La Nasa a sélectionné les trois sociétés qui emporteront du matériel scientifique sur notre satellite naturel dès 2020 pour préparer le retour de l’Homme sur la Lune. © Nasa, Flickr, CC by -NC-ND 2.0

Sciences

Lune : envoi de matériel pour le programme Artemis dès 2020

ActualitéClassé sous :exploration lunaire , vol habité , Nasa

En 2024, des Hommes poseront à nouveau le pied sur la Lune. Et pour préparer au mieux cette mission, la Nasa vient d'annoncer qu'elle enverra du matériel sur notre satellite naturel dès 2020. 

« L'année prochaine, nous déposerons nos premiers outils de recherche scientifique et technologique sur le sol lunaire. Cela nous aidera à préparer sereinement l'envoi de la première femme et du prochain homme sur la Lune d'ici cinq ans », a déclaré ce vendredi Jim Bridenstine, l'administrateur de la Nasa, avant de détailler les plans de l'agence.

Les alunisseurs de trois sociétés américaines ont été sélectionnés -- avec une enveloppe comprise entre 70 et 85 millions d'euros pour chacune -- pour remplir cette mission d'importance. « Investir dans ces services d’alunissage commerciaux constitue une autre étape dans la construction d'une économie spatiale », a précisé Jim Bridenstine.

Trois alunissages en un an

Ainsi, le premier à alunir dans la mer des Pluies (Mare Imbrium) dès septembre 2020 sera l'engin d'Orbit Beyond, lancé par l'une des fusées Falcon 9 de SpaceX. En juillet 2021, ce sera au tour de l'alunisseur d'Intuitive Machines -- également lancé par SpaceX -- de se poser dans l'océan des Tempêtes (Oceanus Procellarum). À la même période, l'engin d'Astrorobotic visera le lac de la Mort (Lacus Mortis).

Objectif : déposer sur la Lune des équipements devant rassembler des informations pour aider les astronautes à se poser et à naviguer sur notre satellite naturel, mais aussi à se protéger des rayonnements. Les équipes de la Nasa dévoileront cet été le détail des équipements en question.

  • Des premiers équipements seront envoyés sur la Lune dans le cadre du programme Artemis dès 2020.
  • La Nasa a dévoilé les noms des sociétés qui seront chargées de fournir les alunisseurs.
Pour en savoir plus

Retour sur la Lune : premiers détails du grand programme Artemis de la Nasa

Huit lancements de fusées et une mini-station en orbite lunaire d'ici 2024 : le patron de la Nasa vient de présenter le calendrier du programme Artémis qui doit ramener des astronautes sur la surface lunaire pour la première fois depuis 1972.

Article de Futura avec l'AFP-Relaxnews paru le 24/05/2019

L’atterrisseur Blue Moon Lander dévoilé par Jeff Bezos. © Blue Origin

Jim Bridenstine, l'administrateur de l'agence spatiale américaine a confirmé que Artémis 1 serait une mission non habitée autour de la Lune, planifiée pour 2020. Puis viendra Artémis 2, mission autour de la Lune avec cette fois des astronautes à bord, « en 2022 environ ». Enfin, Artémis 3 emmènera des astronautes sur la Lune, dont la première femme à fouler le sol lunaire, en 2024 -- ce serait l'équivalent de la mission Apollo 11, qui a emmené Neil Armstrong et Buzz Aldrin sur la Lune en juillet 1969.

Ces trois missions Artémis seront lancées par la plus grande fusée de tous les temps, le Space Launch System (SLS), construite en ce moment mais dont le développement a pris beaucoup de retard, au point que le premier vol prévu de 2020 devrait être décalé, selon de nombreux experts. À son sommet : la capsule habitée Orion.

Déroulement de la mission autour de la Lune Artemis 1 prévue pour 2020. © Nasa

Des constructeurs privés pour des éléments de la station lunaire

À ces missions « 100 % Nasa » s'ajouteront cinq livraisons des éléments de la Gateway, la mini-station en orbite lunaire qui attendra les astronautes et leur servira de point d'étape. Ces cinq lancements seront réalisés entre 2022 et 2024 par des sociétés spatiales privées, que la Nasa rémunèrera. La station orbitale sera dans un premier temps minuscule : un élément propulsion-énergie, et un petit élément d'habitation. En 2024, les astronautes en provenance de la Terre s'y amarreront, puis ils descendront sur la Lune à bord d'un véhicule appelé atterrisseur, qui aura été livré à la station préalablement. Une partie de l'atterrisseur restera sur la Lune, et une autre leur permettra de redécoller afin de rejoindre la station, d'où les astronautes pourront remonter dans le vaisseau Orion et rentrer sur Terre.

Notre but final est d'aller sur Mars, et non d'être coincé sur la Lune

Jim Bridenstine a annoncé ce 23 mai que la Nasa avait choisi la firme Maxar pour construire le premier module de la station, celui qui fournira de l'énergie, grâce à de grands panneaux solaires. Dans les prochains mois, l'Agence spatiale devra choisir le constructeur de l'alunisseur. Tous les grands groupes aérospatiaux, comme Boeing ou Lockheed Martin, mais aussi de nouveaux entrants comme Blue Origin, sont sur les rangs. « Nous ne posséderons pas le matériel, nous achèterons un service, a déclaré Jim Bridenstine. Le but est d'aller vite. Nous ne construisons pas une nouvelle Station spatiale internationale, a-t-il aussi prévenu. Notre but final est d'aller sur Mars, et non d'être coincé sur la Lune ».

La firme Maxar a été choisie par la Nasa pour son module de propulsion pour la station orbitale Gateway. © Nasa

La Nasa donne les premiers détails de son plan pour retourner sur la Lune

Article de Rémy Decourt publié le 3 mai 2019

Si du temps de l'époque de John F. Kennedy, la Nasa avait mis huit ans pour envoyer des Américains sur la Lune, le président Trump veut rééditer cet exploit mais dans des délais plus courts. Il a fixé à 2024 la date à laquelle deux astronautes, une femme et un homme, devront débarquer sur la Lune. Cinq années ne seront pas de trop pour tenir cet objectif. D'ici quelques jours, la Nasa devrait dévoiler sa stratégie et sa feuille de route et expliquer comment elle compte y parvenir en s'appuyant sur la technologie existante.

Vue d'artiste du véhicule Orion de la Nasa, dont le module de service sera fourni par l'Agence spatiale européenne. © Nasa, Esa, ATG Medialab

Fin mars, le vice-président Mike Pence, qui préside le Conseil national de l'espace, a fixé comme objectif à la Nasa de faire atterrir des hommes sur la Lune d’ici 2024, alors que le calendrier initial prévoyait 2028. Si de nombreux experts doutent de la capacité de la Nasa à tenir cet objectif, en raison des retards du développement du lanceur qui doit servir pour les missions lunaires et d'un budget contraint, Bill Gerstenmaier, l'administrateur adjoint de la Nasa pour l'exploration humaine et les opérations, veut croire que cela est possible.

Il y a quelques jours, il a présenté les prémices d'un plan technique qui pourrait permettre à deux Américains, un homme et une femme, de débarquer sur la Lune en 2024, à condition que le Congrès accepte d'augmenter le budget de la Nasa. Cela dit, réaliser cet objectif dans les délais aussi courts ne « sera pas facile et pas sans risque », a-t-il précisé. On veut bien le croire. À cinq ans de l'échéance, rien n'est prêt ! Ni le lanceur, ni le véhicule et ni le module nécessaire pour se poser sur la Lune et en décoller ! Cette première mission habitée sur la Lune - depuis les derniers pas des astronautes d'Apollo 17, Eugene Cernan et le géologue Harrison Schmitt (décembre 1972) - sera minimaliste avec un séjour sur la surface d'une très courte durée.

En 2024, deux Américains, une femme et un homme, devraient débarquer sur la surface de la Lune. © Nasa

Ce plan prévoit trois missions du lanceur lourd SLS (Space Launch System) et du véhicule spatial Orion :

  • EM1 : vol d'essai en 2020 du SLS et d'Orion dans sa configuration opérationnelle mais sans équipage. Au cours de cette mission, le véhicule sera mis en orbite autour de la Lune ;
  • EM2 : vol de démonstration avec équipage avec une mission autour de la Lune (2022) ;
  • EM3 : mission habitée à destination de la Lune avec atterrissage (2024).

Pour envoyer ses astronautes sur la Lune, la Nasa aura besoin d'autres éléments spatiaux que le véhicule spatial Orion qui n'est pas conçu pour se poser sur la Lune et en décoller. Un module de transfert sera nécessaire et pourrait être fourni par une entreprise privée. Il faut savoir qu'actuellement neuf entreprises sont engagées dans la réalisation d'engins spatiaux pour la fourniture de services de transport et d'alunissage de charge utile sur la Lune dans le cadre de contrats commerciaux. La Nasa pourrait donc décider d'adapter ces contrats à la fourniture d'un service de transport humain entre la Lune, Orion ou la future petite station spatiale lunaire et les élargir à d'autres industriels.

Incertitude sur le rôle de la future station lunaire

En fonction de l'état d'avancement de la construction de cette future station lunaire, plusieurs options sont à l'étude pour l'utiliser lors de cette mission habitée sur la Lune. Cet avant-poste pourrait servir de station de secours, de base pour le module d'atterrissage lunaire, voire ne pas être utilisé.

Quant à son coût, la Nasa n'a pas souhaité avancer un quelconque chiffre. Elle attend pour cela finaliser sa feuille de route. Cela dit, Bill Gerstenmaier a tenu à préciser que les coûts ne seront pas aussi élevés que les 8 milliards de dollars par an et pendant cinq ans avancés par certaines rumeurs. Selon des experts, le budget complémentaire avoisinerait les 3 à 5 milliards de dollars par an, jusqu'en 2024.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi

Bientôt une base permanente sur la Lune ?  La Lune est l’astre le plus proche de la Terre. Pourtant, depuis la fin du programme Apollo, notre satellite naturel n’a plus connu de visite. Cela pourrait bientôt changer car l'Agence spatiale européenne (Esa) prépare la construction d’une base permanente à sa surface. La chaîne Euronews nous parle de ce projet ambitieux dans ce nouvel épisode de Space.