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Évolution : les premiers Hommes étaient-ils tous des Homo erectus ?

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Les premiers représentants du genre Homo n'auraient appartenu qu'à une seule et même espèce. Cette nouvelle théorie, qui simplifie considérablement l'histoire évolutive de l'Homme, repose sur l'analyse de crânes vieux de 1,8 million d'années. Ils ont été découverts en Géorgie, sur le site archéologique de Dmanisi, et appartiendraient donc à des Homo erectus.

Le site archéologique de Dmanisi, où le crâne Skull 5 a été trouvé (à l'image), est situé à 75 km de la capitale géorgienne Tbilissi. Des fouilles y sont menées depuis les années 1960. © Muséum national géorgien

En 2005, une cinquième boîte crânienne couplée à un massif facial d'hominidé a été découverte sur le site archéologique de Dmanisi, en Géorgie. Cet ensemble vieux de 1,8 million d'années appartiendrait donc à l'un des plus vieux représentants du genre Homo connus en Europe. Il s'est ensuite avéré qu'il s'associait parfaitement avec une mandibule trouvée cinq ans plus tôt. Ainsi, les anthropologues ont pu reconstituer Skull 5, le crâne le plus complet d'un hominidé du Pléistocène inférieur. Il est dorénavant au cœur d'une nouvelle théorie sur l'évolution de l'Homme.

Les crânes de Dmanisi, où les fouilles se poursuivent, ont la particularité d'afficher des traits morphologiques dissemblables, bien qu'ils aient appartenu à des individus qui se côtoyaient en un même lieu et à une même époque. Ainsi, selon certains spécialistes, différentes espèces d'hominidés ont dû cohabiter. Cette théorie n'est cependant pas approuvée par tous, puisque d'autres anthropologues estiment que les différents individus appartenaient plutôt à une seule et même espèce. L'un d'entre eux n'est autre que David Lordkipanidze, le directeur du Muséum national géorgien de Tbilissi.

Dans la revue Science, il vient de copublier les résultats de l'analyse de Skull 5, tout en interprétant les différences observées entre les crânes excavés en Géorgie. Selon ce chercheur et ses collaborateurs, les variations de forme observées entre les restes fossiles ne seraient pas plus importantes que celles que l'on peut trouver entre cinq crânes d'Hommes modernes, de chimpanzés ou de bonobos. Ainsi, tous les Hommes de Dmanisi appartiendraient à une même espèce, qui n'est pas Homo georgicus. D'ailleurs, beaucoup de nos ancêtres lui appartiendraient également.

Ces crânes fossiles (ici des reconstitutions numériques) ont tous les cinq été découverts sur le site archéologique de Dmanisi, en Géorgie. Ils sont vieux de 1,8 million d'années et appartiendraient tous à des Homo erectus. Le dernier d'entre eux (à droite) a été mis au jour en 2005. Il s'agit de Skull 5, le plus complet d'entre tous. © M. Ponce de León et Ch. Zollikofer, Université de Zurich, Suisse

Les premiers hominidés ? Que des Homo erectus...

Skull 5 aurait appartenu à un homme qui possédait un cerveau trois fois plus petit que le nôtre (546 cm3, contre 1.400 à 1.500 cm3 pour Homo sapiens). De plus, d'après sa mandibule, il avait une grande face et de longues dents. Selon l'un des coauteurs de l'étude, si les deux parties du fossile avaient été découvertes séparément en des lieux distincts, elles auraient été attribuées à des espèces différentes... mais ce n'est pas le cas.

Les caractéristiques décrites, mais aussi celles observées sur les autres fossiles d'hominidés du site, seraient comparables à des traits vus chez d'autres représentants du genre Homo, comme Homo habilis et Homo rudolfensis. Pour preuve, des correspondances ont été établies entre les Hommes de Dmanisi et des hominidés africains ayant vécu voici 2,4 millions d'années, mais aussi avec des représentants du genre Homo vieux de 1,8 à 1,2 million d'années qui ont été trouvés en Europe et en Asie. Par ailleurs, les variations morphologiques observées entre les restes fossiles africains n'excéderaient pas celles caractérisées à Dmanisi.

Que conclure de tous ces éléments ? Selon les chercheurs, les premiers Hommes n'auraient en réalité appartenu qu'à une espèce, Homo erectus. Elle serait donc la seule à avoir émergé du continent africain. Les différences morphologiques observées entre les « anciennes espèces » seraient uniquement dues aux variations intraspécifiques comparables à ce que l'on peut observer chez les Hommes modernes actuels. Voilà donc de quoi profondément modifier notre vision de l'histoire évolutive l'Homme, du moins pour ceux qui ne restent pas sceptiques face aux arguments avancés.

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