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En vidéo : 24 heures à l'observatoire Keck

ActualitéClassé sous :Astronomie , observatoire Keck , télescope

Si vous vous êtes toujours demandé comment s'organisait la préparation d'une nuit d'observation avec un très grand télescope, la dernière vidéo du photographe Andrew Cooper va vous permettre de découvrir les préparatifs autour des télescopes Keck de 10 mètres de diamètre à Hawaï.

La coupole de l'un des télescopes Keck sous les étoiles. © A. Cooper

À plus de 4.000 mètres d'altitude sur le mont Mauna Kea de l'île d'Hawaï, les astronomes ont installé une collection d'observatoires astronomiques depuis plus de quatre décennies. Il faut croire que les conditions d'observation y sont exceptionnelles puisque pas moins de 12 observatoires occupent le sommet.

On peut citer par exemple le CFHT (Canada-France-Hawaii-Telescope), un instrument de 3,58 mètres de diamètre équipé de l'imageur haute résolution MegaPrime, le télescope Gemini de 8,1 mètres de diamètre dont le jumeau (le Gemini sud) se trouve dans les Andes chiliennes, le télescope japonais Subaru de 8,2 mètres de diamètre ou encore les deux télescopes Keck de 10 mètres de diamètre. Ces derniers, en service depuis les années 1990, ont un miroir principal constitué de 36 segments hexagonaux, une formule qu'on retrouve sur le Gran Tecan. Les Keck 1 et 2 sont également conçus pour fonctionner ensemble par interférométrie, permettant alors d'atteindre la résolution angulaire équivalente à celle d'un miroir de 85 mètres de diamètre. C'est au pied de ces deux géants que le photographe Andrew Cooper a posé ses boîtiers.

 

Vingt-quatre heures au pied des télescopes Keck. © A. Cooper/Vimeo

Danse avec les télescopes

Comme le raconte Andrew Cooper sur sa page Vimeo, la réalisation de ce film en accéléré (ou time-lapse) a nécessité la prise de plusieurs milliers d'images qui ont ensuite été traitées et converties en vidéo à l'aide d'un logiciel de montage. L'action débute avec les mouvements du télescope Keck 2 commandés par ordinateur, une danse qui accompagne celle des lignes à retard de l'interféromètre. Rappelons que l'interférométrie consiste en théorie à mélanger la lumière provenant d'au moins deux télescopes, pour obtenir la résolution d'un instrument dont le diamètre est équivalent à l'écartement entre les différents télescopes. La mise en pratique de ce concept séduisant est assez délicate, car la lumière que l'on veut mélanger doit avoir parcouru exactement la même distance, ce qu'on obtient en réalisant des lignes à retard. Ce procédé est par exemple utilisé pour mélanger les images fournies par le double télescope géant LBP.

On découvre ensuite comment les techniciens changent le spectrographe situé au foyer du télescope. Viennent alors différentes étapes du nettoyage de l'optique du télescope et le remplacement d'un des segments hexagonaux du miroir principal. Le Soleil se couche ensuite sur une mer de nuages et les Keck peuvent commencer à se tourner vers les étoiles, mettant en action leurs lasers jaunes. Ces derniers produisent des étoiles artificielles dont l'étude renseigne sur la turbulence atmosphérique et permet d'en corriger les conséquences en temps réel grâce à l'optique adaptative. La nuit s'écoule sous la voûte céleste dont la rotation dessine des tourbillons de lumière derrière les coupoles des Keck.

Le film, qui s'achève par un majestueux coucher de Lune suivi du lever du jour, se veut un hommage aux 125 personnes qui travaillent à la maintenance quotidienne de ces deux télescopes géants.

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