Bien que toutes les exoplanètes découvertes appartiennent à la catégorie des géantes gazeuses, plus communément appelées des "Jupiter chaudes" mais bien plus massives que Jupiter, d'ici quelques années les scientifiques découvriront des planètes telluriques. Massives dans un premier temps, puis de type terrestres dans un second temps (exoTerre).
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De toute évidence, l'une des prochaines étapes sera de développer des outils et des méthodes d'investigation suffisamment pertinentes et capables de découvrir des mondes ressemblant de plus en plus à notre propre planète, cette passionnante investigation s'inscrivant dans le cadre de la recherche de la vie extraterrestre.

Avant de franchir cette étape, les scientifiques se font les dents sur le Système Solaire et essaient de découvrir quels objets sont habitables par des organismes terrestres. On pense à Mars, mais également à VénusVénus et certaines luneslunes de Jupiter et de SaturneSaturne.

Mars ExpressMars Express, la première sonde martienne de l'Agence spatiale européenneAgence spatiale européenne, est équipée de plusieurs instruments scientifiques, dont Spicam, qui déjà révèlent Mars sous un autre jour.

Spicam

Ce spectromètrespectromètre français observe dans l'infrarougeinfrarouge et l'ultravioletultraviolet pour l'étude de l'atmosphèreatmosphère. Il aborde la question de l'habitabilité de la planète rouge en tentant de démontrer si les conditions existantes sont à même de favoriser l'évolution et la perduration d'une forme de vie, aussi simple soit-elle, et bien sûr si jamais elle existe ! Pour cela, Spicam doit fournir d'importantes mesures de répartition verticale de l'oxygèneoxygène, des poussières et du dioxyde de carbonedioxyde de carbone contenus dans l'atmosphère martienne. Il doit mesurer dans quelle proportion la lumièrelumière UV pénètre l'atmosphère de Mars et affecte sa surface. Mesure importante quand on sait que ce type de rayonnement peut détruire de nombreux organismes sur TerreTerre. Des mesures de la présence d'ozoneozone, d'eau et de produits oxydants sont en cours.

D'autre part, SPICAM a effectué le premier sondage vertical complet de la densité atmosphérique de Mars (principalement le CO2) grâce à la technique de l'occultationoccultation d'étoileétoile, utilisée sur terre pour la surveillance de la couche d'ozonecouche d'ozone. C'est-à-dire que l'instrument n'a pas observé directement l'atmosphère de la planète, mais analysé l'absorptionabsorption de la lumière d'une étoile lorsqu'elle traverse l'atmosphère, de sorte que l'instrument parvient plus facilement à découvrir les propriétés de l'atmosphère et les éléments présents en suspension. Ces résultats permettront dans le futur une meilleure pratique de l'aérofreinageaérofreinage et de l'aérocaptureaérocapture, pour faciliter les futures missions martiennesmissions martiennes.

Eau versus Ozone

D'ores et déjà, les premiers résultats de Spicam s'avèrent des plus intéressants. Ils montrent une corrélation entre l'ozone et l'eau et révèlent que partout où il y a une augmentation de la concentration en eau dans l'atmosphère, on remarque une diminution sensible, voire une disparition, de l'ozone. Ce résultat est d'autant plus étonnant que transposé à la Terre on peut s'inquiéter !

En effet, la partie supérieure de l'atmosphère de notre planète, la stratosphèrestratosphère, renferme la couche d'ozone qui nous protège du rayonnement ultraviolet (UV) provenant du SoleilSoleil, rendant ainsi possible la vie sur Terre. Or, sur Terre, les mesures indiquent que la teneur en eau dans l'atmosphère augmente de façon régulière depuis plusieurs années. Cette eau provient de l'évaporation des océans, mers et autres réservoirs d'eau liquideliquide, peut-être une conséquence du réchauffement climatiqueréchauffement climatique.

Mais ce n'est pas tout. En plus de cet effet 'naturel', l'ozone est détruit à travers diverses réactions chimiquesréactions chimiques qui impliquent l'azoteazote naturel et artificiel, l'hydrogènehydrogène ainsi que des radicaux chlorés. La dispersion dans l'atmosphère de chlorofluorocarbones (CFCCFC), composés chlorés synthétiques, a provoqué une baisse spectaculaire de cette couche d'ozone stratosphérique protectrice au cours des deux dernières décennies, essentiellement au-dessus des régions polaires.

Par rapport à Mars, la Terre a beaucoup plus d'eau et possède toujours une couche d'ozone. Bien que la corrélation ne soit pas parfaite, elle mérite que l'on s'y intéresse.

Ce résultat montre que l'exploration d'une autre planète du Système SolaireSystème Solaire peut nous en apprendre beaucoup sur notre propre planète. Et attendez-vous à d'autres annonces stupéfiantes à mesure que l'exploration de Vénus s'intensifiera.

Méthane

La détection de méthane est bien plus énigmatique parce que cet élément est lié à la vie. Le méthane est un gazgaz qui sur Terre est produit principalement par l'activité biologique. Bien que la quantité découverte sur Mars soit somme toute assez dérisoire, environ 10 particules par million de particules (PPMPPM) dans l'atmosphère, les conditions martiennes font que ce gaz ne peut pas subsister plus de 600 ans. Cela signifie que le méthane est produit d'une façon ou d'une autre et que cette source doit générer au moins 150 tonnes chaque année, quantité minimum pour que les instruments de Mars Express détectent ces 10 PPM dans l'atmosphère.

Reste à découvrir cette source. La présence de méthane peut s'expliquer par une activité volcanique ou hydro thermique. Sous la surface, il pourrait exister une activité chimique où le méthane serait le résultat de l'activité volcanique avec de l'eau et le basaltebasalte. Toutefois, aucune sonde en orbiteorbite autour de la planète Mars n'a jamais détecté le moindre signe de telles activités. Reste l'hypothèse la plus fascinante, celle de la présence d'une forme de vie, le méthane étant un marqueur biologique. Le méthane serait ainsi produit par des bactériesbactéries productrices de ce gaz.

Enfin, il n'est pas exclu, mais cela nous apparaît peu probable, que le méthane détecté provienne d'une comètecomète qui se serait écrasée il y a quelques centaines d'années.

L'hypothèse de l'activité volcanique est corroborée par des observations qui montrent à l'évidence une activité récente de la sorte sur la planète. Des cônescônes volcaniques, certains de 600 m de hauteur ont également été découverts, ce qui semblerait indiquer qu'une activité volcanique récente, voire toujours existante. Ces volcansvolcans, en formation pousseraient vers le haut la glace. Toutefois, les scientifiques ne sont pas encore en mesure de le prouver.

Il semble également y avoir une activité volcanique récente dans les caldeirascaldeiras - grands cratères provoqués par l'effondrementeffondrement de la chambre de magmamagma après une éruption volcaniqueéruption volcanique. L'âge des caldeiras peut être mesuré en comptabilisant les cratères d'impacts à l'intérieur. Les observations de Mars ont montré que certaines caldeiras sont finalement bien plus jeunes qu'initialement pensé et n'ont pas plus de 100 à 150 millions d'années. Le plus surprenant, c'est que certaines semblent âgées de seulement quelques millions d'années, ce qui à l'échelle géologique est tout récent.

La problématique de la vie

Nos connaissances de la planète et les derniers résultats scientifiques font qu'il est certain que la planète a, dans son histoire, permis l'émergenceémergence et l'évolution d'une forme de vie et qu'il est de plus en plus improbable que la vie n'ait pas pu exister sur Mars. Toutefois, si certains scientifiques pensent que la vie existe aujourd'hui sous une forme à découvrir, il est peu probable qu'elle se situe en surface.

Mars était probablement un monde froid et sec ces dernières 3 milliards d'années mais certains scientifiques sont convaincus que la planète a connu des épisodes provisoires où l'eau, sous sa forme liquide, devait être présente dans quelques endroits, peut-être que ces zones formaient alors des niches biologiques. Aujourd'hui, il apparaît que la planète possède bien plus de niches biologiques qu'initialement pensé de sorte que les scientifiques ont un large éventail de possibilités pour rechercher des traces de vie éteintes ou présentes.

La prochaine étape sera de préparer des missions à même de découvrir ces niches biologiques de façon à envoyer sur site des roversrovers ou autres landerslanders et des missions de retour d'échantillons. Si l'eau est l'élément le plus emblématique pour la recherche des signatures du vivant, les scientifiques veulent également comprendre le cycle du carbone, déterminer les sources d'énergieénergie disponibles, rechercher les points chaudspoints chauds de type hydrothermiques et bien entendu découvrir n'importe quel indice d'une activité chimique pré-biotique, voire biotique. L'ensemble de ces recherches seraient à même de mieux déterminer quels secteurs devront être explorés in situ.