœur du nuage. Il est formé par le souffle des milliers d'étoilesétoiles concentrées dans l'amas, et visibles en bleu sur l'image de l'instrument Nircam (caméra dans l'infrarouge proche). Ce sont ces jeunes étoiles radieuses et pleines d'énergieénergie qui n'ont de cesse de repousser la gangue de matièrematière dans laquelle elles sont nées, il y a plusieurs dizaines de milliers d'années.

Ce que nous voyons n'est donc qu'une partie de l'immense toile de gaz qui parcourt toute la galaxie, en l'occurence une galaxie naine très proche et en interaction avec la Voie lactéeVoie lactée, le Grand Nuage de MagellanGrand Nuage de Magellan.

Cette image prise par l'instrument Miri couvre environ 130 années-lumière au sein de la nébuleuse de la Tarentule. Elle dévoile en détails ce qui se trame à l'intérieur du vaste nuage de gaz riche en hydrocarbures, où des étoiles sont en gestation. <a href="https://stsci-opo.org/STScI-01GA77CSHSPPS2P0C6QR3M6X6F.png" target="_blank">L'image en haute résolution</a> (2 Mo). © Nasa, ESA, CSA, STScI, <em>Webb ERO Production Team</em>
Cette image prise par l'instrument Miri couvre environ 130 années-lumière au sein de la nébuleuse de la Tarentule. Elle dévoile en détails ce qui se trame à l'intérieur du vaste nuage de gaz riche en hydrocarbures, où des étoiles sont en gestation. L'image en haute résolution (2 Mo). © Nasa, ESA, CSA, STScI, Webb ERO Production Team

La nébuleuse de la Tarentule dans les yeux de Miri

Sur l'autre image de la même région, cette fois traduite des observations dans l'infrarouge moyen réalisées avec MiriMiri (l'autre caméra de James-Webb), l'amas d'étoiles n'est plus visible. En revanche, nous pouvons admirer avec des détails sans précédent -- quelle merveille ! -- les reliefs dans la matière sombrematière sombre et froide qui compose le vaste nuage et sculptés par les étoiles qui s'y cachent.

Assemblage et traitement par Robert Gendler des images de la nébuleuse de la Tarentule, aka 30 Doradus, prises par Hubble, le VLT, le JWST et des astronomes amateurs. Si <em>« la nébuleuse de la Tarentule était à la place de la nébuleuse d'Orion dans le ciel terrestre, elle couvrirait la moitié du ciel ! »</em>, explique le site Apod qui l'a publié. © <em>Hubble Tarantula Treasury, European Southern Observatory, James Webb Space Telescope</em>, Amateur Sources et traitement : Robert Gendler, <em>via</em> Apod (Nasa)
Assemblage et traitement par Robert Gendler des images de la nébuleuse de la Tarentule, aka 30 Doradus, prises par Hubble, le VLT, le JWST et des astronomes amateurs. Si « la nébuleuse de la Tarentule était à la place de la nébuleuse d'Orion dans le ciel terrestre, elle couvrirait la moitié du ciel ! », explique le site Apod qui l'a publié. © Hubble Tarantula Treasury, European Southern Observatory, James Webb Space Telescope, Amateur Sources et traitement : Robert Gendler, via Apod (Nasa)

Puisqu'on évoquait un terrier, le télescopetélescope spatial nous révèle ici en quelque sorte le milieu souterrain qui sous-tend cette région très active dans notre voisinage. Son sol sombre et nébuleux, ses filaments interconnectés d'où émergentémergent des étoiles. D'ailleurs, en y regardant bien, on voit plusieurs « bébés » étoiles surpris en train de se débarrasser de leur manteaumanteau de gaz.

Un nouveau spectacle cosmique aussi saisissant que fascinant que nous offre le télescope James-Webb.