Il y a presque 50 ans, Neil Armstrong était le premier Homme à poser le pied sur la Lune. Donald Trump compte bien que le prochain soit lui aussi un Américain. © Nasa, domaine Public

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Nasa : le retour sur la Lune compromis par un tweet de Trump ?

ActualitéClassé sous :exploration , retour sur la lune , vols habités

Non, le retour sur la Lune n'est évidemment pas compromis malgré un tweet écrit par Donald Trump demandant à la Nasa de ne pas retourner sur la Lune, seulement quelques semaines après lui avoir ordonné d'accélérer ce retour. 

Moins de deux mois après le discours du vice-président des États-Unis Mike Pence, ordonnant à la Nasa d'amener des Américains sur la Lune d'ici 2024, le président Donald Trump a écrit le 7 juin un tweet plutôt ambigu qui a semé le trouble au sein des instances dirigeantes de la Nasa.

Avec son franc-parler habituel, il a tout simplement enjoint la Nasa à ne plus parler d'un retour sur la Lune, alors que cela était jusqu'à maintenant une priorité de son administration, puisqu'il venait de lui ordonner d'accélérer ce retour de 2028 à 2024. « Avec tout l'argent que l'on dépense, la Nasa ne devrait PAS parler d'aller sur la Lune - nous l'avons fait il y a 50 ans. Ils devraient se concentrer sur les choses plus grandes que nous faisons, y compris Mars (dont la Lune fait partie), la Défense et la Science ! », a tweeté Donald Trump sur son réseau social préféré.

La Lune, étape indispensable à la préparation de l’envoi d’humains sur Mars

Pour lever toute l'ambiguïté de ce tweet, un responsable de la Maison-Blanche et Jim Bridenstine, le patron de la Nasa, sont montés au créneau afin d'arrondir les angles et relativiser la portée de ces propos. Et de rappeler que Mars avait toujours été l'objectif à long terme de la Maison-Blanche.

En mars 2017, Trump avait approuvé l'objectif et les plans de la Nasa pour envoyer des humains sur Mars au cours de la décennie 2030. Quant au patron de la Nasa, il a tenu à rappeler que la mission Artemis et l'installation durable sur la Lune qui s'ensuivra serviront de tremplin pour se rendre sur Mars, environ dix ans après la création d'une présence durable sur la surface lunaire. Ce qui nous amène vers la fin de la décennie 2030. Notez que la Lune et la station cislunaire internationale (le Gateway) sont vues comme un des terrains d'expérimentation idéaux pour tester les technologies, les habitats et les véhicules qui serviront à ses futures missions martiennes. 

Enfin, et c'est à souligner, Donald Trump n'a pas tweeté pour contredire les propos du patron de la Nasa. Ouf ! La Nasa enverra bien une femme et un homme sur la Lune avant de débarquer sur Mars.

  • En 2017, Donald Trump a fixé pour objectif à la Nasa de retourner sur la Lune avec des astronautes comme première étape vers une expédition martienne.
  • La Nasa s’était donné jusqu’à 2028, mais le président des États-Unis juge ce délai trop long et a ordonné à l’agence spatiale de le raccourcir à 2024.
  • Si la Nasa échoue, le gouvernement envisage tout simplement de changer l’organisation de la mythique agence.
Pour en savoir plus

Nasa : le président Trump exige un retour sur la Lune en 2024

Article de Futura avec l'AFP-Relaxnews Decourt, publié le 27/03/2019

La Nasa s'était laissé jusqu'à 2028 pour retourner avec des astronautes sur la Lune. Mais pour Donald Trump, ce n'est pas assez rapide. Il vient d'intimer l'ordre à l'Agence spatiale américaine de poser un pied américain sur notre satellite naturel dès 2024.

Depuis les années 1960, les fusées américaines sont construites à « Rocket City », à Huntsville, dans l'Alabama. Et c'est là que le vice-président des États-Unis, Mike Pence, a prononcé hier, un discours très sévère envers la Nasa. « Sur ordre du président, la politique officielle de cette administration et des États-Unis d'Amérique est de faire revenir des astronautes américains sur la Lune d'ici cinq ans », a déclaré Mike Pence, qui préside le Conseil national de l'espace, une instance de la Maison-Blanche sortie des limbes par Donald Trump après son arrivée au pouvoir.

« La première femme et le prochain homme sur la Lune seront des astronautes américains, lancés par des fusées américaines depuis le sol américain », a ajouté Mike Pence, confirmant ce qu'avait dit l'administrateur de la Nasa : une femme devrait être la prochaine à fouler le sol lunaire, qu'aucun humain n'a touché depuis la fin des missions Apollo en 1972.

Donald Trump avait entrepris de sortir la Nasa de la torpeur dans laquelle elle était entrée avec la fin des navettes spatiales en 2011 et fixé en 2017 comme objectif un retour sur la Lune comme première étape avant l'exploration humaine de Mars. La Nasa avait, de son côté, établi un calendrier progressif d'envoi de robots et d'instruments, avant un atterrissage humain sur la Lune en 2028. « Cela ne suffit pas. Nous valons mieux que cela. Cela nous a pris huit ans pour aller sur la Lune la première fois, il y a cinquante ans, alors que nous ne l'avions jamais fait. Cela ne devrait pas nous prendre 11 ans pour y retourner », a déclaré Mike Pence.

Les enjeux sont importants

Il a comparé Donald Trump à John F. Kennedy, tous deux « rêveurs ». Et il a ravivé le langage de la Guerre froide, substituant la Chine à l'URSS comme grande rivale dans l'espace. « Nous sommes engagés dans une course spatiale tout comme dans les années 1960, mais les enjeux sont plus importants. » Le numéro deux américain a rappelé que la Chine avait fait atterrir un robot sur la face cachée de la Lune, « révélant son ambition de saisir l'avantage lunaire ».

© Vice-Président Mike Pence, Twitter

La Nasa en danger ?

Tranchant avec le ton feutré et les louanges habituellement réservés à la mythique agence spatiale, il a vertement critiqué les années de retard et les milliards de dollars de dépassement de budget de la puissante fusée SLS, en cours de construction par Boeing pour la Nasa et dont le premier vol non habité était prévu en 2020 jusqu'à ce que la Nasa annonce récemment qu'elle ne serait pas prête à temps.

Dans ce temple industriel de la Nasa, il a menacé directement Boeing. « Si les sous-traitants actuels ne peuvent atteindre cet objectif, nous en trouverons d'autres qui y parviendront », a dit Mike Pence. Il n'a pas cité SpaceX ou d'autres sociétés, mais l'allusion était claire. SpaceX a actuellement des fusées capables de lancer des charges lourdes dans l'espace et Mike Pence a sous-entendu que plutôt que d'attendre que la fusée gouvernementale SLS soit prête, l'administration était prête à louer les services de transporteurs privés moins chers.

« Nous allons demander à la Nasa non seulement de changer de politique, mais d'adopter un nouvel état d'esprit », a poursuivi le vice-président. « La Nasa doit se transformer pour devenir une organisation plus légère, plus agile et qui rend plus de comptes. Si elle n'est pas capable d'envoyer des astronautes américains sur la Lune d'ici cinq ans, nous devons changer l'organisation, pas la mission. »

« Message parfaitement reçu », a répondu quelques minutes plus tard le patron de la Nasa, Jim Bridenstine, qui a assuré que SLS serait accélérée et finalement prête en 2020.


Bientôt des Hommes de retour sur la Lune ?

Au pays du capitalisme roi, la Nasa s'est convertie aux partenariats public-privé pour atteindre ses objectifs quels que soient les domaines. C'est le cas du retour sur la Lune. Dans ce contexte, Thales Alenia Space, spécialiste des modules pressurisés, vient de signer trois contrats.

Article de Rémy Decourt paru le 22/12/2017

Concept proposé par Boeing d'un poste avancé à proximité de la Lune. © Nasa, Boeing

Maintenant que Donald Trump veut renvoyer des Hommes sur la Lune, avec Mars en ligne de mire, la Nasa va accélérer ses programmes d'acquisition des technologies nécessaires à l'exploration spatiale en espace profond. Quarante-cinq ans après la dernière mission Apollo (Apollo 17, 1972), ce retour annoncé sur la Lune se fait dans un contexte très différent des allers-retours des missions Apollo. Aujourd'hui, il est question de déployer des infrastructures en support à des missions plus ambitieuses de colonisation de l'espace proche de la Terre, sur et atour de la Lune, puis vers l'espace lointain et, enfin, vers Mars. La première étape devrait se traduire par la réalisation d'un avant-poste lunaire qui sera notamment utilisé comme point de départ pour le projet de véhicule spatial habité vers Mars.

Cette nouvelle étape de la conquête spatiale s'appuiera sur un très fort modèle de partenariat public-privé. Des contraintes budgétaires ont conduit la Nasa à se tourner vers le secteur privé pour garantir la réalisation d'un certain nombre d'objectifs. Aujourd'hui, le budget de la Nasa est de 0,4 % du budget des États-Unis contre 4 % du temps du programme Apollo.

Le vaisseau d'exploration dérivé du Cygnus d'Orbital ATK qui se compose d'un module de service et d'un module pressurisé développé par Thales Alenia Space. © Thales Alenia Space

Des entreprises privées iront sur la Lune

Les entreprises privées ne prendront pas prendre le relais de la conquête spatiale mais, du moins aux États-Unis, elles font partie de l'écosystème du spatial depuis qu'en 2009, le président Obama a pris la décision de confier au secteur privé la desserte de l'ISS et de l'orbite basse, pour le fret ou la rotation des équipages. Cette décision s'appuyait sur les conclusions du comité Augustine, mis en place par l'administration Obama pour réfléchir sur l'avenir du programme Constellation et évaluer les plans de la Nasa pour l'exploration humaine du Système solaire (programme aujourd'hui abandonné).

La Nasa sollicite aujourd'hui des idées d'entreprises privées et, si les concepts suscitent un intérêt, l'Agence spatiale américaine finance des études complémentaires pouvant aller jusqu'à la réalisation d'un démonstrateur, voire la signature d'un contrat de développement. C'est dans ce cadre que Thales Alenia Space a signé trois contrats relatifs aux activités de NextStep-2 (Next Space Technologies for Exploration Partnerships) avec Boeing, Lockheed Martin et Orbital-ATK pour développer des capacités pouvant à la fois répondre aux objectifs de la Nasa dans le domaine de l'exploration habitée, tout en soutenant les plans de commercialisation de l'industrie.

Concrètement, Thales Alenia Space, qui fournit de nombreux modules pressurisés de l'ISS (les Nodes et le cargo Cygnus), va proposer sa nouvelle génération de modules d'exploration. À la différence de ce qui se faisait précédemment, quand les agences spatiales dessinaient elles-mêmes les plans, Thales Alenia Space peut proposer sa vision. Une vision qui couvrira la configuration générale du module jusqu'à son agencement, en passant par les structures, la protection contre les micro-météorites et les radiations, le contrôle thermique et d'autres aspects système en général (incluant les capacités de fabrication et d'intégration).

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